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Françafrique

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Les citations du thème « Françafrique »

Du temps des entreprises coloniales on disait en Europe que les peuples du Tiers-Monde étaient primitifs, arriérés, barbares, non-civilisés, etc. Ce qui contribuait à transfigurer le processus brutal d'expropriation colonialiste en mission civilisatrice et humanitaire. [...] L'ordre établi tend à se justifier au nom d'une définition, généralement conçue comme universelle et éternelle, une essence métaphysique du Beau, du Bien, du Juste, du Sacré, du Vrai, du Normal, du Naturel, etc.

Alain Accardo, Introduction à une sociologie critique, éd Mascaret,1997

Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures [...]. La politique coloniale est fille de la politique industrielle.

Jules Ferry à l'Assemblée Nationale, le 25 juillet 1885

Je suis fier de l'oeuvre coloniale de la France. Il n'y a que les intello-gaucho-masochistes pour critiquer cela. C'est pourtant une image superbe de la France. Quand Jacques Médecin inaugure, à Nice à une place de l'Indochine, je dis qu'il à raison.

Jacques Chirac, Libération, 12/03/1988

La France, économiquement, n'a pas besoin de l'Afrique.

Nicolas Sarkozy en visite au Mali
cité par Le Figaro, 19 mai 2006
Plus de 20% du pétrole importée en France provient d'Afrique, plus de 60% de l'uranium consommée en France ; la France est le premier importateur européen de bois africain, etc. Pour qui doute de l'importance économique de l'Afrique pour la France, nous conseillons La Françafrique de François-Xavier Verschave, ou le spectacle Elf, la pompe Afrique de Nicolas Lambert (www.unpasdecote.org)...

Certes au temps où la colonisation était la seule voie qui permit de pénétrer des peuples repliés dans leur sommeil, nous fûmes des colonisateurs, et parfois impérieux et rudes. Mais au total, ce que nous avons, en tant que tels, accompli laisse un solde largement positif aux nations où nous l'avons fait.

Le général De Gaulle, président de la république française, 31/01/1964 Cité par Le Canard Enchaîné du 08/02/2006

Dans ces pays là, un génocide c'est pas trop important.

Déclaration faite par le Président François Mitterrand à l'un de ses proches au cours de l'été 1994, à propos du génocide des Tutsi au Rwanda. Propos rapportés par Patrick de Saint-Exupéry dans Le Figaro du 12/01/1998

Ce sont des Noirs, nous sommes des Blancs. Voilà pourquoi il ne faut pas intervenir.

déclaration de l'ancien ministre Alain Peyrefitte (UMP) à l'Assemblée nationale pendant le génocide. D'après Dominique Franche in Généalogie d'un génocide (page 7).

Chez les Africains, les massacres étaient une pratique habituelle qui ne pouvait être facilement éliminée.

Propos de Bruno Delaye, ancien responsable de la cellule africaine de l'Elysée, à l'historienne Alison Desforges, reproduit dans son livre Aucun témoin ne doit survivre. Propos relatés aussi dans le documentaire The Bloody Tricolor de Stephen Bradshaw, BBC, 1993.

J'ai du recevoir dans mon bureau, 400 assassins et 2000 trafiquants de drogue . On ne peut pas ne pas se salir les mains avec l'Afrique.

Bruno Delaye, ex-responsable de la cellule africaine de l'Elysée.
Le Figaro, 12/01/1998

Le nettoyage ethnique organisé par les Tutsis se révèle aussi brutal et organisé que le génocide perpétré par les Hutus.

Bernard Debré, ministre de la Coopération de novembre 1994. Le retour du mwami. la vrai histoire des génocides rwandais, Bernard Debré, Ramsay, 1998.

Pacification, mise en oeuvre des territoires, diffusion de l'enseignement, fondation d'une médecine moderne, création d'institutions administratives et juridiques, voilà autant de traces de cette oeuvre incontestable à laquelle la présence française a contribué non seulement en Afrique du Nord mais aussi sur tous les continents...A cet hommage que nous dictent le respect, l'admiration et la reconnaissance, nous joindrons aussi celui que nous devons à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué à la grandeur de notre pays en incarnant l'oeuvre civilisatrice de la France. Nous ne saurions oublier que ces soldats furent aussi des pionniers, des bâtisseurs, des administrateurs de talent qui mirent leur courage, leur capacité et leur coeur à construire des routes et des villages, à ouvrir des écoles, des dispensaires, des hôpitaux.

Jacques Chirac, président de la République Française en 1996, lors de l'inauguration, à Paris, d'un monument à la mémoire des victimes civiles et militiares françaises de la guerre d'Algérie. Cité par Le Canard Enchaîné, 08/02/2006

Ils sont joyeux, parce que les Africains sont joyeux par nature. Ils sont enthousiastes. Ils ont le sourire. Ils applaudissent. Ils sont contents. Ils voient qu'il y a un monsieur qui passe, cela leur permet d'être sur le bord de la route. Ils sont contents, bien !

Jacques Chirac, cité par Le Monde, 16/11/2004

Si six millions d'Israëliens pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des Tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et une Mésopopotamie africaine naîtrait sur les terres fertiles entrer Logone et le Chari. Qu'est ce à dire ? Que « les » Africains sont des incapables pauvres d'esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement.

Stephen Smith, Négrologie, 2004

Si on n'aide pas les Africains à gagner de l'argent par eux-mêmes, dans vingt-cinq ans, sur un milliard, ils ne seront que 250 millions à partager notre niveau de vie. Les autres continueront à colporter la misère et le sida.

Michel ROCARD , ex-premier ministre, cité dans Michel Rocard, un certain regret, de Sylvie Santini, Stock, 2005.

On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux. [...] on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'histoire de l'esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd'hui l'histoire coloniale comme une histoire uniquement négative. On n'enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d'exploitation, de domination, et de pillage. [...] on nous dit que l'équipe de France est adorée par tous parce qu'elle est « black blanc beur », en fait aujourd'hui elle est black black black ce qui fait ricaner toute l'Europe. [...] Je suis né à Paris, mais je suis fils d'immigrants polonais. Mon père a été déporté de France. Ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Mon père est revenu d'Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine: ce qu'il a fait à mes parents était beaucoup plus violent que ce qu'il a fait aux Africains. Qu'a-t-il fait aux Africains? Il ne lui a fait que du bien.

Alain Finkielkraut, écrivain, professeur au département Humanités et Sciences Sociales de l'Ecole Polytechnique quotidien israélien Haaretz, 24/11/2005

Plus d'une vingtaine de réseaux politiques, d'officines mafieuses, de filières occultes, se partagent aujourd'hui le gâteau africain. A peine 2 ou 3 % de l'aide publique française au développement sert à lutter contre la pauvreté. Depuis quarante ans, la politique française en Afrique vise uniquement à exploiter les ressources naturelles et géopolitiques des pays francophones. Les profits sont immenses. C'est pourquoi les armes importent peu : la corruption, le meurtre, la manipulation et la guerre. C'est le plus long scandale de la République. Aujourd'hui, plus aucune digue ne contient la folie de la Françafrique. Notre pays, soi-disant "patrie des droits de l'homme", a soutenu, au-delà de toute raison, les inspirateurs et les auteurs du génocide rwandais.

François-Xavier Verschave, La Françafrique, Stock, 1998.

Notre politique était très claire : c'était la défense des Régimes en place, pour éviter l'instabilité politique. C'était un rôle que nous avions à coeur, et nous avions comme instruction que tout se passe comme cela. Nous étions impliqués directement dans l'évolution de l'Afrique. Par conséquent j'avais des plein pouvoirs, y compris pour recommander la désignation de certaines personnes françaises et africaines. Il m'arrivait de dire à un chef d'Etat : « Là, vous avez autour de vous un gars qui ne vaut pas un clou, il faut l'éliminer, et je vous conseille de prendre celui-là ». C'est vrai que nous étions très directifs. C'est d'ailleurs pour cela que, en ce qui concerne le Gabon, on m'a surnommé le « chef du clan des Gabonais », parce qu'on m'a attribué l'affectation d'un certain nombre de personnages à tous les postes clés.

Maurice Robert, ex officier des services secrets français, ex diplomate au Gabon, ex responsable des activités de renseignement d'Elf en Afrique, ex bras droit de Jacques Foccart. Citation extraite de Elf, l'Afrique sous influence, documentaire de Jean-Michel MEURICE et Fabrizio CALVI, 2000, coproduction Arte France

L'Afrique est un paradis naturel de la cruauté [...]. Des africains se massacrent en masse, voire, - qu'on nous pardonne ! - se bouffent entre eux [...]. [Ils sont habités par un] refus d'entrer dans la modernité autrement qu'en passager[s] clandestin[s] ou en consommateur[s] vivant aux crochets du reste du monde.

Stephen Smith, Négrologie, Calmann-Lévy, 2002

Il faut bien que les dictateurs gagnent les élections, sinon ils n'en feront plus !

Jacques Chirac, interrogé hors micro sur l'évolution démocratique du continent africain.
Propos cités par Le Canard enchaîné du 28/07/1999
Cité par François-Xavier Verschave dans Noir Silence, Les arènes, 2000.

Tout le monde sait que pour obtenir le droit de chercher du pétrole, il faut payer en liquide. [...] Les moeurs de cette industrie n'ont rien à voir avec ce qui se pratique ailleurs. Les gens les plus rigoristes devraient en être conscients quand ils vont faire leur plein.

Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG D'Elf, protagoniste de L'affaire Elf. Entretien au Nouvel Observateur du 23/01/1997. Cité dans le livre Noir Silence .

- Dans une société pétrolière vous avez des consultants. Comme consultants, j'avais des anciens Ministres, même des Ministres en exercice, qui me trouvaient assez sympathiques.
- vous voulez dire que vous payiez des Ministres en exercice ?
- Bien sûr.
- C'est une pratique courante ?
- Tout à fait, tout à fait en Afrique.

Echange entre un journaliste et Robert Maloubier, ancien Directeur administratif d'Elf au Nigéria entre 1968 et 1970, ancien des services secrets français.
Extrait de Elf, l'Afrique sous influence, documentaire de Jean-Michel MEURICE et Fabrizio CALVI, 2000, coproduction Arte France.

- Quand il y avait des "pots de vin" à verser, on faisait une lettre à un responsable des douanes -il fallait bien transférer de l'argent !- pour expliquer quelle était la raison pour laquelle se faisait cette sortie et quel en était le bénéficiaire. Cette lettre était conservée au Ministères des Finances pour que le cas échéant Guillaumat [Président d'Elf à l'époque] ne soit pas accusé d'avoir détourné des fonds.
- Vous voulez dire que les pots de vin étaient enregistrés au Ministères des Finances ?
- Pas comme des pots de vin ! On disait que « pour la conclusion de tel marché nous étions obligé de verser à des intermédiaires une somme de tant ». C'était la vérité d'ailleurs : il fallait que monsieur Untel qui était Sénateur ou untel qui était Haut Fonctionnaire se fasse "graisser la patte". On appelait cela des commissions intermédiaires. Ça existe partout ! Ça existe toujours ! Quand vous vendez des avions, des chars, ça se passe toujours comme cela.

Pierre Desprairies, ancien Directeur des relations extérieures d'Elf Aquitaine entre 1967 et 1973.
Citation extraite de Elf, l'Afrique sous influence, documentaire de Jean-Michel MEURICE et Fabrizio CALVI, 2000, coproduction Arte France.

L'entreprise [Elf] avait pris beaucoup d'essor, notamment en Afrique. L'entreprise dépensait beaucoup d'argent pour la recherche et la mise en production des gisements, elle mettait beaucoup d'hommes sur le terrain. Il était donc essentiel pour l'entreprise que le Régime soit stable, que la sécurité ne soit pas menacée. C'était mon rôle principal : informer Elf sur la situation politique et économique -et sur le plan de la sécurité- dans les pays où Elf était implantée.

Maurice Robert, ex officier des services secrets français, ex diplomate au Gabon, ex responsable des activités de renseignement d'Elf en Afrique, ex bras droit de Jacques Foccart.
Citation extraite de Elf, l'Afrique sous influence, documentaire de Jean-Michel MEURICE et Fabrizio CALVI, 2000, coproduction Arte France.

Elf n'est pas seulement une société pétrolière, c'est une diplomatie parallèle destinée à garder le contrôle sur un certain nombre d'Etats africains, surtout au moment clé de la décolonisation. [...] Il s'agit également d'un prolongement de l'Etat, afin que la politique africaine soit bien conforme aux intérêts du pays. Disons que le président d'Elf est à la fois président d'une société pétrolière et ministre bis de la Coopération. Et c'est justement parce que cette société avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu'elle a de tout temps financé les services secrets.

Loïk Le Floch-Prigent, ancien Directeur d'Elf, Affaire Elf, affaire d'Etat. Entretiens avec Eric Decouty, Le cherche-midi, 2001.

Après l'indépendance de l'Algérie, il fallait trouver un autre pôle pétrolier. Aussi, dès les premières découvertes au Gabon, ce pays est-il devenu une zone protégée et privilégiée où, en pleine guerre froide, les services secrets et le monde pétrolier français s'accordaient pour conserver un bastion pétrolier.

Antoine Glaser, rédacteur en chef de La lettre du continent, cité dans le rapport d'information de la commission des Affaires étrangères sur "le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental", 13 octobre 1999.

On annonçait à Macaya [un des pseudonymes d'Omar Bongo, chef d'Etat du Gabon] que les puits [de forage] démontraient bien l'existence d'un gisement mais qu'il était faillé et difficile et que son brut n'était pas bon : trop de cobalt, trop de soufre, trop d'hydrates, trop de paraffine, trop lourd [...], trop épais [...]. Ce brut, en fait excellent, était donc racheté 14 dollars [le baril] par notre filiale de négoce pétrolier qui le revendait 17 sur le marché international. Ce mensonge sur la qualité a fait gagner à Elf plus de 200 millions de dollars par an.

Jean-Pierre Vandale, L'Affaire totale, Ecrire, 2001, "roman à clé" écrit par un ancien cadre d'Elf.

L'Afrique est une promesse, l'une des grandes promesses de ce siècle, pourvu que nous sachions lui tendre la main. Pourvu également que, dans nos relations avec elle, pays développés et entreprises, nous mettions enfin en adéquation nos propres actes avec le discours que nous lui tenons sur la bonne gouvernance. [...] C'est pourquoi j'ai souhaité que la France soit le premier membre du G8 à ratifier la convention des Nations Unies contre la corruption. C'est pourquoi nous soutenons l'initiative sur la transparence dans les industries extractives.

Jacques Chirac, Président français, discours à l'Elysée devant des représentants de plus de 140 multinationales, 2005. Cité par Xavier Harel, Afrique, pillage à huis clos, Fayard, 2006.

Lorsque [Denis Sassou Nguesso, chef d'Etat de la République du Congo] a repris le pouvoir en 1997, il a découvert dans le coffre-fort de Pascal Lissouba un petit cahier à spirale bien intéressant. Claudine Munari, la directrice de cabinet du président évincé, y tenait soigneusement les comptes des commissions versées en liquide aux parrains français de Lissouba. Le nom de Dominique de Villepin, qui était alors secrétaire général de l'Elysée, y figure en bonne place. Des sommes en liquide lui ont été remises au Plaza Athénée et au Bristol, deux palaces parisiens. C'est du moins ce que m'a expliqué Denis Sassou Nguesso en me laissant feuilleter les pages du petit cahier.

Jean-François Probst, proche de Denis Sassou Nguesso, cité par Xavier Harel, Afrique, pillage à huis clos, Fayard, 2006, p78.

La corne d'abondance de la Françafrique, qui irrigue les finances du parti gaulliste depuis des décennies, a un prix : la fidélité. Personne n'a jamais été pris la main dans le sac mais nul n'ignore ni ne conteste l'existence de financements occultes. "Je ne nie pas avoir aidé les uns ou les autres, mais je ne veux pas que l'on dise que j'ai aidé tel parti contre tel autre", écrit le président gabonais Omar Bongo à propos d'une époque où le RPR se déchirait entre balladuriens et chiraquiens."A qui avez-vous donné de l'argent et combien ?" insiste le journaliste."Pourquoi mettrais-je en difficulté les gens que j'ai aidés, comme j'en ai le droit ? réplique Omar Bongo. Vous n'imaginez tout de même pas que je vais répondre à cette question !"

Xavier Harel, Afrique, pillage à huis clos, Fayard, 2006, p82. Citant Omar Bongo, Blanc comme nègre, entretiens avec Airy Routier, Grasset, 2001.

Lorsque a éclaté le scandale Elf, Jacques Chirac aurait tenté à diverses reprises, selon Loïk Le Floch-Prigent [ex PDG d'Elf], de faire obstruction à la justice. "Plusieurs ministres m'avaient demandé de ne pas répondre à la convocation [de la juge Eva Joly le 4 juillet 1996] : Bernard Pons, le ministre des Transports, et Jacques Toubon, le garde des Sceaux. Et même Jacques Chirac, le président de la République."  

Xavier Harel, Afrique, pillage à huis clos, Fayard, 2006, p83.

- Eric Decouty : "Lorsque'en décembre 1995 vous avez été nommé PDG de la SNCF, ni vous, ni le président de la République, ni les autres ministres n'ignoriez que l'enquête initiale des juges risquait de mettre au jour le système Elf. Et que par conséquent le danger était extrêmement grand pour nombre de personnes qui en avaient profité..." - Loïk Le Floch-Prigent : "Bien sûr." - Eric Decouty : "Avec le président de la République [...] vous avez [...] abordé le fond du dossier Elf..." - Loïk Le Floch-Prigent : "Avec lui, comme avec le Premier ministre Alain Juppé, Bernard Pons, Jacques Toubon, Nicolas Sarkozy [...] et plusieurs ministres ou anciens ministres. [...] Jacques Chirac m'a répondu : "Ça n'ira pas jusqu'à la mairie de Paris..." Je dois avouer que sur le moment je n'ai pas compris à quoi il faisait allusion."

Affaire Elf, affaire d'Etat, Loïk Le Floch-Prigent, Le cherche-midi, 2001.

"Si la Justice devait mettre en prison tous ceux qui ont touché de l'argent d'Elf, il n'y aurait plus grand monde en France pour former un gouvernement ! s'amuse André Guelfi, alias Dédé la Sardine, l'un des intermédiaires auxquels recourait la société pétrolière. Elf arrosait tous azimuts. Tous les partis ont été touchés, le PS, le RPR, tout le monde."

Le Parisien, 18 février 1999, cité Afrique, pillage à huis clos, Xavier Harel, Fayard, 2006, p85.

Notre opiniâtre maintien en Indochine nuit à notre perspective africaine, la seule valable. [...] La possession du sous-sol, le développement de l'enseignement, la définition de la monnaie, le contrôle du crédit, l'occupation des zones stratégiques, l'armée et la diplomatie en bloc, voilà l'essentiel négligé, menacé. [...] La sécurité, la protection, la défense de l'Afrique nous créent des obligations ; la paix civique et la paix sociale ne sont pas les moindres conditions de la présence française. Dire à nos alliés que là est notre domaine réservé et dire aux populations d'Afrique que ce domaine est aussi et surtout le leur, c'est, je le crois, commencer par le commencement.

François Mitterrand, Aux frontières de l'Union Française, éditions Julliard, 1953.

L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète.

Pascal Sevran, animateur de télévision, Var-matin, 6 décembre 2006

Des enfants, on en ramasse à la pelle dans ce pays [le Niger] -est-ce un pays ou un cimetière ?- où le taux de fécondité des femmes est le plus élevé du monde, neuf enfants en moyenne par couple. Un carnage. Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout va, la mort est au bout de leur bite, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n'osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité : faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l'argent pour qu'ils puissent continuer à répandre, à semer la mort

Pascal Sevran, animateur télé, Le privilège des jonquilles, Albin Michel, 2006

Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux [...] La politique coloniale est fille de la politique industrielle. L'Europe peut être considérée comme une maison de commerce qui voit décroître son chiffre d'affaires, car la consommation européenne est saturée. Il faut donc faire surgir de nouvelles couches de consommateurs, la question sociale est une question de débouchés.

Jules Ferry, président du Conseil français (équivalent du Premier ministre actuel), 1885, cité par Damien Millet, L'Afrique sans dette, Syllepse, 2006, p29.

Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes : croissez, cultivez, colonisez, multipliez.

Victor Hugo, 1879, cité par Damien Millet, L'Afrique sans dette, Syllepse, 2006, p29.

L'Afrique est un continent doté d'une richesse minérale inexploitée immense. Elle possède 40% du potentiel hydro-électrique mondial, le gros des ressources mondiales de diamant et de chrome, 50% de tout l'or du monde, 90% du cobalt, 50% des phosphates, 40% du platine, 8% des réserves connues de pétrole et des millions et des millions d'hectares de terres arables inexploitées.

Africa in Chaos, George Ayittey, Palgrave MacMillan, 1999.

Après leur avoir volé leur culture, on leur a volé leurs ressources, leurs matières premières en se servant de leur main-d'oeuvre locale. On leur a tout piqué et on a répété qu'ils n'étaient bons à rien. Maintenant, c'est la dernière étape : on leur pique leurs intelligences en leur distribuant des bourses, et on persiste à dire de ceux qui restent : ''ces Nègres ne sont décidément bon à rien''.

Jacques Chirac, à propos des africains, entretien avec Pierre Péan, L'inconnu de l'Elysée, Fayard, 2007.

Nous avons saigné l'Afrique pendant quatre siècles et demi. Ensuite, nous avons pillé ses matières premières ; après, on a dit : ils [les Africains] ne sont bons à rien. Au nom de la religion, on a détruit leur culture et maintenant, comme il faut faire les choses avec plus d'élégance, on leur pique leurs cerveaux grâce aux bourses. Puis, on constate que la malheureuse Afrique n'est pas dans un état brillant, qu'elle ne génère pas d'élites. Après s'être enrichi à ses dépens, on lui donne des leçons.

Jacques Chirac, propos tenus en marge du sommet France-Afrique de janvier 2001 au Cameroun, rapportés par Le Monde, 13 février 2007.

Notre politique africaine a bien changé. On n'est plus le gendarme de l'Afrique. On ne décide pas à leur place. La francafrique n'existe plus.

Brigitte Girardin, Ministre déléguée à la Coopération française, AP, 13 février 2007. Rappelons qu'en 2006, l'Armée française est intervenue au Tchad et en Centrafrique pour mater des rébellions menaçant les Pouvoirs en place.

Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s'est rétréci quand s'est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l'Europe sur les routes de l'Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d'empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu'un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé. L'Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d'injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n'étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s'épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n'eux n'avait cultivé. Beaucoup ne partirent que pour soigner, pour enseigner. On peut désapprouver la colonisation avec les valeurs qui sont les nôtres aujourd'hui. Mais on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi ½uvrer utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient. [...] A tous ceux d'entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n'emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c'est d'abord envers eux. [...] Faire une politique de civilisation, voilà à quoi nous incite la Méditerranée où tout fut toujours grand, les passions aussi bien que les crimes, où rien ne fut jamais médiocre, où même les Républiques marchandes brillèrent dans le ciel de l'art et de la pensée, où le génie humain s'éleva si haut qu'il est impossible de se résigner à croire que la source en est définitivement tarie. La source n'est pas tarie. Il suffit d'unir nos forces et tout recommencera.

Nicolas Sarkozy, meeting de Toulon, 7 février 2007

La vérité, c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui aient tant oeuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l'exploitation. On peut condamner le principe du système colonial et avoir l'honnêteté de reconnaître cela.

Discours de Nicolas Sarkozy au meeting de Caen, 9 mars 2007

Tous les patriotes de cette Assemblée lutteront autant que ce sera nécessaire pour que, en aucune circonstance, les chances de la séparation, de la partition, ne soient accrues par telle ou telle politique. Nous serons toujours contre, absolument contre. Ceci est le dogme même de notre politique : l'Algérie, c'est la France !

François Mitterrand, alors Ministre de l'Intérieur, Assemblée nationale, 4 février 1955, cité dans La main droite de Dieu, Faux, Legrand, Perez, Seuil, 1994

J'approuve l'emploi de la force militaire et la présence des soldats en Algérie dans la mesure où cela constitue le dernier moyen de reconquérir un espace pour engager le dialogue.

François Mitterrand, alors Ministre de la Justice, Congrès de l'UDSR, octobre 1956, cité dans La main droite de Dieu, Faux, Legrand, Perez, Seuil, 1994

Le devoir de la France, c'est de rester en Afrique du Nord, envers et contre tous.

François Mitterrand, alors Ministre de la Justice, déclaration à l'AFP, 21 mai 1957. cité dans La main droite de Dieu, Faux, Legrand, Perez, Seuil, 1994

Aucun doute ne peut subsister. Les tentatives de dissociation et de séparatisme doivent être rigoureusement contenues. Malheur à ceux qui pourraient être saisis par la fièvre de l'indépendance ! Quitte à montrer la force et à s'en servir avec rigueur, si quelques-uns, par sottise ou par haine, fermaient l'oreille à ce langage.

François Mitterrand, Présence française et Abandon, 1957. Cité dans La main droite de Dieu, Faux, Legrand, Perez, Seuil, 1994

En 1954, j'appartenais à un petit groupe qui se trouvait à l'extrême pointe de l'expression politique en matière de décolonisation.

François Mitterrand, Politique2, 1977, propos cités dans La main droite de Dieu, Faux, Legrand, Perez, Seuil, 1994

Il faut quand même rappeler que la politique africaine est toujours prise dans une contradiction. C'est-à-dire soit on conforte les pouvoirs en place parce qu'on se dit au moins c'est la stabilité, on évite les guerres ethniques ou les guerres tribales, soit on pousse à la démocratisation, on organise des élections, et qui débouchent souvent sur des conflits extrêmement violents.

Ségolène Royal, L'heure de vérité, France 2, 26/06/1994.

Je sais, cher Robert, pouvoir continuer à compter sur ta participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion. Je sais que, sur ce terrain de l'efficacité et de la discrétion, tu as eu le meilleur des professeurs et que tu n'es pas homme à oublier les conseils de celui te conseillait jadis, de ''rester à l'ombre, pour ne pas attraper de coup de soleil''. Sous le chaud soleil africain, ce n'est pas une vaine précaution. Jacques Foccart avait bien raison.

Nicolas Sarkozy, remettant à l'avocat Robert Bourgi la rosette de Chevalier de la Légion d'Honneur, à l'Elysée, le 27/09/2007. Cité par Rue89, 02/10/2007.

La France comme toutes les nations a, au cours de sa longue histoire, commis des erreurs et même parfois des fautes. Mais le peuple français a toujours choisi le camp de la liberté et celui de la démocratie.

Nicolas Sarkozy, discours devant l'ONU, 25 septembre 2007, www.elysee.fr

Condamné à cinq ans de prison, Loïk Le Floch-Prigent, l'ancien patron d'Elf, n'a pas purgé sa peine en raison de sa santé. Il conseille actuellement le président du Congo-Brazzaville, l'un des dictateurs protégés de la France. Condamné à sept ans de prison et à deux millions d'euros d'amende, André Tarallo, l'ancien directeur des hydrocarbures d'Elf, est sorti au bout de quelques semaines pour raison de santé. Le fisc ne réclame pas le paiement de l'amende. Ses biens acquis grâce aux commissions occultes ne sont pas confisqués. Roland Dumas, ex-ministre des Affaires étrangères, ex-président du Conseil constitutionnel, a été relaxé en appel. Conciliant, le fisc ne redressera qu'une partie seulement des dix millions de francs en liquide, d'origine indéterminée, découverts sur ses comptes bancaires.

Eva Joly, La Force qui nous manque, Les arènes, 2007

Les Français qui ont aimé l'Algérie n'ont pas à s'excuser de ce qu'ils ont fait là-bas.

Nicolas Sarkozy, meeting de campagne dans le Vaucluse, propos cités par Libération, 16 avril 2007

J'aime l'Afrique, je respecte et j'aime les Africains. [...] Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l'esclavage comme des crimes envers l'humanité. [...] Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail. Il a pris mais je veux dire avec respect qu'il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu féconde des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. [...] La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution. [...] Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. [...] Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. [...] La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l'universel et à l'histoire. [...] Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C'est à vous d'en décider. La France ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France s'associera à vous pour les construire.

Extraits du discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, le 26 juillet 2007

Les terroristes se nourrissent de la misère et de l’exploitation des peuples. Et c’est par le savoir et par la croissance qu’on luttera contre les terroristes. Et je sais aussi qu’on ne combat pas les terroristes - j’ai été ministre de l’Intérieur - avec les méthodes des terroristes.

Nicolas Sarkozy, discours à Tunis, 28 avril 2008.

Je ne passera jamais sous silence les atteintes aux droits de l'Homme au nom de nos intérêts économiques.

Nicolas Sarkozy, Projet présidentiel, extrait du site http://www.u-m-p.org/propositions

L'économie tunisienne va bien, malgré la crise qui frappe l'ensemble du monde, mais je m'attends à une croissance économique pour la Tunisie qui sera forte. Encore cette année, la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays, qui sont des pays émergents comme la Tunisie. [...] Le jugement que le FMI porte sur l'économie tunisienne est très positif.

Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, à l'occasion de sa rencontre avec le dictateur Ben Ali, qui venait de le décorer « Grand officier de l'ordre de la République », le 18 novembre 2008

Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type [les émeutes en Tunisie]. C'est la raison pour laquelle nous proposons effectivement aux deux pays [la France et la Tunisie] de permettre dans le cadre de nos coopérations d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité.

Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères et européennes, discours à l'assemblée nationale, 12 janvier 2011

Les responsables politiques français depuis trente ans vont en Afrique chercher des valises de billets [...] [les pays d'Afrique] sont des nations souveraines, qui ont la possibilité de se développer économiquement. Je veux rompre avec le système profondément indigne de la Françafrique.

Marine Le Pen, Canal plus, émission Télé Dimanche, dimanche 30 janvier 2011