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Diffusion de vidéos et réseaux d'échanges pair à pair

Nous constatons que de nombreuses vidéos intéressantes ne sont que trop peu et mal diffusées, tandis que les étals des magasins et internet croulent sous les marchandises dites "culturelles", déstinées avant tout à nous faire consommer. Cela nous exaspère... Alors nous retroussons nos manches et tentons de diffuser nous-même des vidéos qui nous paraissent autant méconnues que pertinentes.

« Décentré », mais pourquoi donc ?

Il suffit de penser aux millions de boites de courriers électroniques stockées chez chaque gros fournisseur d'accès à Internet pour réaliser l'ampleur du phénomène : on confie nos données (mails, vidéos, page web, ...) à des entités commerciales sans nous poser la moindre question de l'emprise que ces entités ont sur nos vies (publicité, contrôle, dépossession de nos moyens de diffusion, modification de nos usages, etc).

Internet a été conçu pour être un réseau décentré, un réseau où chaque personne qui participe est actrice. La plupart de ce que nous en faisons n'exploite pas cette propriété et se place dans un schéma classique où les données sont stockées dans un endroit central et récupérées par une masse de personnes. Une des rares utilisations courantes d'Internet qui échappe à ce schéma est l'échange de fichiers pair à pair (p2p). Il existe de nombreux réseaux d'échanges plus ou moins décentrés, plus ou moins opérationnels, plus ou moins anonymes. Tous se basent sur un principe de partage où chaque machine qui participe donne et reçoit des données en même temps. Les fichiers sont réparties chez l'ensemble des machines, il n'y a pas d'endroit central où sont stockées toutes les données.

Pourquoi les réseaux d'échanges pair à pair sont-il stigmatisés ?

Transposée à Internet, la diffusion du savoir rencontre l'audience que permet le web et la facilité de copie numérique.

On assiste actuellement à un front entre les personnes dont le métier consiste à copier et distribuer des œuvres numériques et les personnes qui aimeraient le faire elles-même. Ces majors de la distribution voient leur business remis en cause et font des pieds et des mains pour le protéger. Dans le même temps, de nouvelles pratiques émergent- VOD (vidéo à la demande sur Internet), Digital Rights Management, mécanismes publicitaires (youtruc, dailymachin, etc) - qui permettraient aux distributeurs de continuer leurs activités. Mais à quoi bon ? La plupart de ce qu'ils diffusent est soit de la marchandise uniquement considérée comme telle, soit de la publicité.

Dans cette bataille, les auteur·e·s ne sont pris·es à parti que pour servir de porte drapeau, et on ne pose des questions que devant le grand épouvantail de la piraterie. Combien touche un·e auteur·e sur le prix de vente d'un CD, DVD, etc ? Comment faire pour se rapproprier la diffusion de nos œuvres ? Comment faire pour que la possibilité de diffusion d'une œuvre soit décorrélée avec une rémunération de son auteur·e ?

Le mouvement des logiciels libres est une réponse à ces questions dans le domaine de l'informatique. Mais ce mouvement ne questionne pas seulement les logiciels, et il est en train de s'étendre aux œuvres numériques en général. C'est toute l'économie du savoir qui s'en retrouve questionnée.