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Les citations du thème « Internet & informatique »

La propriété intellectuelle est le pétrole du 21ème siècle. Regardez les 100 personnes les plus riches il y a un siècle ; elles ont toutes faite leur fortune sur l'extraction ou le transport de ressources naturelles. De nos jours, toutes les personnes riches ont gagné leur fortune en se basant sur la propriété intellectuelle.

Intellectual property is the oil of the 21 century. Look at the richest men a hundred years ago; they all made their money extracting natural resources or moving them around. All today’s richest men have made their money out of intellectual property.

Mark Getty, "Blood and Oil", The Economist (4 Mars 2000), p. 68
The Oil of the 21st Century
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Le cul est rentable. C'est ainsi depuis que le monde est monde et, pourtant, on l'oublie tout le temps. Enfin, quand je dis que le cul est rentable, entendez pour ceux qui le vendent. On verra peut-être un jour des hébergeurs malins poursuivis pour racolage ou proxénétisme. En 1996, The Industry Standard, un magazine américain qui traite de la nouvelle économie, estimait à cinquante-deux millions de dollars les revenus engendrés par le sexe sur l'Internet. Soit environ 10 % de tous les revenus générés par le commerce électronique cette année-là. Une autre étude* estime, quant à elle, que les sites pornographiques génèrent à eux seuls près de 70 % des revenus du commerce électronique. Difficile d'être très précis.

* M. Kavanagh, «Porn will continue to dominate Web revenue», Marketing Week, 27 mai 1999.

Confession d'un voleur, Laurent Chemla, Éditions Denoël, 2002

http://www.confessions-voleur.net/

En juin 2000, une chanteuse américaine assez célèbre (du moins auprès d'une catégorie d'âge à laquelle je n'ai plus le plaisir d'appartenir) a lu un long texte parlant des voleurs et des volés devant micros et caméras. Il était question des pirates - un terme qui regroupe trop facilement les industriels du piratage du Sud-Est asiatique et les particuliers qui s'échangent de la musique - qui volent les auteurs et les chanteurs.

[...]

Ce que dénonce en fait Courtney Love, ce sont les maisons de disques, pas l'Internet. Chiffres à l'appui, elle démontre qu'un groupe de rock, même célèbre, ne gagne pas d'argent lorsqu'il fait un disque. Au contraire, ses membres risquent d'être endettés à vie, sans même pouvoir se mettre en faillite personnelle, et surtout leur musique ne leur appartient pas, leurs producteurs gardent tout.

* Le texte de Courtney Love peut se lire sur http://www.salon.com/tech/feature/2000/06/14/love/print.html.

Confession d'un voleur, Laurent Chemla, Éditions Denoël, 2002 http://www.confessions-voleur.net/

Il est peut-être paradoxal que justement lorsque l'homme - dans l'acception la plus profonde - a cessé de croire dans sa propre autonomie, il ait commencé à faire confiance aux machines autonomes, c'est-à-dire à celles qui fonctionnent pendant de longues périodes uniquement sur la base de leurs propres réalités internes. Si sa confiance dans de telles machines se fonde sur autre chose que le parfait désespoir ou la foi aveugle, il devrait alors s'expliquer ce que font les machines et comment elles le font. Ceci exige qu'il se crée une certaine conception de leurs « réalités » internes. En outre, la plupart des gens ne comprennent absolument rien à l'informatique. C'est pourquoi, à moins qu'il soient capables d'un grand scepticisme (du genre que l'on éprouve en regardant un prestidigitateur), ils ne peuvent s'expliquer les prouesses intellectuelles de l'ordinateur qu'en les ramenant à l'unique analogie qui leur soit accessible c'est-à-dire leur propre manière de penser. Il n'est pas étonnant dans ces condtions qu'ils aient outrepassé les bornes ; […] . Je le répète, l'ordinateur ne représente qu'un cas extrême d'un phénomène beaucoup plus général. Même l'étendue de la signification donnée par le langage courant au mot « machine », aussi grande soit-elle, est insuffisante pour suggérer la généralité du phénomène. Car de nos jours, lorsqu'on parle disons de la bureaucratie ou de l'université ou de toute autre structure sociale au politique, l'image qui s'impose n'est que trop souvent analogue à celle d'un processus de machine autonome.

Puissance de l'ordinateur et raison le l'homme, du jugement au calcul Joseph Weizembaum, Éditions d'Informatique, 1981

L'ordinateur [...] a aidé les curieux à ouvrir la porte vers l'estpace extérieur et a sauvegardé certaines institutions sociales menacées d'éclater sous la pression d'une population en croissance rapide. Mais par là même, il a fermé des portes qui restaient encore ouvertes... [...] Il existe un mythe selon lequel les ordinateurs prennent aujourd'hui d'importantes décisions auparavant prises par leus hommes. Peut-être existe-t-il de tels cas ici ou là. Mais l'image largement répandue du manager tapant sur son terminal des questions du genre « Que dois-je faire maintenant ? » et attendant la décision de l'ordinateur et tout à fait erronée. Ce qui se passe, en revanche, c'est que le traitement des informations sur la base desquelles on doit prendre des décisions a été confié à des systèmes informatiques terriblement complexes. Sauf exception, les hommes se sont réservé le droit de prendre les décisions à partir des résultats de ces processus de traitement. Ils peuvent ainsi garder, ce qui n'est le plus souvent qu'une illusion, l'apanage de la prises des décisions. Mais [...] des systèmes informatiques n'acceptant que certains types de questions, n'admettant que certains types de « données » [...] ont effectivement fermé beaucoup d'ouvertures qui existaient avant leur mise en oeuvre.

Puissance de l'ordinateur et raisons de l'homme, Joseph Weizenbaum, 1976

Mais la meilleure métaphore s'est présentée le jour où Michael Faraday a découvert le premier ce qui arrivait quand on enroule un rouleau de câble autour d'un aimant et qu'on fait tourner l'aimant. Du courant circule dans un tel câble, mais nous ne nous demandons pas quelle est la motivation des électrons à quitter leur position initiale. Nous affirmons que le courant résulte d'une propriété émergente du système, que nous appelons l'induction. La question que nous nous posons est: « quelle est la résistance du câble ? ». Alors, la métaphore de Moglen, corollaire à la loi de Faraday, dit que si vous enroulez l'Internet autour de chaque personne de la planète, et que vous faites tourner la planète, le logiciel parcourt le réseau. C'est une propriété émergente des esprits humains connectés. Ils créent des choses pour le plaisir de l'autre, et pour surmonter la sensation désagréable d'être trop seul. La seule question à poser est: quelle est la résistance du réseau ? La métaphore de Moglen, corollaire à la loi de Ohm, dit que la résistance du réseau est directement proportionnelle à la force du champ du système de la « propriété intellectuelle ».

L'anarchisme triomphant: Le logiciel libre et la mort du copyright, Eben Moglen