Les Renseignements Généreux - autodéfense intellectuelle, informations et alternatives

Grenoble

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Les textes du thème « Grenoble »

Pourquoi nous ne voulons pas des JO à Grenoble

Des habitant-e-s de Grenoble et des communes de montagne voisines expliquent leur opposition à la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018.

Plus d'information sur le site du Comité Anti-Olympique.

Interview d'Antoine, des Bas-Côtés

Interview d'Antoine, fondateur des Bas-Côtés, un café-cantine-épicerie-librairie et décroissance, à Grenoble.

Pourquoi il faut aimer les JO

Un tract politique, humoristique et ironique diffusé lors du passage de la flamme olympique à Grenoble, au printemps 2006.

Tricastin, Romans-sur-Isère : le week-end où je suis devenu presque négatif

Que s'est-il passé pendant l'été 2008 à la centrale nucléaire du Tricastin ? Et au site nucléaire de Romans-sur-Isère ? Reportage sur le terrain et réflexions politiques par Benoît Récens, de Grenoble.

Interview de Jo Briant, du CIIP

Interview de Jo Briant, cofondateur du Centre d'informations
inter-peuples
, association de solidarité internationale et grenobloise depuis 1980.

Interview de Marc, d'Alpepapier

Interview de Marc Garnier, de l'entreprise Alpepapier, fabrication et diffusion de produits en papier recyclé, à Grenoble.

Interview d'Hélène et Mani, de Virus 36

Interview d'Hélène et Mani, de l'association grenobloise Virus 36, qui expérimente et transmet de nouvelles formes de débat démocratique.

Interview d'Antoine, du Petit vélo dans la tête

Interview d'Antoine Gemain, de l'association grenobloise Le petit vélo dans la tête, qui promeut le vélo en ville, la vélonomie et la vélorution.

Interview de Pif, Paf et Pouffe, des FRASC

Interview de Pif, Paf et Pouffe, trois membres des FRASC, Féministes pour la Réappropriation des Avortements, des Sexualités et des Contraceptions, à Grenoble.

Interview de Volodia Shahshahani, ancien membre de la gauche prolétarienne

Que s’est-il passé à Grenoble dans les années 60-70 ? Quels étaient les groupes militants, l’ambiance politique, les actions subversives menées ? Quelles conclusions en tirer sur le militantisme actuel, à Grenoble ou ailleurs ?

Les Renseignements Généreux vous proposent l’interview, d’un ancien militant de la Gauche Prolétarienne grenobloise, Volodia Shahshahani.

Le Postillon N°0

Journal local - Grenoble et sa cuvette - N° 0 - mai 2009

Sommaire :

  • ALLO SAINT-BRUNO, BOBOS
  • POURQUOI LE DAUBÉ EST-IL DAUBÉ
  • LES J.O PERDUS, LES PROJETS DE PRESTIGE RESTENT

Le Postillon N°1

N° 1 - Juin 2009

Sommaire :

  • Les papeteries de Lancey au pilon
  • Pourquoi Le Daubé est-il Daubé #2
  • De Bonne : des quartiers militaires au quartier policé
  • Journal local - Grenoble et sa cuvette

Le Postillon N°2

Journal local - Grenoble et sa cuvette - N°2 - Octobre 2009

Sommaire :

  • Un été à grenoble
  • Quartier Jean Macé : le « dernier village gaulois » survivra-t-il à la métropole ?
  • Pourquoi Le Daubé est-il Daubé #3
  • cite viscose : la hausse des charges ne passera pas

Le Postillon N°3

Journal local - Grenoble et sa cuvette - N°3 - Décembre 2009

Sommaire :

  • villeneuve, l'UTOPIE à L'AGONIE
  • Pourquoi Le Daubé est-il Daubé ? # 4
  • Une même ville de Genève à Grenoble

Le Postillon N°4

Journal local - Grenoble et sa cuvette - N°4 - Février 2010

Sommaire :

  • Vidéosurveillance, un œil sur les manifs
  • Pourquoi Le Daubé est-il Daubé ? # 5
  • mactor, pour voir "LOIN, large et profond"
  • AIE TECH !

Interview de David Laumet, coordinateur de La Place, à Grenoble

Entretien avec David Laumet, coordinateur de La Place, un centre d'hébergement et de stabilisation
sur Grenoble. David nous explique l'origine de ce lieu, ses principes de fonctionnement, les difficultés et les perspectives liées au soutien des personnes en errance.

Le Postillon N°5

Journal local - Grenoble & sa cuvette - N° 5 - avril 2010

Sommaire :

  • Au « verre de l’amitié durable »

    Après avoir failli s’endormir pendant l’inauguration de la biennale de l’habitat durable,un envoyé spécial du Postillon nous raconte l’ennui durablement rencontré ce jour-ci et se permet quelques digressions autour des acteurs de cette Biennale.

  • Grenoble : la mairie ment carrément sur les caméras

    Le titre de l’article paru dans le précédent numéro du Postillon « Un oeil sur les manifs » (février 2010) suggérait fortement que la municipalité grenobloise installait des caméras sur le parcours des manifestations. Nous nous étions trompés. Les autorités intègrent à la ville des caméras un peu partout en ville... et pas uniquement sur le parcours des manifestations. Plus elles poussent, plus la municipalité esquive le sujet. Lire la suite.

  • à Echirolles, des caméras pour les quartiers populaires

    Le Parti Communiste change. à Echirolles, deuxième ville du département, les communistes au pouvoir ont troqué la faucille et le marteau contre la matraque et la caméra. Renzo Sulli, le maire, réclame à corps et à cri un commissariat au ministère de l’Intérieur [1] et a installé des caméras de vidéosurveillance dans les quartiers populaires. Un an et demi plus tard, la municipalité s’apprête à payer plus de 100 000 euros pour remplacer les caméras endommagées. Reportage dans la banlieue rouge.

  • Lyon-Turin, des Italiens sortent du train-train quotidien

    Mais que fait la Région ? Les élections sont passées mais les grands projets restent. Parmi ceux-là, le Lyon-Turin, un des plus gros chantiers d’Europe, que la région Rhône-Alpes arrose de quelques 400 millions d’euros. Au retour d’un périple au côté des opposants « Notav », la branche franco-italienne du Postillon nous dresse un topo de ce pharaonique projet et de la résistance qu’il rencontre.

  • L’OPAC se trouble, des femmes occupent un appart

    Depuis le 9 mars, un appartement vide est occupé dans le quartier de Renaudie à Saint-Martin-d’Hères. Petite visite chez des femmes qui tentent de sortir de la fatalité de la galère de logement.

  • Et un plaidoyer pour l’affichage sauvage.

La pollution invisible du Rhône

Une grave pollution aux PCB descend lentement les eaux du Rhône depuis une vingtaine d’années… et atteint aujourd’hui, la Méditerranée.

Le Postillon N°6

Journal local - Grenoble & sa cuvette - N° 6 - juin 2010

Au sommaire :

  • Pas d’édito ce mois ci !
  • Pour réenchanter Grenoble, si on rasait le Stade des Alpes ?

Rappelez-vous, c’était en 2003/2004 : la construction du grand stade avait suscité une vive opposition. Une manifestation de 4000 personnes. Trois mois de camping dans les arbres du Parc Paul Mistral pour quelques dizaines « d’écocitoyens ». Une expulsion musclée. Des dizaines de recours devant les tribunaux. Des milliers de tracts, d’affiches, d’autocollants, de pétitions. Le stade a été – malgré la volonté de ses promoteurs – un des grands sujets de controverse locale du début des années 2000.

  • Le conseil municipal et ses pantins

Mais comment se déroule un conseil municipal ? Simple chambre d’enregistrement des décisions prises en catimini par les pontes de la mairie ou réel espace de débat « démocratique » ? Ouvert au public, le conseil municipal est-il une cour de récréation ou un théâtre de Guignol ? Se plaignant de ne « servir que des cafés à longueur de journée », le stagiaire du Postillon s’est vu confier une mission : se coltiner l’intégralité du conseil municipal du 26 avril 2010. Avant de retourner sur les bancs de son école à larves de journalisme, il nous a remis son papier. Mieux qu’une caméra de vidéosurveillance : il a enregistré minutieusement les propos, faits et gestes des élus.

  • Carences pour l’hébergement d’urgence

Saviez-vous que l’État a l’obligation légale d’offrir un hébergement d’urgence aux personnes dormant dans la rue ? Mais qu’en Isère, au printemps comme en hiver, cette obligation est loin d’être respectée ? Après un petit topo des principes de l’hébergement d’urgence, la section « travail social » du Postillon mesure le décalage entre les textes de lois et les réalités iséroises de ces derniers mois.

  • Grenoble – Ouaga : Secret Stories

Novembre 2009. Grenoble fêtait ses 10 ans de jumelage avec Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Cet échange nous est vendu comme une référence en matière de coopération décentralisée. Avec l’émotion en prime. « Ensemble, c’est tout », c’est le ton des Nouvelles de Grenoble1 pour dresser régulièrement le portrait d’une histoire qui marche. Dessous d’une saga qui tourne mal.

Le Postillon N°7

Journal local - Grenoble & sa cuvette - N° 7 - octobre 2010

Au sommaire :

  • Un discours de Grenoble.... prononcé en 1941.
  • «La police française protège la police» L’interview de la mère d’un des interpellé de la Villeneuve.

Il y a deux France. Celle de Neuilly-sur-Seine, de Corenc et des beaux quartiers. Celle de Liliane Bettencourt, plus riche femme de France mouillée dans une histoire de conflit d’intérêts, « affreusement choquée » après la perquisition ayant eu lieu à son domicile le premier septembre dernier, alors que celle-ci s’est déroulée en toute courtoisie : « La brigade financière m’a demandé ce matin par téléphone si j’acceptais une perquisition de mon domicile. » (Le Monde, 1/09/2010) Et puis il y a la France de la Villeneuve, de Villiers-le-Bel et de tous ces grands ensembles honnis. Là ou les perquisitions ne se déroulent pas après une demande téléphonique, mais avec portes défoncées, violences, mépris, humiliations verbales. Suite aux nuits d’émeutes qu’a connu la Villeneuve en juillet, la police s’est sentie obligée de faire illusion sur son efficacité. Et a donc lancé plusieurs opérations médiatiques afin d’interpeller des « fauteurs de trouble ». Opérations qui – malgré la présence de dizaines de médias – se sont révélées absurdes, la plupart des interpellés ayant été relâchés par la suite. La mère d’un des interpellés raconte l’envers du décors de ces opérations de communication, et digresse sur son quartier, le racisme et la police.

L’entretien en entier est disponible ici en version texte ou en version audio.

  • Après la bataille de la Villeneuve

Grenoble superstar de l’actu de l’été ! Grenoble fait les gros titres des journaux ! Grenoble fait l’ouverture des journaux télévisés ! Grenoble, on en parle même dans le New York Times et sur Aljazeera ! Il aura suffi de trois jours « d’évènements » pour que le nom de la capitale des Alpes fasse le tour de la planète. Le Postillon n’a pas participé au déchaînement médiatique de l’été, dépassé par une trop forte concentration de journalistes. On a préféré observer de loin les « vrais » médias venir les uns après les autres faire leur petit reportage. C’est que les « vrais » journalistes, c’est comme les moutons, ça ne se déplace qu’en troupeau. Le berger a un chien, Sarkozy a Hortefeux. Dès que l’un hausse la voix, l’autre aboie. Et une tripotée de médias vient paître où le président et le ministre de l’Intérieur le souhaitent. L’été, c’est fini. Après la transhumance, la plupart des brebis sont retournées dans leurs rédaction parisienne. Alors, comme un chamois après l’estive, on reprend possession de notre alpage grenoblois pour tenter une petite analyse des discours médiatiques et politiques autour de cette canicule sécuritaire.

  • un reportage photo sur les Roms de Stalingrad, à Grenoble.
  • La municipalité grenobloise découvre les Roms

350 à 500 Roms, majoritairement de nationalité roumaine, vivotent dans la cuvette grenobloise, principalement grâce à la manche ou de petits boulots au black. Ces migrations ne sont pas nouvelles, elles datent d’une dizaine d’années. La réprobation des mesures sarkoziennes anti-Roms et le coup de projecteur médiatique sur cette population ont soudainement rendu la municipalité grenobloise moins aveugle. Durant un mois, Le Postillon a posé ses fesses dans le canapé d’un squat du quartier Stalingrad à Grenoble en compagnie de Roms.

  • La Culture comme vitrine : Fontaine travaille son image.

Fontaine la prolétaire ferait-elle tâche à quelques centaines de mètres de Minatec, au sein d’une métropole que certain.e.s voudraient « high tech » ?

Et des brèves, un courrier des lecteurs, un édito...

Grenoble : dans les coulisses de la démocratie participative

 

Grenoble dispose depuis décembre 2008 d’une Charte de la démocratie locale. Ce type de « contrat » fabriqué par les collectivités locales est aujourd’hui à la mode. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Comment cette charte a-t-elle été imaginée et dans quels buts ? Qu’est-ce qu’elle nous dit de la démocratie participative aujourd’hui ? Les Renseignements Généreux ont rencontré Camille, récemment diplômée de Science-Po Grenoble. En 2009, elle a effectué un stage à la mairie de Grenoble, au moment où la charte était mise en place. Un an plus tard, elle revient sur cette expérience et nous propose une petite visite dans l’arrière-cuisine de la démocratie participative à la grenobloise...

L'assistance sociale vue de l'intérieur

Que savons-nous des coulisses de l'assistance sociale ? Comment les assistantes sociales perçoivent-elles les évolutions de la société et de leur métier ? Les Renseignements Généreux ont rencontré deux AS exerçant depuis quelques années en Isère. Elles partagent avec nous leur découverte de ce métier, sous le couvert de l'anonymat.

Le Postillon N°8

Jouez violons, sonnez crécelles. Sous ce crachat hivernal, Le Postillon - n°8 du nom - est sorti et accompagnera délicieusement repas copieux et discussions familiales.

Edito Pourquoi Le Postillon vote à droite

462 sur 1500, ce n’est pas le classement du dernier tube de Pep’s au hit-parade, mais le nombre d’exemplaires du dernier Postillon vendus à la criée lors de trois des manifestations qui ont animé le mois d’octobre. Soit presque le tiers. Pendant les défilés, des hommes, des femmes et même des postiers nous ont acheté le n°7. « C’est super ! » « Continuez ! » « T’as du feu ? » : tous ces messages d’encouragement nous vont droit au cœur et au porte-monnaie. Car, oui, on l’assume, Le Postillon veut croître, voir ses ventes progresser et engranger du cash flow dans le money time. Et la manifestation, c’est le créneau idéal. Le rendement peut atteindre les 68 exemplaires à l’heure, loin devant les meilleures performances des ventes à la criée sur les brocantes (24 à l’heure), les marchés (18), les queues de cinéma (8), les concerts de gros son (4) ou les meetings du Parti Socialiste (1). Pour que cette stratégie commerciale se concrétise, il faut des manifestations. Pour qu’il y ait des manifestations il faut un gouvernement de droite qui détricote tout ce qui peut apparaître comme un acquis social. Le service commercial du Postillon soutiendra donc en 2012 Nicolas Sarkozy, DSK ou tout autre clone libéral-sécuritaire. Pour augmenter notre chiffre d’affaires, nous n’hésiterons pas à militer pour la disparition de la Sécurité sociale, la privatisation de l’école, la nomination de Mécha Bazdarevic au poste de sélectionneur de l’équipe de France, et la retraite à 77 ans. Tout ça afin que les femmes, les hommes et même les postiers de cette ville descendent dans la rue et pour qu’enfin on puisse se la payer, cette première page en couleur.

Au sommaire de ce numéro

  • Postiers à la recherche d’une riposte

  • Grand Feuilleton A l’attaque de la Smart Valley grenobloise

  • Premier épisode : L’Opération Campus part en cacahuètes

  • Pourquoi Le Daubé est-il daubé ? Episode 6. Les tentacules d’un groupe presque totalitaire

Et des brèves, du courrier, des minis-BD....

 

 

« Créons des espaces de convergence des luttes ! »

Comment encourager dans une ville la convergence entre les luttes sociales ? Comment participer à la construction d'une culture de résistance et d'esprit critique dans un quartier ? Peut-on ouvrir des espaces d'éducation et d'expérimentation politiques tournés vers la population, autogérés et inscrits dans la durée ? Avec ces questions en tête, Les Renseignements Généreux ont rencontré Christel et Hugo d'Antigone, à Grenoble.

Cet article est extrait du second numéro de La Traverse.

Rencontre avec le journal Le Postillon (Grenoble)

Entretien avec deux membres du journal grenoblois Le Postillon, autour des origines, du fonctionnement et des buts de ce média indépendant.

Le Postillon N°9

Au sommaire :

Carignon est encore dans la cuvette

Il est peu de sentiment aussi lugubre, humiliant et déconcertant que de tirer sans fin une chasse d’eau, sans pouvoir se débarrasser d’un étron tenace et narquois. On éprouve ce sentiment avec chaque photo ou déclaration d’Alain Carignon dans Le Daubé. Voici un repris de justice, résidant entre Paris et Marrakech, la ville des sybarites et touristes sexuels, n’ayant aucun moyen d’existence connu, qui arrive encore à diriger localement le parti majoritaire et à troubler la vie politique grenobloise sans qu’aucun journaliste ne lui demande d’où viennent ses revenus, ni où il demeure exactement. A défaut, voici un retour sur la carrière d’Alain Carignon, sur ses liens avec Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, et – qui sait ? – sur le rôle qu’il a joué dans la promotion de Grenoble au rang de laboratoire sécuritaire national. Le texte est disponible ici

 « Tout le monde s’est bien servi de cette histoire. » Entretien avec la tante et la mère de Karim B.

Sept mois se sont écoulés depuis les « évènements » de Villeneuve. Suite à la mort de Karim B., tué par la BAC (Brigade Anti-Criminalité) après un braquage, le quartier avait connu trois jours d’émeutes et un état de siège policier inédit. Si la fièvre médiatique s’est estompée, les habitants subissent toujours les retombées de cet emballement sécuritaire. La famille de Karim nous raconte.

Visite guidée d’une presqu’île austère

LE grand projet qui va guider le développement de Grenoble dans les vingt ans à venir possède deux noms et deux sites Internet : « GIANT » (Grenoble Isère Alpes Nano Technologies) pour son aspect de développement technologique ; et « Grenoble Presqu’île » pour son aspect de développement urbain. Car ce qu’on appelle encore le Polygone scientifique, ce territoire coincé entre l’Isère et le Drac, rempli de centres de recherche et de locaux d’entreprises, est destiné à devenir l’extension du centre-ville de Grenoble. Alors que ses promoteurs tentent de travailler sa « convivialité », Le Postillon vous propose une visite des lieux, entre caméras, clôtures, barbelés et réacteur nucléaire.

Père Castor, raconte-nous une histoire de Grenoble ! 1975, le meeting du sergent Dupuy

Et un édito, des brèves, deux reportages dessinés,...

Le Postillon N°10

Le Postillon sort son numéro 10, disponible depuis jeudi 21 avril 2011 chez tous les bon buralistes de l’agglomération grenobloise, et sur abonnement. Toute l’équipe profite de l’occasion pour faire une spéciale dédicace à celles et ceux qui, voilà deux ans, au moment du lancement du numéro zéro, riaient « d’un nouveau petit journal qui n’allait pas sortir plus de trois ou quatre numéros... »

Au sommaire :

  • Smart attaque ! Des compteurs Linky à la ville intelligente

On sait que les petits enfants s’inventent des histoires extraordinaires pour vivre l’aventure qu’ils n’ont pas dans leur vraie vie. C’est le même procédé qui pousse les élites scientifiques et politiques à créer des objets « intelligents ». À voir la liste grandissante de ces gadgets destinés à devenir indispensables, voire obligatoires – des compteurs aux frigos en passant par le textile – on se dit que certains doivent souffrir d’un sacré manque. À défaut d’inventer le journal intelligent, Le Postillon vous propose une histoire – non pas extraordinaire mais bien réelle – contant les aventures du Linky, l’invention de la ville intelligente et le rôle de Grenoble dans l’avènement de la smart révolution.

  • Des caméras à la Capuche : Qu’en pensent les habitants ?

Il y au moins deux points communs entre le square Lafleur, dans le quartier Capuche de Grenoble, et la place Louis Maisonnat à Fontaine. Premièrement, les municipalités respectives ont pour projet d’y installer des caméras. Deuxièmement, elles se justifient en affirmant que c’est une demande des habitants, qui seraient excédés par « des jeunes ». Mais « les habitants », (groupe aux contours flous car « les jeunes » ne sont-ils pas également des habitants ?) désirent-ils vraiment des caméras ? Qu’en pensent-ils ? Comment justifient-ils leur position, qu’elle soit « pour » ou « contre » ? Le spécialiste en micros-trottoirs du Postillon a erré deux matinées et une fin d’après-midi autour du square Lafleur, en demandant aux passants leur avis argumenté sur la question des caméras et des problèmes du quartier. Sans la prétention d’obtenir un « panel représentatif » mais avec la volonté de comprendre les avis des uns et des autres.

  • « On est peut-être pauvres, mais on n’est pas cons. » Entretien avec des habitants de la Cité Viscose à Echirolles

Le 18 avril, une trentaine d’associations d’habitants et de copropriétés, de Grenoble, d’Échirolles, de Pont-de-Claix et de Saint-Martin-d’Hères appelaient à un rassemblement devant la mairie de Grenoble pour réclamer un « chauffage urbain plus juste ». Ils s’insurgent contre les tarifs prohibitifs pratiqués par la CCIAG (compagnie de chauffage de l’agglomération grenobloise) aux usagers, qui dégage une marge de plus de 6 millions d’euros. Les premiers à se mobiliser sur cette question ont été les habitants de la Viscose d’Échirolles, scandalisés d’avoir vu leur facture de chauffage bondir suite à l’arrivée de la compagnie de chauffage dans leur quartier. En deux ans, ils sont parvenus à imposer cette question dans le débat public local et à rallier d’autres groupements d’habitants à leur combat. Une mobilisation précieuse pour ceux qui regrettent que les associations d’habitants ne s’occupent souvent plus qu’exclusivement des crottes de chiens ou des « incivilités ». Alors Le Postillon est allé à la rencontre d’habitants de la Viscose, pour tenter de comprendre comment s’est déclenchée cette lutte non achevée.

  • Êtes vous plutôt « idées généreuses » ou « affrontement des puissances » ? Une conférence à Grenoble École de Management

Comme chacun sait, le monde se divise en deux catégories : d’un côté les doux rêveurs, remplis d’idées généreuses mais complètement déconnectés de la réalité ; et de l’autre les pragmatiques, qui eux composent avec le monde tel qu’il est. Et puis il y a ceux, nombreux, qui sont passés de la première catégorie à la seconde. Christian Harbulot est de ceux-là : ancien leader autonome et maoïste des années 1970, actuel directeur de l’austère « École de la Guerre Économique ». A l’occasion de son « Festival de Géopolitique », Grenoble École de Management lui a ouvert ses portes pour une conférence sur « l’intelligence économique ». Le jeune idéaliste du Postillon a couvert l’évènement avant d’aller lui poser quelques questions. Et vous fait part des réflexions que cela lui a inspiré.

  • Père Castor, raconte-nous une histoire de Grenoble ! Les manifestations de rappelés de la guerre d’Algérie à Grenoble.
  • Pourquoi les journalistes du Daubé défendent-ils Le Daubé ?
  • Un édito

L’actualité internationale se déchaîne. Les poissons japonais gobent de l’eau radioactive. L’armée française fait étalage de tout son savoir-faire en Afrique. Le Réal Madrid et le FC Barcelone vont s’affronter quatre fois de suite. Dans ce contexte, quel intérêt de faire un journal centré sur Grenoble ? N’est-il pas futile de parler uniquement de sujets locaux ? Complètement inutile de rester la tête dans la Cuvette ? Sauf qu’aujourd’hui, tout est lié, ma brave dame. Et dans ce numéro on vous parlera de la façon dont la guerre économique est promue à Grenoble Ecole de Management. Des (non-)réactions de Michel Destot, maire de Grenoble, à la répression des mouvements sociaux au Burkina-Faso par son « ami » Simon Compaoré, maire de Ouagadougou. Des rapports entre notre « technopole » et les gadgets qui nous asservissent aux centrales nucléaires. Bref : à côté de chez vous, des évènements méritent au moins autant d’intérêt que les suivis en « direct » de la situation au Japon, en Côte d’Ivoire ou en Lybie. Et ce n’est pas parce que nous n’avons pas les moyens de nous payer des envoyés spéciaux que nous disons ça.

  • Plein de brèves et dessins...

Le Postillon N°11

Edito

Tout a commencé par une idée de notre conseiller en communication. « Vos ventes ne sont pas mauvaises, mais vous ne progressez pas très vite. Il faudrait surprendre, frapper un grand coup. Dans ma business school, on m’a appris que les numéros spéciaux étaient une technique pour faire décoller les ventes ». Devant nos yeux brillant d’excitation à cette perspective, il a poursuivi : « Vous devriez faire un numéro Spécial été, avec plus de pages et où vous parleriez d’autres choses que Grenoble ». Là, ce n’est pas passé. D’accord on est prêts à tout pour augmenter notre chiffre d’affaires, mais quand même, sortir de la cuvette, ah ça non. Et pourquoi pas adopter un envoyé spécial à New-York, tant qu’on y est ? « Mais non, vous n’avez rien compris. Je voulais vous suggérer de parler des environs, d’endroits qui sont en lien avec Grenoble, pour donner de la profondeur, du relief, de la perspective... » Il a tellement utilisé de beaux mots compliqués qu’au final on s’est laissés convaincre. Alors on a pondu le 16 pages que vous avez entre les mains, avec un reportage dans la vallée sinistrée de Livet-et-Gavet, un autre dans le massif de Chartreuse, et un gros dossier sur le Sillon alpin, la mégalopole qui vient, sur un de ses leaders Jean Therme et ses répercussions sur le domaine universitaire. Comme on avait peur d’aller dans des territoires inconnus, on a appelé à l’aide nos confrères de « La Voix des Allobroges », site internet d’information indépendant ayant pour unique défaut d’être savoyard. Ils ont gracieusement accepté de nous donner un coup de main, et on s’est dit après coup qu’on avait vraiment bien joué. Un de leurs journalistes étant poursuivi par le parquet pour avoir osé couvrir une manifestation sans carte de presse (ô sacrilège), ils sont en ce moment en pleine exposition médiatique : s’associer à eux ne peut être que bénéfique pour nous. Bref, tout se présente pour le mieux, il ne manque plus que vous profitiez de ce numéro spécial pour faire connaître Le Postillon à votre entourage habitant autour de Grenoble. Allez, au boulot !

Au sommaire de ce numéro Spécial été :

  • Chartreuse : Tensions autour de la station de trail

Le lièvre et les chemins tortueux

Lecteurs, lectrices, approchez-vous donc que je vous narre un conte moderne (1). L’histoire prend place dans les contrées de Chartreuse, à Saint-Pierre-de-Chartreuse exactement. Une bourgade d’environ 800 habitants située à une trentaine de kilomètres de Grenoble, en plein milieu d’un massif que d’aucuns qualifieraient de charmant, entre forêts épaisses, sommets accessibles, gorges mystérieuses et grandes falaises calcaires. Tellement charmant que depuis 1995, un Parc Naturel Régional est censé protéger l’endroit et préserver son environnement. Les autochtones sont agriculteurs, restaurateurs, sylviculteurs, éleveurs, hébergeurs, artisans,... ou vont pointer à la ville pour gagner de l’argent. Car, dans ce genre d’endroit, il est bien difficile de développer ce qui fait l’essence de la vie moderne, c’est-à-dire une activité économique. Ici, pas de grandes entreprises, pas de grands noms, à part l’ancestral Monastère de la Grande Chartreuse, producteur de la célèbre liqueur éponyme. Alors quand une entreprise de plus de 25 salariés, répondant au doux nom de « Raidlight », propose de venir s’y installer, personne ne reste insensible. Voilà, le décor est planté. Laissez-moi maintenant vous raconter la suite, une histoire d’apparence anecdotique, mais qui en dit long sur notre époque, les fameuses « nouvelles pratiques de la montagne » et les efforts des uns et des autres pour essayer de rentabiliser ces territoires désespérément non-productifs que sont les espaces montagnards.

  • Notre bon plan pour les vacances : Une journée a Livet-et-Gavet

Derrière le mythe Grenoblois : un désert industriel

A Grenoble il n’y a pas de charbon, pas de pétrole, pas de métal précieux. Il y a mieux : à Grenoble, il y a de l’eau. Aux origines de la Cuvette, elle a façonné notre paysage. C’est par elle que l’hydroélectricité autrefois, et la microélectronique aujourd’hui, ont colonisé ce territoire. L’eau est la matière première de l’industrialisation locale, mais elle est surtout à la source des deux mythes industriels locaux : la houille blanche et les nouvelles technologies. Pourquoi s’attaquer aux mythes ? Parce qu’ils ont pour fonction de rendre acceptable ce qui détruit nos vies. Et sans eux, c’est tout l’édifice qui s’effondre. Voici le récit d’une escapade dans l’un des centres nerveux de l’industrie régionale. Histoire de comparer le mythe à la réalité.

  • Une ville unique de Genève à Valence

La métropole trace son sillon

De tout temps, les chefs de guerre ont eu pour principale ambition de diriger un maximum de soldats, pour d’évidentes raisons de supériorité numérique de « chair à canons ». Aujourd’hui où la guerre est devenue économique (en Occident du moins), et où baïonnettes et bunkers ont été troqués contre éprouvettes et « World Trade Center », les dirigeants cherchent toujours à voir grossir la masse de leurs administrés pour pouvoir « peser » au niveau international, et pour la santé de leurs égos. La compétitivité d’un territoire se mesure alors au nombre de ses habitants et à l’étendue de ses constructions. C’est cette logique qui amène les élus du Sillon alpin à vouloir construire un « pôle métropolitain », c’est-à-dire une ville unique de Genève à Valence. Après s’être incrusté à une conférence de presse, notre envoyé spécial nous dresse un état des lieux de l’avancement de ce projet.

  • Un reportage au village de Jean Therme, le leader du Sillon Alpin

« Il est gentil Jeannot »

Directeur du CEA-Grenoble (Commissariat à l’Énergie Atomique) ; directeur de la recherche technologique et directeur délégué aux énergies renouvelables au CEA-France ; membre de l’Académie des Technologies et de multiples conseils d’administration ; président du High Level Group « Key Enabling Technologies » à la Commission Européenne... Jean Therme a des journées bien remplies et n’a rien à envier aux politiques cumulant les mandats. Lui n’a jamais été élu, est inconnu du grand public et porte pourtant de lourdes responsabilités dans des domaines publics. Instigateur de Minatec (premier pôle européen pour les micro et nanotechnologies), de GIANT (projet visant à transformer la presqu’île grenobloise en un « campus mondial d’innovation »), et de l’urbanisation intensive du Sillon Alpin (c’est l’auteur de la fameuse citation (1)), il est en quelque sorte l’officieux adjoint à l’économie et à l’urbanisme de Grenoble. Et pourtant, lui qui s’active pour transformer Grenoble en une cité high-tech et le Sillon Alpin en une grande ville lumineuse, habite toujours dans son petit village natal de Saint-Jean-d’Arvey, sur les hauteurs de Chambéry. Le mythe journalistique veut que là-bas, le week-end, il « monte sur son tracteur, fait les foins et protège ses moutons des attaques des lynx » (JDD, 5/07/2009). Les deux paparazzis du Postillon se sont rendus sur place pour vérifier cette légende et en apprendre un peu plus sur le personnage.

  • L’université à la solde des entreprises

La fac, laboratoire de « l’écosystème du Sillon Alpin »

Échec de la candidature aux Jeux Olympiques de 2018, abandon de la Rocade Nord, Bérézina du GF38, retards pour le projet GIANT (suite à l’annulation du PLU par Raymond « Tribunal-administratif » Avrillier), explosion en plein vol de DSK : les élus socialistes grenoblois sont en pleine sinistrose. Heureusement, dans cette avalanche de mauvaises nouvelles, un secteur se porte à merveille et leur donne l’occasion de faire de réguliers communiqués dithyrambiques d’autosatisfaction : l’université. Ici pas de grosse opposition, et une succession de premiers prix dans la course française à « qui va pomper le plus de fric à l’État ». GUI +, Idex, Equipex, Labex, IRT : les responsables collectionnent les distinctions comme les gamins exposent fièrement leurs coupes de cross. Perdu au milieu de toutes ces évolutions, où l’on agit de plus en plus à l’échelle du Sillon Alpin et où l’on tente de rentabiliser l’université, l’éternel étudiant du Postillon vous offre un décryptage.

  • Père Castor, raconte-nous une histoire de Grenoble ! Comment briller en société grenobloise ?

Père Castor n’est pas que ce vieillard sénile, rabachant à qui veut bien le publier, des histoires de révoltes dépassées où l’on caillasse la flicaille à qui mieux mieux. Derrière les apparences, il n’a pas son pareil pour briller en société. Il vous donne quelques tuyaux pour impressionner vos amis.

  • « les médias... demain ? » : Notre contribution

Journalisme 2021

Le 26 mai dernier, à l’occasion de ses 30 ans, le Club de la Presse Grenoble-Isère organisait une conférence à la Maison du Tourisme sur le sujet « Journalisme 2021 : les médias... demain ? ». Si nous ne raconterons pas ici cette conférence « twittée en direct », nous répondons à l’appel à contributions lancé à cette occasion par les étudiants en journalisme de Sciences-Pipo Grenoble, sur le thème « Comment voyez-vous le journalisme dans dix ans ? ».

  • Courrier des lecteurs, Brèves, Dessins

Présentation de Faranches

Enquête pendant la grêve des Cater à Grenoble en 2009

Synthèse de plusieurs heures de dialogue entre deux militant­e­s libertaires et une dizaine d'ouvriers de Caterpillar Grenoble, à la fin de leur grève de 2009. Quelles ont été les forces et les limites de leur lutte ? Comment analyser l'attitude des syndicats ? Quels ont été les soutiens de l'extérieur les plus efficaces ? Quels bilans transmettre aux prochaines grèves ?

Mini-guide des alternatives à Grenoble

Le Postillon N°12

Ca y est ! Le Postillon n°12 est sorti depuis 5 jours, avec un léger retard ayant occasionné un léger harcèlement des buralistes par des lecteurs impatients. C’est bon, maintenant, vous pouvez aller leur demander....

Au sommaire :

  • A Jarrie, les ravages de la chimie

En ce mois de septembre 2011, un anniversaire est passé plus inaperçu qu’un autre. Si personne n’a pu manquer la commémoration du 11/09, les dix ans de l’accident d’AZF à Toulouse ont par contre beaucoup moins squatté journaux papiers et télévisés. Malgré plus de 30 morts, 2500 blessés et de considérables dégâts matériels, aucune « guerre contre le terrorisme » de l’industrie chimique n’a été déclarée et l’interminable procès a abouti à une relaxe générale. Plus jamais ça ? Rien n’est moins sûr, à Toulouse comme dans les communes du sud-grenoblois de Jarrie et de Pont-de-Claix, où les plateformes chimiques font la fierté des décideurs. Ici aussi, les ouvriers meurent de la chimie. Pas dans les circonstances spectaculaires d’une explosion mais dans le silence et l’indifférence des cancers notamment dûs à l’amiante. À l’occasion d’un procès intenté par des ouvriers victimes de l’amiante à leur ancien employeur, Le Postillon vous propose un petit voyage dans le monde effrayant de la chimie du sud-grenoblois.

  • Père Castor, raconte-nous une histoire ! Les « Eaux chaudes de Grenoble », fuites nucléaires sur la presqu’île dans les années 1970

Mars 2011 : trois réacteurs nucléaires entrent en fusion à Fukushima, générant la plus grande catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Pour l’occasion, l’Institut Laue Langevin (ILL), qui possède le dernier réacteur nucléaire en service dans l’agglomération grenobloise, s’empresse sur son site internet et dans Le Daubé de rassurer la populace. Braves gens, dormez sur vos deux oreilles : l’ILL est un petit réacteur, toutes les mesures de sécurité ont été prises... Mais Père Castor n’est pas du genre à croire tout ce que la racaille nucléocrate essaie de lui faire gober. Il sait bien que le nucléaire c’est la catastrophe permanente, que les fuites et rejets radioactifs font partie du fonctionnement normal des centrales, et qu’ils empoisonnent en permanence les populations. Il se souvient notamment comment entre 1974 et 1976, le CENG (Centre d’études nucléaires de Grenoble, ancien nom du CEA) a contaminé la nappe phréatique, tout en essayant d’étouffer l’affaire, avec la complicité des élus locaux. Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Qu’à cela ne tienne, Père Castor vous propose de plonger avec lui dans ses vieux journaux, et de revenir sur l’affaire des « Eaux Chaudes de Grenoble ».

 

  • Monéo et cartes multiservices : L’université en première ligne de l’acceptabilité

Pas de Monéo, pas de gâteaux. Depuis la rentrée, les étudiants ne possédant pas de cartes Monéo ne peuvent plus manger dans les restaurants universitaires du campus de Grenoble. Ou plutôt : ils peuvent manger mais en payant deux fois plus cher : 7,20 € pour un « repas passager » contre 3,05 € pour un repas avec Monéo. La carte Monéo, c’est ce fameux « porte-monnaie électronique » dont le but avoué est de réduire l’usage de pièces de monnaie, c’est-à-dire d’optimiser l’encombrement des poches de son pantalon. Mais ce gadget présage surtout d’un futur ou l’électronique « personnalisée » sera devenue obligatoire pour avoir accès aux services les plus basiques. Et qui de mieux que les étudiants pour faire accepter cette invasion technologique ?

  • La mairie a plus d’une tour dans son sac

Construire des grandes tours : c’est une des nouvelles lubies du maire Destot et de son adjoint à l’immobilier De Longevialle, qui projettent d’en bâtir au moins deux, une sur la presqu’île et une autre sur le quartier de l’Esplanade, toutes deux d’une centaine de mètres de haut, soit à peu près la hauteur des trois de l’Ile Verte. Pour les élus et les architectes, ces tours ont toutes les qualités du monde : densification, gain d’espaces verts, efficacité énergétique, renforcement des liens sociaux, etc. Mais qu’en pensent les habitants ? Deux stagiaires du Postillon sont allées faire un tour sur place. Compte-rendu.

  • Affaires Longo : la rédaction se déchire

Jeannie Longo est à Grenoble ce qu’est la statue de Liberté à New York, le Machu Picchu au Pérou, les pyramides de Khéops à l’Égypte, le mont Ventoux au Vaucluse et les ravioles au Royans. La sportive préférée des Français (sondage L’Équipe Mag de cet été) pédale toujours du haut de ses 52 ans, ses plus de 1150 victoires et ses 38 records du monde. Combative, endurante, inépuisable, Jeannie était prête à prendre sa retraite à 67 ans comme le suggérait Fillon. Las, les révélations de la presse sportive de ces dernières semaines semblent l’avoir plombée. Longo manque à trois reprises de se plier à ses obligations de localisation, dans le cadre de la lutte antidopage, en l’espace d’un an et demi. Quelques jours plus tard, c’est son mari et entraîneur, Patrice Ciprelli, qui se retrouve dans le collimateur médiatique : il se serait procuré, en 2007, 80 000 doses d’EPO. Longo, dans la tourmente, c’est tout le gratin noyé dans son Dauphiné. Deux services du Postillon ont débattu, des heures durant, sur le cas Longo en conférence de rédaction. N’ayant pas réussi à aboutir à un consensus, nous publions ces deux points de vue diamétralement opposés.

  • Et des brèves, dessins, deux éditos...

Le Postillon N°13

Pour faire honneur à l’Austérité, Le Postillon, le seul journal sans pub de Grenoble, passe à la couleur, augmente sa pagination (16 pages au lieu de 12)... et son prix (2 euros). Eh oui tout augmente ma brave dame, même nos ventes. Alors pour être dans le coup, ruez-vous dans un de nos points de vente pour vous procurer Le Postillon n°13, sorti le 9 Décembre.

Au sommaire :

  • L’Olivier Pentier, le journaliste intelligent. Encore une innovation grenobloise !

Vous avez certainement déjà entendu parler du frigo intelligent, du réveil intelligent, de la maison intelligente ou des compteurs intelligents (voir Le Postillon n°10). Mais sans doute connaissez-vous moins le journaliste intelligent, plus connu sous le nom d’« Olivier Pentier », une innovation développée par Le Daubé en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. C’est pourtant un outil extrêmement efficace dans la compétition internationale – qui est aussi une guerre de la communication. Chaque semaine, l’Olivier Pentier noircit des pages entières du Daubé à la gloire des entreprises et centres de recherche isérois. Inlassablement, il promeut avec le même élan les gadgets technologiques et les innovations commerciales. La perfection du système est telle qu’aucune erreur ne se glisse jamais dans ses productions : pas la moindre critique ne vient assombrir l’enthousiasme de ses papiers publicitaires. Mais comment fonctionne cette ingénieuse machine ?

  • Moody’s sévit aussi à Grenoble. Comment je me suis déguisé en étudiant pour en apprendre plus sur le monde fantastique de la finance

C’est le sujet à la mode depuis quelques mois. Pas une journée ne passe sans qu’on parle dans les médias des agences de notation, et notamment d’une des plus grandes d’entre elles : Moody’s. Le Postillon se fond dans le moule et vous offre un scoop : Moody’s possède une antenne dans la banlieue grenobloise. Désireux de creuser ce filon porteur, notre grand reporter a dû se déguiser en étudiant en finance pour obtenir un rendez-vous avec le boss de cette agence. Il nous raconte cette formidable aventure.

  •  « Ce qui m’intéresse, c’est que les élèves se posent des questions ». Minatec : travailler pour sans être d’accord avec

Cinq ans après son inauguration, que se passe-t-il à Minatec ? Si le lancement du premier pôle européen pour les micro et nanotechnologies avait fait grand bruit, opposant les vivats de la communication et les huées des anti-nanos, depuis on n’en parle pas beaucoup. Dominique et Camille [1] sont enseignants-chercheurs à Phelma, une école de l’INPG (Institut National Polytechnique de Grenoble), dont les locaux font partie de Minatec. Mais s’ils travaillent dans Minatec, ils ne sont pas pour autant « pour » le développement des nanotechnologies. Comment gèrent-ils cette contradiction ? Que savent-ils de Minatec ? Quelles positions ont les autres enseignants et les élèves ? Quel genre de questions se pose-t-on à Minatec ? Réponses dans cet entretien.

  • Pointer sous le soleil de Catane. Reportage photo – sport

Nul besoin de faire des centaines de kilomètres pour écouter les accents chantants du sud de l’Europe. Il suffit de poser ses fesses sur le muret qui jouxte l’un des terrains du club de pétanque Catane, ouvert 365 jours par an, à deux pas du pont éponyme coincé entre le boulevard Joseph Vallier et l’immense immeuble/parking – désert – construit en 2006. En ce mois de novembre clément, une douzaine de retraités et quelques travailleurs essuient méthodiquement leurs boules d’un revers de chiffon, tirent, pointent, se chamaillent puis s’en vont taper une coinche dans le local du club où Alice, la seule femme, tient la buvette. La plupart de ces hommes ont migré, il y a des dizaines d’années, en laissant derrière eux le Portugal, l’Italie ou encore l’Espagne. Beaucoup ont travaillé dans le bâtiment, d’autres ont monté leur entreprise. Ils ont finalement fait leur vie à Grenoble, avec ou sans la nationalité française, peu leur importe. On est allé tailler le bout de gras avec ces infatigables joueurs pour recueillir quelques bribes de leur passé et de leurs petites histoires.

  • Hervé-Jean Bertrand-Pougnand se fout de la Tronche des Roms.

Connaissez-vous Hervé-Jean Bertrand-Pougnand ? Non ? Nous non plus, ou presque. En l’espace de quelques jours, Bertrand-Pougnand a réussi à sortir de l’anonymat de la cuvette grenobloise en pavoisant dans les médias locaux (France 3 et Le Daubé) le 4 novembre dernier tout en publiant un éditorial nauséabond dans son journal de propagande. Oui, Bertrand-Pougnand détient un journal, et pour cause : il est le maire UMP de la ville de La Tronche. Un édile qui n’aime pas les Roms installés dans des camps de fortune sur sa riche commune. Cet homme semble n’avoir jamais rencontré ces Roms qui « volent », « se prostituent », « agressent verbalement les gens » et « cambriolent », selon ses propres dires [1]. Alors, plutôt que d’aller l’interviewer une énième fois, on a préféré rendre visite à ces dangereux habitants, la peur au ventre, et leur demander de réagir à l’édito du maire...

  • En pleine grève, La Poste peut remercier Grenews. Ri-poste mediatique

Fin octobre, alors que les facteurs du bureau de Poste d’Échirolles sont en grève depuis un mois [1] et décident de camper devant la direction régionale de La Poste dans le centre ville de Grenoble, Grenews publie (n°161) une double page intitulée « Grenoble : on a distribué votre courrier ». L’angle de traitement du sujet est simple : le journaliste suit un facteur sur sa tournée toute une matinée. Il en a ramené quelques photos sympas et un papier. Deux pages qui auraient pu sortir tout droit des tiroirs du service communication de La Poste surtout en cette période de conflit social. Cet article a énervé certains facteurs. Lucile [2], vénère, qui a travaillé au bureau Lionel-Terray, celui-là même où a été réalisé le « reportage » se livre à un petit démontage médiatique. Elle commente et complète pour Le Postillon quelques passages du papier de Grenews.

  • Ce que nous a (déjà) appris l’affaire Neyret. Poulets grillés

C’est une affaire qui a défrayé la chronique et effrayé les flics. Selon les médias, elle a même déclenché « un séisme dans la police ». Partie de Lyon fin septembre 2011, avec l’arrestation puis l’incarcération du commissaire Michel Neyret, numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise, ses secousses ont atteint Grenoble et le chef de la police judiciaire grenobloise Christophe Gavat et son adjoint Gilles Guillotin, qui ont tous deux été mis en examen et suspendus de leurs fonctions. En gros, on reproche à Michel Neyret de s’être quelque peu éloigné de la légalité en détournant de la drogue saisie pour payer ses indics, en livrant des informations confidentielles à des trafiquants de drogue, en ayant accepté des cadeaux de la part de voyous [1] – et en s’étant conséquemment enrichi par la même occasion. Depuis, plein de flics montent au créneau pour défendre la « présomption d’innocence » (un comble...) pour leurs amis, tandis que l’enquête se poursuit et devrait traîner à nous donner ses conclusions. Vu que cette enquête sur des flics est menée par... d’autres flics, on peut d’ailleurs se demander si on connaîtra un jour la vérité sur cette affaire. En attendant, et alors que Michel Neyret joue au ping-pong avec l’ex-« terroriste » Carlos à la prison de la Santé (information véridique de Lyonmag, 18/11/2011), Le Postillon vous propose de tirer quelques enseignements de cette affaire [2].

  • « Deux Arabes qui discutent ensemble, c’est un trafic pour certains ». Le buraliste de la place des Géants harcelé par la police

Sur la place des Géants, dans le quartier de la Villeneuve, il ne reste plus beaucoup de commerces ni de lieux de vie. La boulangerie a fermé depuis peu, la pharmacie va certainement faire de même bientôt. Parmi les rares lieux encore ouverts, il y a un tabac-presse, tenu par Mehdi. Il y vend Le Postillon et plein d’autres choses. Toute la journée, la population du quartier s’y croise pour se procurer un journal, un paquet de clopes, des jeux, des bonbons ou pour venir chercher un colis visé par le facteur. Mais les journées ne sont pas de longs fleuves tranquilles pour Mehdi qui doit faire face à la fois à certains « gamins » qui prennent pour cible son commerce, mais aussi à la police qui semble décidée à le faire partir du quartier. Suite à une descente massive de flics début juillet ayant entraîné un procès, il risque de ne plus pouvoir exercer son métier. Il nous donne sa version des faits.

  • « C’est un puits sans fond, un casier judiciaire ».

Comparutions immédiates au tribunal de Grenoble, mercredi 30 novembre 2011 après-midi.

  • Habitat « innovant » ou « partagé » : les copinages de la ville de Grenoble.

Le Postillon N°14

Au sommaire du Postillon n°14 (février mars 2012) sorti depuis le 10 février :

  • Geneviève Fioraso™, l’élue augmentée Encore une innovation grenobloise !

Vous avez certainement déjà entendu parler de « l’homme augmenté ». Ce vieux rêve de la science fiction, des eugénistes et des transhumanistes – augmenter les performances humaines grâce aux progrès technologiques - devient réalité dans les laboratoires du monde entier. Le jour où l’on verra des cyborgs dans la rue se rapproche. En attendant, on peut observer un prototype grenoblois : l’élue augmentée, plus connue sous le nom de « Geneviève Fioraso™ ». Actuellement au poste de députée, d’adjointe à la Ville de Grenoble (chargée de l’économie, l’emploi, l’université et la recherche), de première vice-présidente de la Métro (chargée du développement économique, universitaire, scientifique et de l’innovation), et de présidente de la SEM Minatec Entreprises, c’est une innovation développée par le Parti socialiste en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. La preuve de la réussite de ce produit ? Geneviève Fioraso™ a été chargée de l’« innovation » dans l’équipe de campagne du candidat à la présidence de la République François Hollande. Tous les jours, Geneviève Fioraso™ se dépense sans compter pour « monter des projets » et « faire aboutir des dossiers ». Inlassablement, l’élue augmentée se dévoue avec le même élan pour la cause de l’Innovation, repoussant toujours plus loin les capacités de l’élu du peuple. La perfection du système est telle que Geneviève Fioraso™ ne s’arrête jamais, pas même pour penser : aucune réflexion ne vient retarder sa quête du Bien, c’est-à-dire du Progrès Technologique. Alors que Geneviève Fioraso™ se démène actuellement sur plusieurs fronts – de la ville intelligente à la promotion de la biologie de synthèse, de l’industrie innovante à sa réélection au poste de députée de la première circonscription de l’Isère – partons à la découverte des fonctionnalités de cette post-élue.

  • Clinatec : Circulez, y a rien à penser

Peut-on critiquer un médecin qui a sauvé des vies ? Que pensent les ingénieurs ou futurs ingénieurs du Commissariat à l’énergie atomique des recherches autour de l’interface cerveau-machine ? C’est armé de ces deux questions que le dérangé cérébral du Postillon vous dresse un compte-rendu de deux évènements récents : une soirée-débat autour de l’interface cerveau-machine à Saint-Ismier et une manifestation contre l’inauguration de Clinatec, la nouvelle « clinique expérimentale du cerveau ».

  • Une prison en couleur Reportage photo

Ouvertes sept jours par semaine, jours fériés compris, du matin jusqu’à tard le soir, les petites épiceries encore visibles aux coins des rues font face à la concurrence des grosses enseignes de supermarchés qui ont massivement poussé ces dernières années dans le centre de Grenoble. On est allés tirer les portraits d’une poignée de ces infatigables commerçants.

  • Le pire de la démocratie participative Un débat de La Métro autour du Sillon Alpin

Cela faisait longtemps que je n’étais plus allé à un événement dit de « démocratie participative » à Grenoble. C’est que, une fois appréhendée l’ampleur de la foutaise participative, ce genre de pince-fesses est terriblement ennuyeux. Même la perspective d’en faire un compte-rendu critique n’est plus assez stimulante pour trouver l’envie de s’y rendre. Mais j’ai finalement replongé : attiré par la thématique, je me suis rendu au dernier « Jeudi du projet d’agglomération » organisé le 15 décembre dernier par La Métro (communauté d’agglomération) sur le thème : « Du Rhône au Léman, les Alpes pour trait d’union ? ». J’y allais pour connaître les dernières avancées du développement du Sillon Alpin, la mégalopole qui vient entre Genève et Valence : j’ai été assez déçu à ce niveau-là. En revanche, j’ai été sacrément impressionné par la grossièreté du simulacre. Voilà, comme on dit à la télé, le best-of du pire de la démocratie participative.

  • Safar donne sa langue au tchat La démocratie participative numérique, c’est bidon

Pour la Ville de Grenoble, la « démocratie participative » est un leitmotiv qui lui permet de légitimer ses décisions. L’important n’est pas que les Grenoblois fassent des choix de société pour leur quotidien mais qu’ils aient l’illusion de participer. Cette fois ci, ça se passe sur internet : Jerôme Safar, adjoint aux finances et à la sécurité, tchatte en direct avec des internautes. Si l’élu s’est félicité de cet exercice, Le Postillon vous raconte cet échec. 40% des questions ayant en fait été posées par deux farceurs voulant tester l’intérêt de l’exercice.

  • « On ne contrôle pas l’amour, c’est pour ça que c’est variable. » Tribunal correctionnel de Grenoble, mardi 31 janvier.
  • Georgette

Georgette a 87 ans, des cheveux blonds qui lui tombent jusqu’au milieu du dos, toujours vêtue de son peignoir rose pâle et de ses chaussettes de ski vertes. Dès que je passe le pas de sa porte, Georgette me parle de ses rhumatismes, de son mal de tête, de ses jambes qui ne la portent plus et de son nez qui saigne chaque fois qu’elle tente de se moucher. Depuis que j’ai commencé ce travail d’aide à domicile, j’entends toutes sortes d’histoires et j’en vois. Je suis le témoin, le déversoir, l’oreille attentive des vieux chez qui je me rends chaque semaine. (...)

  • Nos amis les journalistes Reportage animalier

Parmi toutes les espèces qui peuplent les villes de notre monde occidental, les journalistes en sont assurément une des plus singulières. Si l’on entend beaucoup parler de lui, on ne sait pas grand chose de sa manière de vivre, ses habitudes, ses mœurs, ses relations. Fin janvier, notre reporter animalier a profité du Forum Libération 2012, réunissant comme d’habitude un grand troupeau de journalistes, pour tenter de saisir rites et habitudes de cette espèce fascinante. Compte-rendu photographique à la MC2.

  • Dans les archives du Postillon

Profitant de l’absence renouvelée de Père Castor, nous avons exhumé quelques passages savoureux du Postillon de l’Isère, première version de notre journal ayant existé entre mai 1885 et mai 1886. Ces quelques morceaux choisis permettront au lecteur de se faire une vague idée de l’époque et – pourquoi pas ? – de rire un peu.

  • Une page bande-dessinnée Le quotidien d’une ouvrière sicilienne dans les années 30 à Grenoble. episode 1.

Le Postillon N°15

Qui a dit que Le Postillon, ce "torchon de luxe" nous rappelait "des périodes troubles de notre histoire" ?

Au sommaire : Les soviets, plus les magasins

Le communisme est-il soluble dans les galeries commerciales ?

« Elle habite quelque part, dans une banlieue rouge, mais elle vit nulle part, y’a jamais rien qui bouge ». Depuis l’écriture de cette chanson en 1981, les temps ont changé. Non seulement la société a eu Renaud, qui a noyé sa plume dans l’alcool et la dépression ; mais surtout, dans les banlieues rouges « y’a » plein de choses qui bougent. En matière de banlieue rouge, l’agglomération grenobloise est plutôt bien lotie avec trois communes dirigées par le parti communiste totalisant près de 100 000 habitants. Loin de l’immobilisme, ces communes sont en plein chambardement, à coups de projets urbains plus ou moins démesurés. Le plus emblématique d’entre eux est certainement le projet de la mairie de Saint-Martin-d’Hères d’une méga-galerie commerciale - d’une taille comparable à celle de Grand’Place - à la place des anciennes usines Neyrpic. Au niveau national, le parti communiste revient sur le devant de la scène médiatique, porté par la vague Mélenchon pour qui « le torrent révolutionnaire est sorti de son lit ». Au niveau local, les pouvoirs communistes promeuvent des galeries commerciales. Frappé par ce paradoxe, notre reporter a voulu en savoir plus et est parti à la rencontre des promoteurs, des opposants et des voisins de ce futur gigantesque espace marchand.

Eve : une tentative de putsch avortée

C’est une histoire d’association étudiante. Une assemblée générale tendue, un syndicat étudiant, l’Unef, désirant être éternellement majoritaire, une tentative de putsch, un contre-putsch, etc. Au premier abord rien de très intéressant pour les Grenoblois n’ayant jamais connu le campus, ou l’ayant quitté depuis longtemps. Mais en fait cette affaire nous concerne tous. Tout d’abord parce que la salle Eve (Espace de Vie Etudiante), même si elle est implantée sur le campus, est une des principales salles associatives de la cuvette et qu’elle a déjà dépanné nombre de groupes à la recherche d’un espace. Mais aussi parce que certains anciens militants de l’Unef sont aujourd’hui adjoints à la mairie (Jérôme Safar, Hélène Vincent, Laure Masson, etc) et ont su tirer profit de leurs méthodes militantes de jeunesse pour aujourd’hui gérer la ville. Observons un peu comment agissent leurs potentiels successeurs.

Grenoble : les naufragés de Tripoli

Ils sont Soudanais, Erythréens et Somaliens. Persécutés, ils ont quitté leur pays pour travailler en Libye. Jusqu’à ce que les bombardements de l’Otan au printemps 2011 et la chute du régime de Kadhafi les poussent une nouvelle fois à l’exil. Une trentaine d’entre eux a vécu à Grenoble dans un squat insalubre à deux pas de la préfecture avant d’occuper un immeuble vide à Fontaine. Tous ont fait une demande d’asile avec l’espoir d’obtenir le statut de réfugié pour rester en France. Un statut que très peu d’entre eux ont obtenu, l’État faisant tout pour les mettre dans une situation administrative inextricable. Rencontre avec ces demandeurs d’asile et notamment Adams qui a accepté de raconter son parcours. Pour comprendre les imbroglios administratifs, on est aussi allé interviewer l’ADA, une association qui aide ces migrants.

Pierre et René

Big Brother a aussi des oreilles

Le « torchon de luxe » répond à Fioraso

Rompant avec les habitudes des notables locaux qui réagissent aux écrits du Postillon uniquement par l’indifférence, la multi-mandatée Geneviève Fioraso s’est fendue d’un billet sur son blog (le 20/02/2012) pour répondre à l’article qui lui était consacré dans le dernier numéro du Postillon. Nous ne résistons pas au plaisir de vous faire lire sa prose, entrecoupée de nos commentaires.

Varces au parloir

Visite à la maison d’arrêt A la maison d’arrêt de Varces le parloir est l’un des rares liens que les prisonniers ont avec le monde extérieur. Une proche de détenu témoigne.

Père Castor, raconte-nous une histoire de Grenoble ! La guerre des Boutons Grenoble, 1906. Il y a un an que la Confédération Générale du Travail, alors anarcho-syndicaliste et révolutionnaire, est majoritaire à la Bourse du Travail. Depuis le début de l’année, elle mène une vigoureuse campagne pour la journée de 8 heures. Pour la première fois à Grenoble, le 1er mai a été chômé, et les manifestants ont obligé les commerçants à fermer leur enseigne. C’est dans ce contexte, vers la fin de l’été, que Grenoble va connaître les grèves et manifestations ouvrières les plus violentes de son histoire.

Une Bande-dessinée : Le passé ouvrier à Grenoble, épisode 2 : l’antifascisme en 1934.

Et une brassée de brèves et dessins

Le Postillon N°16

 

Au sommaire :

  • La Métro pète un câble

Un téléphérique entre Grenoble et le Vercors

On ne peut pas être contre. Le projet de téléphérique entre l’agglomération grenobloise et le Vercors est un projet incritiquable car il est « écologique », « innovant », « mobilité durable » et tout le tintouin. Tout le monde - ou presque - le défend, de l’UMP à Europe-Ecologie-Les Verts, en passant évidemment par Le Daubé. Faut-il donc être maladivement « anti-tout » pour le critiquer ? Réponses dans ce papier où l’avis des habitants du plateau côtoie des réflexions sur la nouvelle religion de la mobilité.

  • Le business du saccage de la montagne

Avis aux investisseurs : à défaut d’être un mode de transport « écologique », le transport par câble, et en général le domaine de l’aménagement de la montagne, sont des secteurs en pleine expansion où votre argent ne pourra que fructifier. Pour s’en rendre compte, il suffisait d’aller au Salon de l’Aménagement durable de la Montagne (SAM), organisé fin avril dernier à Grenoble. Une balade au milieu des stands de ce « plus grand salon accueilli par Alpexpo » permettait de se rendre compte que le business de la rentabilisation de la montagne se porte très bien (1).

  • Les lopins des prolos

Reportage photo sur les jardins ouvriers de Saint-Martin-d’Hères

Aujourd’hui en France il existe environ 150 000 « jardins familiaux » pour une superficie de 45 000 hectares. À Grenoble et dans son agglomération, on recense dix-huit terrains dédiés aux jardins ouvriers dont la moitié située en bord de voie ferrée ou de la rocade. Ils sont majoritairement gérés par des collectivités locales, mais aussi par quelques propriétaires privés qui louent souvent à l’année une parcelle pour 50 à 100 euros. Les listes d’attente pour obtenir son lopin de terre peuvent atteindre plusieurs années. Retour aux sources pour certains, lieux de repos et d’évasion après une journée de boulot pour d’autres ou encore complément alimentaire pour des retraités, les jardins ne sont jamais dénommés « familiaux » mais toujours « ouvriers » par leurs locataires. On a ramené notre fraise du côté du quartier Chamberton à Saint-Martin-d’Hères, à quelques mètres de la voie ferrée où existent encore les vieux jardins créés sauvagement il y a 40 ans, depuis légalisés, qui côtoient d’autres parcelles flambants neuves installées par la municipalité. Portraits.

  • Foirade à l’Esplanade

Des habitants désemparés face à une mairie sourde et muette

Le réaménagement de l’Esplanade, quartier situé au pied de la Bastille, est un des projets urbains phares de la municipalité pour améliorer la vitrine de Grenoble, c’est-à-dire pour bâtir une métropole attractive. Dans cette logique, l’avis des habitants importe peu. Rencontre avec certains d’entre eux, remontés contre la façon de faire de la Mairie.

  • Micro-trottoir à France 3

Au Postillon, on a beaucoup critiqué certaines pratiques médiatiques locales mais on s’était rarement approché d’un « vrai journaliste », de peur de se faire mordre. Cette fois-ci, notre reporter animalier a pris son courage à deux mains, direction France 3 Rhône-Alpes pour un rendez-vous avec un journaliste de la chaîne. Il voulait en savoir plus sur la presse locale grenobloise et son fonctionnement. Comment travaillent ceux qui détiennent une carte de presse, celle qui accorde une certaine légitimité, qui ouvre la porte des buffets des conseils municipaux et de la préfecture et qui permet de côtoyer l’élite politique et économique locale ? Pourquoi sont-ils si sensibles à la critique ? François Ollier, 23 ans d’expérience dans la profession, a accepté de répondre au Postillon. Il est l’un des cinq secrétaires généraux du SNJ (Syndicat national des journalistes) de l’Hexagone. Finalement, l’entretien s’est bien passé : il n’a pas mordu notre valeureux grand reporter. On lui avait proposé de témoigner anonymement pour en savoir un peu plus, il a refusé. On a quand même appris des choses sur le petit milieu politico-médiatique. Voilà ce que l’on a retenu des deux heures d’interview qui se sont transformées en discussion.

  • Rien ne va PLU

Amis élus, amis promoteurs, amis architectes, Chacun sait qu’il est parfois très compliqué, pour les bâtisseurs que vous êtes, de mener vos projets à bien en suivant scrupuleusement les différents règlements qui s’imposent en matière d’urbanisme. Pour le bien de tous, il faut souvent faire preuve d’habileté et de ruse pour construire la ville de demain dont tout le monde rêve. Mais nombre d’entre vous peinent souvent devant de petits problèmes techniques. Voici donc quelques trucs et astuces pour les contourner.

  • Ana
  • Fioraso, ministre de la fuite en avant technologique

Comme l’exposait le portrait que nous lui avions tiré dans le numéro quatorze du Postillon, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, n’a pas le temps de penser car elle ne fait que se dépenser, de réunion en comité de pilotage, de déjeuner d’affaires en conseil d’administration. Parmi ses multiples activités, cet article évoquait son activisme promotionnel en faveur de la biologie de synthèse – la dernière épouvante issue des laboratoires. Au moment de la publication du papier, Fioraso n’avait pas encore remis son rapport parlementaire sur le sujet. Depuis, son pavé, rédigé pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a été publié : 225 pages de textes et 429 pages d’annexes, des voyages un peu partout dans le monde occidental (États-Unis, Canada, Allemagne, Italie, etc), 160 personnes rencontrées dont des membres du FBI américain. Pour quel résultat ? Un plaidoyer pour une énième fuite en avant technologique et des recommandations pour échapper à la contestation, en évitant les erreurs des OGM et des nanotechnologies. Notre vulgarisateur scientifique a survécu à la lecture de ce copieux rapport et vous livre ici une petite « synthèse » critique.

Le Postillon N°17

 

Au sommaire :

  • « Je m’en foutais du fond, j’étais obsédé par la forme et comment gagner ma vie avec le journalisme »

Entretien avec Léo, ancien journaliste dans une agence de presse grenobloise.

« Mais pourquoi vous n’essayez pas de vivre du journalisme plutôt que de vous crever à faire ce journal ? ». C’est une question qu’on nous pose souvent, au Postillon. A chaque fois, on explique que de nos jours il est très dur de vivre du journalisme sans avaler des couleuvres quotidiennement et qu’on préfère s’attacher au sens plutôt qu’à la rentabilité. Pour se convaincre de cette évidence, rien ne vaut une discussion avec un ancien gratte-papier grenoblois, Léo, qui a tout fait pendant cinq ans pour vivre du journalisme. Il nous raconte ici les réalités de son ancien métier, ce qu’il en a tiré et quelques amusantes anecdotes grenobloises.

  • Coup de vent sur mistral

Imposante et massive, du haut de ses 10 étages, elle dominait le parc Bachelard et l’A480 et faisait face au massif du Vercors. Au mois de septembre 2012, la dernière des quatre barres d’immeuble « Strauss » du quartier Mistral a disparu dans les gravas. Le quartier, d’à peine 3000 habitants, est enclavé entre l’autoroute, sa bretelle d’accès et l’avenue Rhin et Danube. En se baladant à l’intérieur il n’est pas si facile de rencontrer des gens prets à parler de leur quartier. Mistral vit au rythme des démolitions et des constructions depuis des dizaines d’années dans le cadre de « réhabilitations », terme technique cher aux politiques. Avec la destruction des tours Strauss, c’est un pan de l’histoire du quartier qui se tourne. On a voulu savoir comment avaient été relogés les derniers habitants de la barre.

  • Vendre la Bastille

Comment tirer le plus de profit possible d’un site naturel ?

La Bastille aurait pu rester un charmant site sauvage à deux pas du centre-ville de Grenoble. Mais dès 1934, en installant un des premiers téléphériques urbains au monde sur cette petite colline fortifiée, les élites grenobloises ont voulu s’en servir pour vendre leur ville aux touristes et aux investisseurs. L’image étant depuis des dizaines d’années sur toutes les cartes postales, il a fallu trouver un autre moyen de tirer profit de cet espace naturel. C’est là qu’intervient Michel Lambert...

  • Dans l’aile du château / reportage photos

Avec Lenny dans les contreforts de la Bastille.

Il y a tout juste quelques mois, au pied de la via ferrata, des gens vivaient dans de petites grottes. C’est là que Lenny avait trouvé refuge. Depuis son antre, où il avait installé son lit, ses fauteuils et son étagère remplie de bouquins, Lenny voyait passer les acrobates du dimanche. à la mi-septembre les cavités, dont la sienne, ont été murées pour « sécuriser la voie » comme disent les autorités. Et Lenny a déménagé quelque part dans les murailles de la Bastille.

  • Bastille 2014 : nos propositions

Une fois n’est pas coutume, Le Postillon se surprend à être constructif. Cette fois-ci nous ne nous arrêtons pas à la critique de l’évolution de la Bastille et des ambitions mégalomanes de son directeur. Nous proposons un projet pour l’avenir, issu de nombreux comités de pilotage organisés au sein de notre rédaction. Après une dernière réunion de coordination lors d’une nuit passée à la belle étoile à la Bastille, nous présentons ici à la presse et aux Grenoblois l’avancée de nos travaux. Ce plan a le mérite de la simplicité car il tient en une phrase : fermer le téléphérique et la route d’accès empruntée par les voitures au départ de la Tronche. Mais derrière cette apparente sobriété se cache un plan de développement cohérent que nous allons vous exposer.

  • Quand les poubelles puent le Kafka

Un reportage dans le sud grésivaudan où les habitants ont maintenant la chance d’avoir des Moloks et des cartes à puces.

Savez-vous que chez vous, prochainement, votre mode de gestion de la collecte et du traitement des déchets devrait changer et passer sous la coupe de la « redevance incitative » ? Moi, je ne le savais pas. Alors quand un ami m’a expliqué que ce système est déjà mis en place à quarante kilomètres de Grenoble, que là-bas des « brigades vertes » fouillent les poubelles pour trouver les noms des mauvais « écocitoyens », que des habitants reçoivent des lettres leur reprochant de ne pas jeter assez de poubelles (et que c’est donc louche), forcément ça a piqué ma curiosité. J’ai donc pris mon vélo pour partir à la rencontre des moloks, des bons et des mauvais « écocitoyens ».

  • Mine de rien

Que devient la Motte-d’Aveillans, ancien village minier du plateau Matheysin ?

À quelques dizaines de kilomètres de Grenoble, le plateau matheysin a longtemps vécu au rythme du travail des gueules noires jusqu’à la fermeture en 1997 du Villaret, la dernière mine. Pendant deux siècles l’exploitation des gisements de charbon a accompagné la révolution industrielle. En Matheysine, la plus ancienne mine, fermée en 1956, se trouvait sur la commune de la Motte-d’Aveillans. C’est là qu’on est allé se balader à la rencontre de quelques habitants. Lucien, ancien mineur et Gabriel, enfant du plateau et jeune patron de bar nous ont causé du monde ouvrier et de l’évolution du village. Un petit séjour loin des centres de recherches en technologies en tout genre, de la pollution et de la densification à outrance de Grenoble qui alimentent journaux et conversations de comptoirs de la cuvette.

Pour nous écrire :

46 bis rue d’Alembert, 38000 Grenoble

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Le Postillon N°18

Au sommaire :

  • André Vallini, le Grand Promoteur inutile

Autoroute A51, Center parcs, Minatec, Rocade Nord, mépris des travailleurs

Notre pays est en crise économique, notre taux de croissance est au point mort. Heureusement aux plus hauts sommets de l’État règne une caste qui fait tout pour sauver l’essentiel, à savoir notre PIB et le moral des entrepreneurs. Cette caste, c’est celle des Grands Promoteurs inutiles, ceux qui veulent relancer l’économie en mêlant austérité budgétaire, rigueur sociale et défense des grands projets inutiles, du TGV Lyon-Turin au TGV Sud-Ouest, en passant par l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Le département de l’Isère a la chance de disposer d’un spécimen éminent de cette caste en la personne du socialiste André Vallini, sénateur et président du conseil général, ancien député, maire de Tullins et conseiller régional. Tout à son inutilité depuis qu’il n’a pas été nommé ministre en mai dernier, il vient récemment de frapper un grand coup en relançant l’autoroute A51 censée relier Grenoble à Sisteron.

Auparavant il s’était déjà illustré dans le domaine des Grands Projets inutiles en se portant maître d’œuvre de Minatec, premier pôle européen pour les nanotechnologies, en se démenant pour faire aboutir la Rocade nord ou en militant activement pour transformer la forêt des Chambarans en un parc à touristes nommé Center Parcs.

Il est certain qu’on ne naît pas Grand Promoteur inutile. Alors comment le devient-on ? Quelles sont les mœurs de cette caste ? Quels liens tissent ses membres avec les autres membres de la société ? À travers la vie et l’œuvre d’André Vallini, partons à la découverte de cette espèce malheureusement loin d’être en voie de disparition.

  • Rez-de-chaussée Vercors - reportage photos

« Michel, tu crois que je pourrais passer une journée avec toi pour voir ce que c’est que ton métier ?

- Mais bien sûr, y a pas de problème, tu reviens quand tu veux. »

C’est qu’avec Michel il semble n’y avoir jamais de problème.

« Ben, merci Michel.

- Mais y a pas de problème ! »

Au début, j’avais l’intention de rencontrer plusieurs de ces énigmatiques personnages qui vivent dans leur loge en milieu urbain, qui tendent à disparaître et dont tout le monde se contrefout sauf certains habitants et une poignée de facteurs : les concierges. J’espérais qu’ils me raconteraient un peu de leur quotidien, chacun à leur manière. Mais ça ne s’est pas déroulé comme ça. Des loges sont restées fermées à mon arrivée, d’autres étaient définitivement abandonnées. Certains concierges ne voulaient pas témoigner, d’autres ont accepté, mais si peu. J’ai rappelé Michel.

« Mercredi, je peux venir dès que tu commences, à 7h du mat ? »

- Mais oui, y a pas de problème ! »

Les yeux encore ensommeillés, j’ai retrouvé le concierge au pied de cette immense et affreuse tour construite en 1965 qui surplombe le quartier de l’Île Verte : la tour Vercors. Et tant pis pour les jolies loges en bois drapées d’un rideau des années 60 que l’on trouve encore dans les immeubles bourgeois du centre-ville.

  • Pourquoi il a déserté son emploi de cadre informatique

Les politiques locaux et nationaux répètent en boucle que la « priorité des priorités », c’est « l’emploi, l’emploi et l’emploi ». Une religion qui ne questionne jamais le sens de ces emplois, les dégâts qu’ils créent, la société qu’ils produisent. À l’heure de la « réindustrialisation », la remise en cause radicale de notre mode de vie est loin d’être à l’ordre du jour.Pourtant, même à l’intérieur des entreprises de nouvelles technologies, censées représenter l’avenir de Grenoble et du monde, certains n’arrivent plus à applaudir à ce qu’on leur fait faire contre un salaire. Et vont jusqu’à déserter cette « mine d’or ».

Pierre Raffenot bossait dans une des grosses boîtes d’informatique de la région grenobloise, Atos Origin. Il était cadre supérieur, en charge avec son équipe de la partie logiciel de la mise en place des fameux compteurs Linky (voir Le Postillon n°10). Pourtant à quarante-deux ans, il a tout plaqué et a profité de sa période de chômage pour monter une revue critique de « l’ordre technolâtre ». Il nous raconte sa désertion.

  • Caf toujours, tu m’intéresses

Encore une grève qui passe inaperçue dans les médias. Depuis le 9 octobre, des syndicats de la Caisse d’allocations familiales de l’Isère ont déposé un préavis de grève (débrayage d’une petite heure) tous les jeudis, reconductible jusqu’à la fin de l’année. À ce jour - 3 décembre -, pas l’ombre d’un entrefilet dans Le Daubé.

Les salariés de l’organisme subissent une dégradation de leurs conditions de travail et les usagers font face aux complexifications de la législation. Selon le rapport d’activité 2011 de la Caf Isère, le département compte 216 000 allocataires qui permettent de couvrir 610 000 personnes. Ce qui signifie que plus de la moitié de la population iséroise bénéficie de prestations sociales. Pendant ce temps-là, devant les Caf, les files d’attente s’allongent.

Pour essayer de comprendre les raisons de cette grève, Le Postillon a envoyé son reporter de guerre au Cégetistan, un territoire défendu par de furieuses syndicalistes, celles-là même qui grognent et prennent en otage régulièrement notre douce France.

  • Panique au conseil municipal : des habitants entrent dans la mairie

Récit et photos d’une manifestation du collectif pour un chauffage urbain juste et solidaire devant la mairie de Grenoble, le 19 novembre 2012.

  • Vends biodiversité pour grands chantiers dans le massif de Belledonne et dans la vallée de la romanche

Il se forme ces temps-ci dans les Alpes un véritable marché de l’hectare de réserve naturelle, permettant aux différents géants du bulldozer de s’échanger des coins de forêts pour pouvoir en dévaster d’autres, selon la logique suivante : je vous coupe une main, mais je vous en restitue immédiatement une autre semblable, dans le dos : ainsi, vous êtes contents, vous n’êtes pas lésés. La technocratie dénomme cette nouvelle mode « les mesures de compensation de biodiversité ».

Le Postillon vous propose deux balades - la première à Combe Madame, au cœur du massif de Belledonne, et dans la vallée de la Romanche – pour comprendre comment le géant électricien EDF tente de rentabiliser des zones montagnardes inutilisées en les transformant en « réservoirs de biodiversité ».

Pour nous écrire :

Le Postillon 46 bis rue d’Alembert 38000 Grenoble lepostillon /chez/ yahoo.fr

Le Postillon N°19

Au sommaire :

  • Enquête à Corenc, au cœur du ghetto

Dans notre agglomération, des quartiers font régulièrement la une de certains classements nationaux. La mixité sociale y est très faible, ces endroits offrant une concentration des plus malsaines où le communautarisme fait des ravages. Le vivre-ensemble se porte au plus mal, chacun restant cloîtré dans son chez-soi. Une grande partie des espaces sont privatisés pour des sommes records. Ici, tout le monde n’est pas le bienvenu. La sélection est impitoyable et se fait sur un critère hautement discriminatoire : l’argent. Ces endroits s’appellent Corenc, Biviers, Saint-Ismier, Montbonnot-Saint-Martin, Meylan-le-haut ou les hauts de La Tronche, et sont tous situés sur la rive droite du Grésivaudan. Selon Bernard Pecqueur, ancien conseiller municipal PS de Grenoble, ces quartiers vivent sous le joug de la « tyrannie de la réussite » : « les pauvres laissent la place aux riches » (Le Daubé, 04/06/2002). Qu’il est loin le temps de l’utopie initiale ! Quand ces coteaux servaient avant tout à des activités agricoles, que les nombreuses vignes produisaient en abondance du vin directement vendu à Grenoble. Aujourd’hui, les derniers paysans sont en voie de disparition et les seuls arbres plantés sont des haies de lauriers bouchant la vue sur les jardins privés. La crainte de la mauvaise récolte a été remplacée par celle de voir un logement social se construire près de chez soi. Pour contrer le silence médiatique autour de ces ghettos, notre reporter a enfilé son plus beau manteau de fourrure et pris son courage à deux mains pour braver le danger des 4x4 frôlant les piétons et autres incivilités. Il s’est immergé à Corenc, au cœur de ces zones de droit du fric pour réaliser une enquête exclusive sur ces quartiers qui défrayent la chronique.

  • Hélène et les Picodons / reportage photos

On vient y boire un café, siroter un petit blanc ou un verre de lait, s’enfiler un demi, rêvasser, fomenter un coup tordu, tendre l’oreille, feuilleter les pages ineptes d’un quotidien local, zieuter à travers la vitre, déprimer dans son coin, griffonner quelques lignes sur un bout de papier, draguer le patron et la tenancière, se faire emmerder par le client d’à côté, croiser des gueules usées par le temps, se taper un fou rire, s’engueuler pour un rien ou se confier à un ami : au bistrot on y vient par habitude, par alcoolisme, par hasard, par la porte de derrière ou tout simplement pour prendre l’air. À l’heure où les bars de quartier tendent à se raréfier au profit d’enseignes franchisées, on est allé poser notre coude sur le zinc du Picodon. Hélène, la patronne au caractère bien trempé nous a accueillis dans ce petit bar qui ne paie pas de mine. Du moins de l’extérieur. Ici, Sammy et Bambou, les deux chiens, dorment auprès d’un poêle à pétrole ou dans les bras d’un énorme nounours et les pourboires servent à payer leur toilettage. Des plantes vertes en pagaille et des romans éclectiques calés sur une étagère ont trouvé refuge dans ce petit bistrot. Un calendrier d’éphèbes musclés en côtoie un autre de femmes dénudées. C’est le monde d’Hélène et celui qu’elle a bien voulu nous conter : « C’est pas Hélène et les garçons, hein, c’est Hélène et le Picodon ! »

  • « Ce n’est pas parce qu’on reçoit de l’argent d’une institution qu’on y est inféodé »

Il paraît que Grenoble est la « ville de la jeunesse ». Le service communication de la ville travaille en tous cas activement à imposer cette idée. En deux mois, pas moins de trois « grands » événements, tous organisés à la MC2, ont tenté de transformer cette dénomination médiatique en une évidence : les assises régionales de la jeunesse, les vœux de François Hollande à la jeunesse, et le Forum Libération organisé sur le thème : « Jeunes, débattez-vous ! ». Au passage, la municipalité tenta évidemment de vendre sa « politique jeunesse » avec vigueur. Une « politique jeunesse » qui ne fait pas l’unanimité, notamment du côte des Maisons des jeunes et de la culture (MJC), dont plusieurs sont en difficulté depuis de nombreuses années. Guy Tuscher était minot quand il a commencé à s’investir dans les MJC dans la région parisienne. Après une coupure de trente ans, il a replongé quand ses enfants se sont mis à fréquenter celle de son quartier Berriat : la MJC Parmentier. Il est rentré au conseil d’administration, puis en est devenu président, avant de passer la main. Il est aujourd’hui président de l’union locale des MJC de Grenoble, qui fédère les huit MJC de la ville. « Mon activité est bénévole, je ne risque pas de perdre mon boulot, ce qui me donne une liberté agréable : celle de pouvoir dire ce que je pense ». Néanmoins, il s’exprime ici en son seul nom, ce qui n’enlève rien à l’intérêt de son témoignage.

  • « J’avais pas de boulot, j’ai pris ce qu’il y avait »

Ils garent leur utilitaire comme ils peuvent, parfois à l’arrache sur un bout de trottoir. Sortent leurs seaux, balais, serpillières et autres produits d’entretien, puis s’engouffrent dans les halls d’immeubles. Nettoient et récurent. Sortent et rentrent les poubelles. Et repartent sur un autre « chantier », le plus vite possible pour terminer leur « tournée ». Quasiment invisibles. Ce sont les ouvriers des entreprises de nettoyage. Un secteur florissant dont le nombre d’entreprises a doublé ces quinze dernières années. L’Isère comptait en 2010 plus de 340 entreprises qui employaient 8 700 personnes. Alors, quand on a rencontré par hasard Nicolas -que l’on appellera Gaspard pour préserver son anonymat- qui pestait contre son patron et tenait absolument à nous raconter ses conditions de travail, on n’a pas hésité. Gaspard a arrêté l’école en cinquième pour des raisons familiales. Il a enchaîné des petits boulots en intérim et a décroché quelques CDD dans des grandes surfaces. Aujourd’hui, à 30 ans, il travaille pour une entreprise de nettoyage de l’agglomération grenobloise.

  • « Je voudrais que le conseil réfléchisse une seconde... »

Audience de jugement des Prud’hommes. Grenoble, janvier 2013.

  • Alfred Rolland, la Résistance en riant

Ce papier est né d’un petit désir personnel : passer un moment avec un ancien Résistant, un vrai, un de la dernière guerre mondiale. Il se trouve logiquement que plus le temps passait, plus la réalisation de ce désir allait devenir compliquée, les forces alliées ayant triomphé il y a près de soixante-dix ans et les Résistants ne l’étant pas éternellement. Alors j’ai fini par me décider à abandonner l’actualité, et à partir en quête d’un ancien Résistant grenoblois avec qui taper la causette. Si évoquer la Résistance à Grenoble, ville « compagnon de la Libération » est sans doute un sujet tarte-à-la-crème, j’ai décidé d’assumer ma gourmandise.

  • Et des brèves à foison

- Grenoble, la ville qui formate son histoire

C’est officiel, la campagne des municipales de 2014 vient d’être lancée. Destot et Safar s’offrent en effet une très belle campagne de propagande pour leur équipe municipale PS-Modem à travers l’opération Grenoble Factory. Tout ça aux frais du contribuable, pour le plus grand malheur de l’UMP qui aurait tellement aimé faire pareil. L’opération est d’autant plus astucieuse qu’elle se déroule du 31 janvier au 28 février, alors qu’à partir du 1er mars, le financement d’une telle campagne vantant les actions de la municipalité aurait du être intégrée dans les comptes de campagne du P.S. pour 2014. (...)

- Le Postillon sondé par la ville de Grenoble ?

Le 14 janvier 2013, on a reçu un heureux coup de fil à la rédaction. « Vous avez cinq minutes à m’accorder ? C’est pour un sondage sur les élections locales.

- Oui, oui. Et qui est-ce qui l’a commandé ?

- La ville de Grenoble. (...)

Pour nous écrire :

Le Postillon. 46 bis, rue d’Alembert 38000 Grenoble. lepostillon /chez/ yahoo.fr

 

Le Postillon N°20

Au sommaire :

L’âme meurtrie de Mistral

Au Postillon, quand on parle des « quartiers » de Grenoble, c’est généralement, et toujours à raison, pour dire du mal de certaines actions de la mairie ou de la police. Oui mais voilà, il a fallu douloureusement nous rendre à l’évidence : il n’y a pas qu’eux qui pourrissent la vie des habitants de ces cités. Cela fait plusieurs mois que des lecteurs témoignent de ce qui se passe dans le quartier Mistral, à savoir le développement de ce que beaucoup comparent à un système mafieux. Parce que face à l’omerta souvent rencontrée là-bas, nous pensons qu’il est important de parler de ce problème ; nous avons donc décidé d’essayer de le prendre à bras-le-corps. Après avoir passé du temps dans la cité Mistral, ce papier tente de décrire – forcément subjectivement, mais avec le maximum de justesse - les enjeux planant dans le quartier.

Le distributeur automa-shit. Encore une innovation grenobloise !

On répète sans arrêt - à raison ! - que Grenoble est une ville innovante. Mais pourquoi diable l’innovation devrait-elle se cantonner dans les quartiers nord de la ville ? Pourquoi la création de richesses, la recherche illimitée de profits devrait-elle se limiter aux laboratoires et centres de recherche de la Presqu’île scientifique :ou aux zones d’activités comme Innovallée ? Cette profonde injustice est en train d’être réparée : dans les quartiers sud aussi, on se veut à la pointe de la modernité. Le quartier Mistral, longtemps considéré comme perdu pour la cause de l’Innovation, vient de faire parler de lui pour un dispositif installé dernièrement au cœur du quartier : le « distributeur presque automatique de drogue », auquel Le Daubé (2/04/2013) a consacré une pleine page.

Menaces sur la protection de l’enfance + reportage bédé

Décidément, les échos nous parvenant du conseil général ne sont pas reluisants. Ainsi le témoignage anonyme qui suit raconte de l’intérieur la volonté de mise à mal de la protection de l’enfance par le conseil général et une partie du mal-être engendré sur ses salariés.

Le boxeur brocanteur / reportage photos

On va sans doute nous le reprocher : encore un reportage sur les vieux ! Et alors ? Au Postillon on aime bien les vieux et les vieilles. Parce qu’ils et elles sont la mémoire d’un quartier, d’un Grenoble d’antan où l’on ne triturait pas son portable frénétiquement dans le tramway, où les bagnoles n’avaient pas le monopole de la circulation, où les industries polluantes n’avaient pas encore été remplacées par les technologies modernes toutes autant polluantes. Parce que les vieux ça ne s’arrête jamais de parler et que c’est tellement plus simple de ne pas avoir à poser de questions quand on fait un journal. Parce que les vieux se plaignent sans cesse de leur mal de dos ou de pied et qu’on se dit que nous ne ferons pas de vieux os. Parce que les vieux des fois ça prend la tête. Parce que les vieux savent encore nous faire rire avec leurs intarissables anecdotes.

Lettre à toi, bibliothèque de Grenoble.« Passons en mode numérique » : une bibliothèque dans la poche... rien dans la tête !

Chère bibliothèque de Grenoble, Détrompe-toi : si je t’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour te parler de l’absence du Postillon dans les bibliothèques de Grenoble. D’abord car notre journal est maintenant, après plusieurs mois de suspense, présent à la bibliothèque d’étude et d’information, l’une de tes plus importantes têtes de réseau. Mais aussi parce que cette polémique commence à devenir lassante. Ce dont je souhaite te parler est autrement plus important car il s’agit de l’avenir de la lecture, de la presse et des livres.

Critique médiatique à deux roues

Grenews, que l’on ne présente plus, titre photo à l’appui : « À Grenoble, comment pédaler en sécurité ? » Les deux pages consacrées à ce « dossier » ont provoqué l’ire de certains cyclistes (1). Ne prenant en compte que deux points de vue institutionnels, celui de la mairie de Grenoble et celui de la préfecture, l’article tend à stigmatiser... les cyclistes. François, président d’uN p’Tit véLo dAnS La Tête démonte quelques-unes des âneries proférées dans ce papier.

Le micro tendu à Stmicro. À quand le renoncement productif ?

Qu’est ce qui se passe dans la tête d’employés d’entreprises polluantes et énergivores pour qui la croissance n’a pas de limite ? Quel sens donnent-ils à leur travail ? Les syndicalistes et les patrons défendent-ils ensemble la fuite en avant technologique ? Vaut-il mieux déserter ou militer à l’intérieur ? Sommes-nous condamnés à la course à l’emploi ? Discussion entre deux membres du Postillon et Marc et Philippe, tous deux ingénieurs à STMicroelectronics Grenoble et délégués CGT.

Si tu t’appelles mélancolie (Edito)

C’était il y a quatre ans. Tin lin lin [Sur l’air de l’Été indien de Joe Dassin]. Un jour où les gardes mobiles envahissaient le parc Paul Mistral et chargeaient des manifestants. Une odeur de merguez planait dans l’air. Les sonos syndicales crachaient leur musique. Tin lin lin lin lin tin lin lin. C’était un premier mai. Et le premier vendeur à la criée du Postillon brandissait le numéro zéro du journal, comme si rien ne pouvait le perturber. Pas même les coups de tonfa et encore moins les merguez. C’était une feuille de chou, à parution à l’improviste, diffusée chez à peine plus d’une poignée de buralistes, tirée à quelques centaines d’exemplaires. Tin lin lin tin lin lin.

 

Pour nous écrire : Le Postillon, 46 bis rue d’Alembert, 38000 Grenoble lepostillon/chez/yahoo.fr 04 76 21 46 45