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Économie capitaliste

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Les livres du thème « Économie capitaliste »

50 questions 50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque Mondiale

couverture

Eric Toussaint, Damien Millet
Syllepse/CADTM, 2002

Une analyse du fonctionnement de l'économie mondiale, des inégalités Nord/Sud, du rôle des institutions internationales, etc.

Plus de détails sur http://www.cadtm.org

Plan :

1. Le Tiers-Monde dans la mondialisation
2. L'origine de la dette des pays en développement
3. La crise de la dette
4. La gestion de la crise de la dette
5. Anatomie de la dette
6. Les allégements de la dette
7. Les annulations de dette
8. Plaidoyer pour l'annulation de la dette
9. Débats autour de l'annulation de la dette
10. Campagne internationale

L'envers de la dette

couverture

François-Xavier Verschave
Agone, 2001

Avec ce livre, nous quittons l'univers abstrait des chiffres économiques pour rentrer au coeur de la criminalité financière et politique. L'exemple de l'Angola et du Congo-Brazzaville illustrent le lien entre la dette et le trafic d'armes, le pétrole, les guerres civiles.

Plus de détails sur http://www.survie-france.org

Plan :

Introduction : Méthodologie, schéma général
A. CONGO : pétrole, dette, guerre
1. Le pétrole fait flamber la dette
2. Les flambeurs entrent en guerre
3. Les allumeurs
4. Paris complice
B. ANGOLA : pétrole, guerre, dette
5. Douteuses connections d'une pétrodictature
6. Sous Gaydamak, Falcone
7. Armes, services, fisc, médias, justice
8. Gaydamak, Menatep, la Russie et Israël
9. Drôle de dette
Conclusion : La mafiafrique pour horizon ?

Les milliards noirs du blanchiment

couverture

Vincent Peillon
Hachette, 2004

Un résumé des résultats de la commission parlementaire française contre le blanchiment, menée de 1999 à 2002. Ces enquêtes concernent le Liechtenstein, la Suisse, Monaco, le Luxembourg, la City de Londres en enfin la France (surtout le Sud-Est).

Les rapports complets sont disponibles sur le site internet ou à la librairie de l'assemblée nationale.

Plan :

1. Deux ans après
2. Mission impossible
3. Pour vivre heureux, vivons cachés
4. Le blanchiment, mode d'emploi
5. Nos amis les banquiers
6. Le verrou politique
7. Une coopération judiciaire et policière entravée
8. Les sociétés écrans : anonymat garanti
9. Le désengagement des États
10. Faire bouger les lignes

La boîte noire

couverture

Denis Robert
les arènes, 2002

Récit de l'enquête sur les chambres de compensation internationale, pivots de l'économie mondiale, mémoires de toutes les transactions financières, accusées de constituer un gigantesque centre de blanchiment. Ce livre ''explosif'' fait suite à Révélation$, paru en 2001.

Une enquête incroyable !

Le grand bond en arrière

couverture

Serge Halimi
Fayard, 2004

Une analyse approfondie des transformations économiques, sociales et idéologiques des puissances occidentales depuis 50 ans. Une mine d'or de citations.

Plan :

  1. L'utopie du marché
  2. L'ordre keynésien
  3. Quand la peur du "populisme" saisit la gauche
  4. La droite américaine dans un théâtre de feu
  5. Les idées et les moyens
  6. Le paradis des maîtres
  7. La gauche, à son tour

Survivre au développement

couverture

Serge Latouche
Mille et une nuits, 2004

Une excellente introduction à l'oeuvre de Serge Latouche. Seul hic, les éditions Mille et une nuits appartiennent au groupe Lagardère, multinationale de l'armement.

Plan :

 

  1. Vie, mort et résurrection d'un concept
  2. Le développement comme mythe et comme réalité
  3. Le développement "à particule"
  4. L'imposture développementiste
  5. Sortir du développement

Le développement. Histoire d'une croyance occidentale

couverture

Gilbert Rist
Presses de Sciences Po, 1996

Un ouvrage très précis sur l'histoire du développement, étudié ici en tant que croyance.

Des ruines du développement

couverture

Wolfgang Sachs et Gustavo Esteva
Le serpent à plumes, 2003

Une bonne introduction pour qui souhaite questionner la philosophie du ''développement'', et sa réalité.

Un monde sans loi

couverture

Jean de Maillard, Pierre-Xavier Grézaud
Stock, 1998

Un ouvrage remarquablement pédagogique qui explique, par des images et des schémas très clairs, les ''liaisons dangereuses'' entre la planète financière et la grande délinquance : historique des paradis fiscaux, présentation des trafics criminels et des techniques de blanchiment.

Le capitalisme clandestin

couverture

Thierry Godefroy, Pierre Lascoumes
La découverte, 2004

Une étude très précise du fonctionnement des paradis fiscaux, de la responsabilités des grands États dans leur développement. Ce livre détaille également la plupart des grands scandales où sont impliqués des paradis fiscaux. Il montre combien il est illusoire de vouloir lutter contre la criminalité tout en maintenant ces ''zones d'opacité''.

Le bonheur conforme

couverture

François Brune
Gallimard, 1985

Un ouvrage pédagogique d'analyse du discours publicitaire et de ses effets sociaux et politiques.

Plan :

 

 

  • A Les grandes manoeuvres de l'opium quotidien
  •  

  • 1. Réduire
  •  

  • 2. Frustrer
  •  

  • 3. Erotiser
  •  

  • 4. Aliéner
  •  

  • 5. Récupérer
  •  

  • 6. Conditionner
  •  

  • 7. Infantiliser  
  •  

     

  • B Idéologie et publicité
  •  

  • 8. Le règne du plaisir
  •  

  • 9. Le plaisir de régner
  •  

  • 10. L'homme fonctionnel
  •  

  • 11. La démocratie publicitaire
  •  

  • 12. Tiers-Monde : servez-vous !  
  •  

     

  • C Les voies de la normalisation
  •  

  • 13. Gouverner, c'est parler
  •  

  • 14. Voir, c'est croire
  •  

  • 15. La fiction comme détournement de la conscience
  •  

  • 16. Le piège à plusieurs voix
  • Qu'est-ce que l'anarchisme ?

    couverture

    Alexander Berkman
    L'échappée, 2005

    Une des premières et meilleures explications de ce qu'est l'anarchisme par un de ses activistes et intellectuels les plus renommés. Dans un langage clair, Alexander Berkman dénonce les grands maux de la société : travail salarié, gouvernement, guerre, religion, etc. Il montre comment le capitalisme et ses institutions d'oppression trouvent leur cohérence et endorment les consciences de populations qui les acceptent. Il expose les grands principes de l'anarchisme et décrit de manière rigoureuse le fonctionnement économique et politique d'une société libertaire. Ce livre permet à toutes et à tous de se faire une idée sérieuse et globale du pourquoi et du comment de l'anarchisme. Plus de détail sur http://www.lechappee.org/

    Plan :

    1. Qu'attends-tu de la vie ? 2. Le travail salarié 3. Le gouvernement et la loi 4. Comment fonctionne le système 5. Le chômage 6. La guerre 7. L'Eglise et l'école 8. La justice 9. Que peux-tu attendre de l'Eglise ? 10. Le réformiste et le politicien 11. Les syndicats 12. Qui détient le pouvoir ? 13. Le socialisme 14. La révolution de février 15. Entre février et octobre 16. Les bolchéviques 17. La révolution et la dictature 18. La dictature à l'oeuvre 19. L'anarchisme est-il violent ? 20. Qu'est-ce que l'anarchisme ? 21. L'anarchie est-elle possible ? 22. Le communisme libertaire fonctionnera-t-il ? 23. Les autres anarchistes 24. Pourquoi la révolution 25. L'idée, c'est la chose 26. La préparation 27. L'organisation du travail en vue de la révolution sociale 28. Théorie et pratique 29. La consommation et l'échange 30. La production 31. La défense de la révolution 32. Biographie d'Alexander Berkman 33. Bibliographie anarchiste

    Révélations

    couverture

    Denis Robert
    Les arènes, 2001

    Un homme du sérail, qui connaît les us et coutumes du village financier, raconte, de l'intérieur, l'histoire secrète d'une association de banques née en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier.

    Notre homme a été le Numéro trois de cette société, chargée de faire transiter des fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg, les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d'euros (compter douze zéros après l'unité).

    L'enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n'a jamais pu pénétrer : dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d'Ernest Backes, l'insider (le témoin de l'intérieur), nous découvrons avec effroi des activités inavouables : dissimulations de comptes au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innonbrables avec des affaires existantes en France et ailleurs, circuit de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons...

    Plus de détails sur http://www.arenes.fr/livres

    Le pouvoir mis à nu

    couverture

    Noam Chomsky
    Écosociété, 2002 (1996)

    Noam Chomsky a basé cet ouvrage sur les notes d'une série de conférences données en Australie. L'auteur y expose sa théorie selon laquelle toute superpuissance (et il pense ici aux États-Unis) agit de façon à détruire la démocratie et à miner les droits de la personne, les prétextes invoqués variant d'une époque à l'autre selon les nécessités doctrinales du moment. La politique étrangère américaine est ici fortement critiquée, notamment avec le Moyen-Orient. Un essai percutant et dense qui permet de se faire une bonne idée de la pensée de Noam Chomsky.

    Plus de détails sur http://www.ecosociete.org

    Plan :

    1. Les écrivains et la responsabilité intellectuelle
    2. Objectifs et visions d'avenir
    3. Démocratie et marchés dans le nouvel ordre mondial
    4. Le réglement du Moyen-Orient, ses sources et ses contours
    5. Les grandes puissances et le droit de la personne : le cas du Timor-Oriental
    6. Le Timor-Oriental et l'ordre mondial
    7. Le "consentement sans consentement" : réflexions sur la théorie et la pratique de la démocratie
    8. Langage et pensée
    9. Langage et nature

    Et la vertu sauvera le monde...

    couverture

    Frédéric Lordon
    Raisons d'agir, 2003

    Et si les scandales à la Enron n'étaient que l'arbre qui cache la forêt ? Sans malversations majeures, Vivendi, Alcatel et France Télécom n'en ont pas moins frôlé la faillite et ruiné leurs salariés-actionnaires. Mais il est tellement plus facile de croire que si le capitalisme financier est en crise c'est parce qu'il a manqué d'honnêteté, de rigueur, de transparence et de vérité des comptes. Pendant qu'on en appelle à l'éthique et qu'on se figure que la vertu va sauver le monde, au moins on ne parle pas d'autre chose. L'incrimination des individus de petite vertu fait agréablement diversion et laisse inquestionnées les structures de la finance, celles-là mêmes qui sont cause de tout
    .
    Comme toujours lorsqu'il s'agit de s'attaquer aux lieux communs du moment et de résister à leur pouvoir d'attraction, défaire la thèse du « péché » pour faire voir le travail des structures nécessite de prendre le temps d'un détour. À commencer par celui du retour aux logiques qui soumettent l'économie à l'emprise de la finance déréglementée.


    Plan :

  • A. Genèse d'une aberration, ou les entreprises se jetant dans les bras du marché
    1. La mondialisation comme politique publique
    2. Discipliner le salariat
    3. Les grandes entreprises, ou la tentation du passage par la finance

  • B. France Télécom, Alcatel, Vivendi : quelques sinistres parmi tant d'autres
    1. France Télécom : quand l'actionnaire public se comporte en actionnaire privé
    2. Alcatel, recentrée pour le pire
    3. Vivendi : un cas d'école

  • C. L'enfer des structures, ou l'inanité du moralisme
    1. Les structures de l'aberration financière
    2. La corporate governance, le problème, non la solution
    3. Les stock-options : des incitations ? mais à quoi ?
    4. Misère de l'éthique financière
    5. Les illusions de la transparence

  • D. Salariés, pots cassés
  • Les évangélistes du marché

    couverture

    Keith Dixon
    Raisons d'agir, 1998

    La « révolution » qu'a connue le Royaume-Uni, dans les années 1980, sous Margaret Thatcher, et qui a fait de lui le pays du « libéralisme réel » fut largement préparée par un travail de subversion intellectuelle de l'ordre keynésien.

    Travail mené d'abord à partir d'institutions privées de recherche et de vulgarisation idéologique néo-libérales fortement imbriquées sur le plan international. En l'espace de quelques années, ces think tanks britanniques ont contribué à forger un nouveau sens commun économique, dont l'actuel Premier ministre, Tony Blair, reste très largement prisonnier et qui est construit autour de la privatisation, de la déréglementation et de la précarisation du travail.

    Plan :

    1. Lutter contre le consensus : de la Société du Mont-Pèlerin à l'Institute of Economic Affairs
    2. Les think tanks et la crise du keynésianisme
    3. Les think tank, le pouvoir tatchérien et l'exportation de la révolution concervatrice

    Attac, encore un effort pour réguler la mondialisation ?!

    couverture

    Michel Barrillon
    Climats, 2001

    Une analyse critique du mouvement ATTAC et des limites de la taxe Tobin. Un livre très pédagogique et bien argumenté.

    Plan :

    1. Totem et tabou d'Attac
    2. Insignifiance et violences
    3. Capitalisme, antimondialisation et démocratie
    4. Qui mondialise quoi ?
    5. Le parachèvement d'une entreprise de crétinisation
    6. La dialectique peut-elle sauver le capitalisme ?
    7. De vertueux "citoyens" contre les "vampires" de la finance
    8. Attac, appareil de régulation du capitalisme ?
    9. Le faux dilemme Etat/marché
    10. Doit-on désespérer d'Attac ?

    La dynamique du capitalisme

    couverture

    Fernand Braudel
    Flammarion, 1985

    Comment décrire l'évolution du capitalisme à travers l'histoire ? Une excellente introduction à l'oeuvre gigantesque de l'historien Fernand Braudel.

    Plan :

    1. En repensant à la vie matérielle et à la vie économique
    2. Les jeux de l'échange
    3. Le temps du monde

    La domination du monde

    couverture

    Denis Robert
    Julliard, 2006

    La domination du monde raconte l'histoire d'un journaliste, Klébert, réalisant une enquête sur une société luxembourgoise, la "SHARK COMPANY". Cette enquête va nous mener au coeur d'un grand système de blanchiment d'argent...

    Par ce roman, Denis Robert a mis en fiction sa propre enquête sur la société Clearstream. Il nous plonge dans les arcanes des paradis fiscaux, repaires des mafieux, des politiciens véreux et des magnats de l'économie.

    L'eau des multinationales

    couverture

    Roger Lenglet, Jean-Luc Touly
    Fayard (Lagardère), 2006

    Que cache notre facture d'eau ? Ce livre révèle les méthodes des grandes compagnies de l'eau pour transformer les usagers en " vaches à lait " et neutraliser les élus. Témoignages à l'appui, il montre comment, grâce à la connivence avec des hommes politiques et des syndicalistes, à des comptes opaques, à des financements discrets, à des sociétés aux apparences trompeuses, ces firmes s'emparent de marchés et les conservent dans des conditions économiques douteuses. L'enquête évoque au passage les dessous d'un des plus gros scandales financiers de ces dernières années : le transfert sur des comptes irlandais de milliards d'euros initialement destinés à la réfection des réseaux de distribution.

    Les pratiques abusives des multinationales de l'eau sont lourdes de conséquences pour les usagers et représentent un réel danger pour la démocratie. Plus dramatique, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie, c'est parfois la population qui se retrouve privée d'eau potable. Toutefois, les choses commencent à bouger. Dans de nombreux pays, les firmes ont dû changer d'attitude ou se retirer. En France, de Toulouse à Lille, en passant par Paris, Lyon, Marseille, Cherbourg, Castres, Neufchâteau, Varages et bien d'autres, des associations se sont mobilisées pour imposer une gestion plus transparente et moins coûteuse.

    Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui ne veulent plus être des payeurs aveugles et souhaitent apprendre à lutter contre le commerce d'un patrimoine vital.

    Clearstream, l'enquête

    couverture

    Denis Robert
    Les arènes, 2006

    Denis Robert a révélé l'affaire Clearstream, l'enquête en 2001. Il enquête depuis cinq ans sur ce centre névralgique de la finance. Il a été entraîné au coeur de la manipulation qui a affolé l'insdustrie de la défense et les milieux politiques.

    Il raconte aujourd'hui cette affaire d'État, à partir de documents inédits : ses rendez-vous avec les principaux protagonistes, ses notes de l'époque, les mails et les SMS échangés.

    - Que cache Clearstream, cette société puissante et discrète installée au Luxmbourg ?
    - Comment Jean-Louis Gergorin, le numéro 2 d'EADS, est-il entré en possession de dizaines de milliers de transactions puisées au coeur du système informatique ?
    - Quelle était la mission d'Imad Lahoud, directeur d'un laboratoire de recherche en informatique et en cryptologie parmi les plus avancées au monde ?
    - Comment Renaud Van Ruymbeke a t-il été manipulé ? Dans quelles circonstances le magistrat a-t-il réussi à déjouer le piège ?
    - Qui a ajouté de faux noms aux listings de Clearstream ? Quels sont les vrais noms et les vrais comptes ?
    - Comment Nicolas Sarkozy a-t-il élaboré sa contre-attaque pour "pendre à un croc de boucher celui qui a fait cela ?"

    Pour en savoir (beaucoup) plus : éditions Les arènes

    Le mythe du "trou de la Sécu"

    couverture

    Julien Duval
    Raisons d'agir, 2007

    À en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à l'augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner « la garantie à chaque homme qu'en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge », serait condamné à se « réformer » sans cesse : déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations, voire privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème : il n'y a pas de « déficit de la sécu » mais « un besoin de financement » que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l'affaiblissement de la protection sociale découle non pas d'arbitrages techniques mais d'un choix politique : le transfert généralisé des « risques » du capital vers le travail.

    Fonds de pension, piège à cons ?

    couverture

    Frédéric Lordon
    Raisons d'agir, 2000

    Quinze ans après la déréglementation des marchés voilà que se profile la perspective des fonds de pension. Cette consécration du pouvoir des grands actionnaires institutionnels frappe d'abord le salariat sur qui retombent tous les risques. Mais la vraie menace est dans les fausses promesses d'une réconciliation du capital et du travail autour de l'épargne salariale, dans l'avènement d'une société du patrimoine et l'utopie monstrueuse d'une « démocratie des actionnaires ».

    Pas de pitié pour les gueux

    couverture

    Laurent Cordonnier
    Raisons d'agir, 2000

    Pourquoi y a-t-il du chômage ? Parce que les salariés en veulent toujours trop... parce qu'ils recherchent la sécurité, la rente et se complaisent dans l'assistanat... parce qu'ils sont roublards, paresseux, primesautiers et méchants, etc. Voilà ce que racontent, en termes certes plus choisis, et avec force démonstrations mathématiques, les théories « scientifiques » élaborées par les économistes du travail.

    L'auteur se livre ici à un véritable travail de traduction en langage littéraire des théories savantes, au terme duquel il apparaît que leur signification, « une fois défroquées de leurs oripeaux savants, frôle souvent l'abject, à un point dont on n'a généralement pas idée ».

    C'est justement pour en donner idée que ce livre est écrit.

    Medef, un projet de société

    couverture

    Thierry Renard, Voltarine de Cleyre
    Syllepse, 2001

    La "refondation sociale" du Medef fait couler beaucoup d'encre. Et pourtant, peu de choses ont été dites sur la nouvelle pensée politique du patronat. Du plan "Pare" aux retraites, en passant par de nombreux "chantiers", les négociations ont été chroniquées comme de véritables feuilletons. Mais qui se penche aujourd'hui sur la réflexion idéologique du patronat ? Qui a étudié les implications de cette nouvelle "morale du risque" qu'il appelle de ses voeux ? Qui connaît ses modèles : le président mexicain Vicente Fox ou le président du Conseil italien Silvio Berlusconi ? C'est à cette analyse inédite que se sont livrés les deux auteurs de ce pamphlet qui décrypte des écrits relativement peu diffusés des dirigeants patronaux. Pas de doute : derrière la "refondation sociale" voulue par le Medef, s'inscrit bel et bien un projet de société extrêmement travaillé, assumé et cohérent. Un projet qui prend l'allure d'une véritable machine de guerre contre toute forme de solidarité collective.

    Rencontres au sommet

    couverture

    Michael Gama
    L'Altiplano, 2007

    Rares sont les endroits pouvant rassembler des commissaires européens, des responsables d'institutions internationales telles que l'OMC, la Banque mondiale ou le FMI, des patrons de multinationales, des hommes politiques de droite et de gauche, des directeurs de rédaction de grands médias... Méconnus du grand public, le groupe Bilderberg et la commission Trilatérale réunissent périodiquement dans la plus grande discrétion, 'à titre privé', des personnalités du monde entier qui toutes occupent les plus hautes fonctions dans leur secteur respectif. 'Maîtres du monde', 'gouvernement mondial'... ces réunions quasi secrètes focalisent les fantasmes de toutes sortes. Mais que s'y passe-t-il réellement, qui en sont les participants et dans quel but se retrouvent-ils ensemble ?

    Michel Gama a réussi à rencontrer plusieurs participants à ces réunions et nous livre ici le matériau et les résultats de cette enquête singulière. On découvre ainsi la raison d'être et le fonctionnement de ces groupes mystérieux de même que les personnalités de leurs membres. Derrière la prétention démocratique de nos sociétés et le prétexte de l'intérêt général, c'est le jeu des intérêts particuliers et des conflits de puissance qui est alors mis à nu.

    Petit bréviaire des idées reçues en économie

    couverture

    Les Econoclastes
    La Découverte, 2004

    Faut-il des fonds de pension pour sauver les retraites ? Les services publics doivent-ils être déréglementés et privatisés ? Le chômage s'explique-t-il par les protections dont bénéficient les salariés et les charges sociales ? Les pays en développement doivent-ils continuer de suivre les politiques que leur imposent les grandes institutions internationales ? Le poids de l'Etat dans l'économie est-il réellement insupportable ? Sur toutes ces questions et quelques autres, au c½ur du débat public, ce Petit bréviaire des idées reçues en économie s'efforce de couper court aux certitudes martelées dans les médias et que les économistes professionnels mettent souvent trop peu d'empressement à démentir, quand ils ne les cautionnent pas.

    Avec ce livre, pédagogique et incisif, les Éconoclastes entendent montrer que l'étude des phénomènes économiques implique une confrontation permanente aux faits, et des débats dont les enjeux politiques et sociaux sont trop souvent éludés. Ils répondent ainsi aux attentes de tous les non-spécialistes - enseignants, salariés, retraités, syndicalistes, militants et autres - soucieux de comprendre les débats que les hommes politiques et leurs experts réduisent abusivement à des questions techniques, inaccessibles au commun des citoyen-ne-s.

    Que les gros salaires baissent la tête

    couverture

    Jean-Luc Porquet
    Michalon , 2005

    Bienheureux les pédégés français ! Au pays des salaires fous, c'est tous les jours Noël et les cadeaux qui sont offerts ont pour jolis noms " stock-options ", " golden parachute ", " golden hello ", " bonus exceptionnel ", " jetons de présence "... Des présents amplement mérités car nos pédégés sont des bienfaiteurs, des êtres rares qui valent plus, tellement plus, toujours plus ! Et encore, comparés à leurs cousins américains, nos grands patrons français sont des quasi-pauvres, des incompris. Voire
    des mal-aimés. La preuve : de temps à autre, médias et politiques se scandalisent et dénoncent en vrac super-profits et super-salaires. Et puis, pschit ! On oublie...

    Dans cet essai corrosif aux allures de guide de voyage improbable au pays des (très) gros salaires, Jean-Luc Porquet multiplie portraits et anecdotes pour mieux décrypter les justifications idéologiques, les montages financiers, les petits arrangements entre amis et autres amitiés politiques qui garantissent paix et prospérité au cercle fermé de nos chers amis les pédégés. Jusqu'ici tout va bien...

    La grande transformation

    couverture

    Karl Polanyi
    Gallimard , 1983

    La grande transformation est une étude complète de l'histoire du capitalisme, du XVIIIe siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Cet ouvrage décrit les rouages économiques des sociétés industrielles, depuis les prémisses des Révolutions Industrielles anglo-saxonnes.

    Le nouvel esprit du capitalisme

    couverture

    Luc Boltanski, Eve Chiapello
    Gallimard, 1999

    Pourquoi la critique du capitalisme, si vive dans les années soixante, se réduit-elle aujourd'hui à des invectives incapables de proposer des voies alternatives ? Les changements du capitalisme sont-ils inéluctables et si bénéfiques ? Pourquoi ce "désarroi idéologique" ? S'inspirant de la problématique de Max Weber, les auteurs montrent que de nouvelles valeurs, inspirant les discours du management, ont rendu tolérable et permis la réussite de ce nouveau capitalisme fondé sur l'initiative des salariés et l'autonomie de leur travail. Ce "nouvel esprit du capitalisme" a en particulier incorporé la "critique artiste" qui s'était épanouie en mai 1968 en revendiquant "une exigence de libération, d'autonomie et d'authenticité" que le capitalisme hiérarchisé et aliénant ne pouvait satisfaire.

    bolo'bolo

    couverture

    P.M.
    L'éclat, 1998 (1983)

    Comment libérer l'humanité de l'emprise du capitalisme, du salariat-esclavage, de la misère physique et psychique, des désastres écologiques présents et à venir ? Découvrez bolo'bolo, modeste et stimulante proposition pour une nouvelle organisation planétaire...

    DOL

    couverture

    Philippe Squarzoni
    Les Requins Marteaux, 2006

    Cette bande dessinée dresse un bilan précis et saisissant des années 1995/2006 : les politiques de libéralisation, la destruction des acquis sociaux, l'ascension médiatique de Nicolas Sarkozy, etc.

    Europe INC

    couverture

    Observatoire de l’Europe industrielle
    Agone, 2005

    Une enquête sur le fonctionnement non démocratique des instances européennes et de la main-mise des lobbys industriels.

    Grandes fortunes

    couverture

    Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
    Payot, 2006

    Qui dit grandes fortunes ne dit pas seulement argent. Lorsqu'elles sont anciennes, les fortunes économiques et financières sont aussi synonymes de culture et de sociabilité ; elles se trouvent au cœur de réseaux très denses, familiaux et extra-familiaux, aux ramifications internationales et aux échanges intenses, si bien qu'elles sont, en quelque sorte, mises en commun. Entretiens avec des représentants de ces familles, observations dans les lieux chics de France, les châteaux et les villas balnéaires, recours aux informateurs les plus divers, des directeurs de palaces aux gestionnaires de fortunes privées : les auteurs ont soigneusement démonté les rouages de cette cumulativité des fortunes et de cette quasi collectivisation chez les possédants. Un classique de la sociologie.

    Scions... travaillait autrement ?

    couverture

    Michel Lulek
    Repas, 2003

    A vingt ans, à défaut de changer le monde, ils décident de changer leurs vies et de créer ensemble une entreprise pour y expérimenter d'autres formes d'organisation du travail. Ce sera une scierie, Ambiance Bois, qui s'installera en 1988 sur le plateau de Millevaches, en Limousin. De fil en aiguille, ce ne sont pas seulement les modalités classiques de la production qui seront remises en cause, mais la place que cette dernière occupe dans nos vies. Ainsi les associés d'Ambiance Bois découvriront que " travailler autrement ", c'est consommer, agir, décider et finalement " vivre autrement ". Ce livre raconte le chemin parcouru, entre l'idée lancée un jour (Et si on faisait une scierie ?) jusqu'à sa réalisation.

    Ikéa, un modèle à démonter

    couverture

    Olivier Bailly Jean-Marc Caudron et Denis Lambert
    Luc Pire, 2006

    IKEA est socialement responsable, IKEA est impliqué dans la préservation de l'environnement. IKEA est une grande famille. IKEA est au service du plus grand nombre. IKEA veut améliorer notre vie. IKEA nous aime. Redoutable communicatrice, la multinationale du prêt-à-habiter véhicule à dose homéopathique des messages de société éthique, à dimension humaine. Mais dans ce refrain bien rodé, il y a eu quelques sérieuses griffes ces dernières années. IKEA a exploité des enfants dans les pays du Sud. IKEA a développé des produits polluants, IKEA pousse à la surconsommation. IKEA uniformise notre vie. Pour contrer les critiques sociales et environnementales, IKEA a mis sur pied en 2000 un code de conduite pour ses fournisseurs. Depuis, tout va bien dans le meilleur des mondes en jaune et bleu ? A voir...

    Les caisses noires du patronat

    couverture

    Gérard Filoche
    Jean-Claude Gawsewitch, 2008

    A quoi servent les 600 millions d'euros des caisses noires du patronat, et où vont les 2 millions d'euros distribués chaque année en liquide par l'UIMM et le Medef ? Gérard Filoche dénonce ce scandale au cœur du patronat français. Il soulève toutes les questions posées par ce trafic d'argent liquide qui circule depuis si longtemps au Medef et montre comment le patronat se servait de cette caisse pour briser des grèves, financer des syndicats ''jaunes'', et sans douter participer à des campagnes politiques.

    Comment les riches détruisent la planète

    couverture

    Hervé Kempf
    Seuil, 2007

    Concis, clair et bien sourcé, cet ouvrage décrit le désastre social et environnemental en cours, le rôle de l'oligarchie planétaire dans ce désastre, et les assauts menés actuellement contre toute forme de démocratie.

    Plan :

    1. La catastrophe. Et alors ?
    2. Crise écologique, crise sociale
    3. Les puissants de ce monde
    4. Comment l'oligarchie exacerbe la crise écologique
    5. La démocratie en danger
    6. L'urgence et l'optimisme

    Faire des hommes libres

    couverture

    Michel Chaudy
    REPAS, 2008

    Ce livre retrace la vie des communautés de travail créées par Marcel Barbu, à Valence, à partir de 1941. En pleine guerre, un fabricant de boîtiers de montre invente une nouvelle forme d'entreprise. Il n'est pas seulement question de fabriquer des objets et de les vendre, mais aussi de faire vivre une communauté d'hommes et de femmes qui partageront ensemble bien plus que le travail.

    Histoire secrète du patronat

    couverture

    David Servenay, Benoît Collombat, Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec
    La découverte, 2009

    De la Seconde Guerre mondiale à la crise financière de 2008-2009, chacun croit connaître plus ou moins l'histoire de l'économie française. Mais derrière l'histoire officielle des manuels scolaires s'en cache une autre, secrète : elle met en scène les patrons qui ont réellement façonné le capitalisme français. C'est cette saga que racontent dans ce livre cinq journalistes d'investigation. Elle plonge le lecteur dans les arcanes d'un véritable " système " né dans l'après-guerre et qui, malgré ses mutations, marque encore aujourd'hui la machine patronale. Du recyclage des anciens cadres de Vichy dans la reconstruction jusqu'aux caisses noires des syndicats patronaux, en passant par le financement secret des partis politiques ou les graves dérives du paritarisme, on découvre le rôle central de personnages aussi puissants que discrets. Comme Georges Albertini, éminence grise du patronat liée à l'extrême droite dans les années 1950, ou les " conseillers du prince " qui ont influencé les choix économiques des présidents successifs de la Ve République. On découvre aussi les efficaces lobbyistes d'un patronat capable de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens. Et qui a su s'appuyer sur des intellectuels et de grands médias pour convertir les élites politiques aux "mérites" de la finance dérégulée. Cette somme brosse le vrai portrait de nombreux patrons français, révèle les bonnes affaires des uns dans la " Françafric ", les juteuses opérations des autres dans l'immobilier ou l'industrie. On découvre comment se sont vraiment faites la plupart des grandes fortunes françaises, celles d'hier et d'aujourd'hui : subventions extorquées à l'Etat, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions obscures, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, coups fourrés, etc. La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet, sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

    L'enjeu des retraites

    couverture

    Bernard Friot
    La dispute, 2010

    Les réformateurs et la plupart des opposants à la réforme actuelle des retraites, malgré leurs divergences, fondent leur diagnostic du prétendu " problème des retraites " sur les mêmes présupposés nous subirions un choc démographique, il serait impossible d'augmenter les cotisations qui alimentent les retraites, c'est un prélèvement sur la valeur produite par les actifs qui financerait les pensions, la justice voudrait que le montant des pensions soit déterminé par la somme des cotisations versées du temps de son activité. etc. Cet ouvrage répond à ces arguments et propose une tout autre analyse. Et si le problème démographique était une illusion ? Et si les pensions de retraite n'étaient pas un revenu différé mais un salaire continué. lié à la qualification ? Et si les retraités n'étaient pas des inactifs, comme le veut la statistique, mais des personnes différemment actives, enfin libres de travailler à l'écart du marché du travail ? L'enjeu des retraites c'est d'abord reconnaître et prolonger l'indéniable réussite humaine et politique des retraites. C'est également mettre en débat le statut du salaire et de la qualification pour tous, ainsi que le rapport au travail que nous voulons promouvoir. C'est seulement en posant de telles questions fondamentales que l'on pourra renouer avec les objectifs progressistes qui ont mené au système actuel et ouvrir une alternative sérieuse à la réforme en cours.

    Les jours heureux

    couverture

    Ouvrage collectif
    La découverte, 2010

    Le 4 mai 2007, le candidat Nicolas Sarkozy se rend aux Glières (Haute-Savoie), pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français. Élu président, il renouvelle l'opération en mai 2008 et avril 2009. cette année-là, il prétend que son action se situerait dans le droit fil "du Conseil national de Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui alla permettre la renaissance française".Pure imposture ! Publié en mars 1944 sous titre Les Jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble ambitieux de réformes économiques et sociales, auquel le fameux " modèle social français " doit tout, notamment la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté la presse. Or, depuis son élection, Nicolas Sarkozy s'applique à démanteler ce programme, commun s'en réjouissait en 2007 Denis Kessler, l'un des idéologues du Medef : " Le programme du gouvernement est clair, il s'agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. " D'où la contre-offensive de l'association " Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui ", créée par ceux qui ont réagis dès mai 2007 à l'imposture sarkozyenne. En republiant ce texte fondateur exemplaire par sa concision, ils ont choisi de le compléter par une série d'articles sur son histoire et son actualité expliquant d'abord comment il fut conçu puis mis en œuvre après la Libération. Puis comment, dès Ies années 1990, mais surtout depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, cet édifice a fait l'objet d'une démolition en règle. En évoquant la mobilisation citoyenne qu'ils ont initiée, ils révèlent la puissance du discours d'hier pour nourrir les résistances d'aujourd'hui.

    Offshore

    couverture

    Alain Deneault
    La Fabrique, 2010

    Un renversement de perspective : les paradis fiscaux ne sont nullement un ailleurs de la finance, où fuiraient des capitaux alimentant des économies parallèles et marginales. Ce ne sont pas des bas de laine offshore, mais des entités souveraines, des repaires criminels où se concentre la moitié du stock mondial d’argent. Criminels, les paradis fiscaux le sont au sens strict : l’argent accumulé est au service des clans mafieux, des cartels de la drogue, des trafiquants d’armes, de ceux qui s’enrichissent par le pillage des pays pauvres. Mais en outre (surtout ?), les Etats dits " de droit " sont largement soumis aux manoeuvres des paradis fiscaux : financement des partis politiques, contrôle des investissements, corruption des dirigeants. Il en résulte que la " lutte contre les paradis fiscaux " est une comédie : listes noires devenant grises, règles de bonne pratique soumises au bon vouloir des acteurs offshore, secret bancaire bien protégé. " Affamer l’Etat "de droit". Caricaturer le fisc. Organiser offshore la prédation économique du Nord et encore plus aisément du Sud. Corrompre les dictatures du Sud et financer les campagnes électorales du Nord. Déréglementer le peu de mesures publiques qui tiennent. Tel est le programme de l’époque. " Tels sont les sinistres effets des paradis offshore.

    Le choix de la défaite

    couverture

    Annie Lacroix-Riz
    Armand Colin, 2006

    Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : " Le jour viendra [...] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l'Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l'Europe en détruisant de nos propres mains tout l'édifice de nos alliances et de nos amitiés. " Annie Lacroix-Riz analyse l'histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940. Selon elle, les Français n'ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de " réforme de l'État " copié sur les voisins fascistes et à son obsession d'accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d'actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d'affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges. L'autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C'est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l'Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l'alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd'hui, l'accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet " l'instruction du procès de la vaste entreprise de trahison " que réclamait Marc Bloch.

    Industriels et banquiers français sous l'Occupation

    couverture

    Annie Lacroix-Riz
    Armand Colin, 1999

    Le monumental ouvrage d'Annie Lacroix-Riz a été écrit presque exclusivement à partir du dépouillement des archives originales françaises et allemandes. Il fait date dans l'historiographie européenne de la guerre de 1940/1945. Le livre est écrit, malgré son lourd appareil scientifique, en une langue brillante, vivante, qui rend la lecture en permanence passionnante. Et surtout, l'auteur tire clairement des conclusions. En été 1940, les banquiers et industriels français participent avec conviction à la liquidation des institutions républicaines. Ils s'installent dans la collaboration comme poussés par une sorte de loi naturelle. D'abord, dans les années 30, la minorité d'opérateurs économiques qui contrôle la France nourrit une admiration solide pour les prouesses techniques du Reich. Vichy n'a pas eu besoin de pousser les capitalistes à la collaboration : des cartels "européens" (dominés par les entreprises nazies), des sociétés mixtes franco-allemandes poussent comme des champignons. Les livraisons industrielles françaises au Reich et à sa machine de génocide, les crédits astronomiques, tout se met en place avec une rapidité et une bonne volonté impressionnantes... Un chapitre particulièrement révoltant du livre est consacré à l'aryanisation des fortunes mobilières, immobilières, industries et participations bancaires appartenant à des Français de confession israélite, mués en quelques heures et brutalement en parias.

    Le président des riches

    couverture

    Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
    Zone (La découverte), 2010

    Petits chèques entre amis, dîners mondains, légions d’honneur et comptes en Suisse… L’affaire Bettencourt a jeté une lumière crue sur les connivences souterraines qui unissent pouvoir politique et puissances de l’argent. Dans ce livre-enquête, les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la bourgeoisie française, donnent à voir, au-delà des scandales, la logique d’un système. Pour faire vivre un monde où l’entre-soi permet l’affirmation des réseaux, ils rapportent des histoires révélatrices, glanées dans les coulisses du règne de Nicolas Ier. En brossant la chronique des premières mesures prises, ils dévoilent les ressorts d’une politique systématique en faveur des nantis : bouclier fiscal, abattements et exonérations en tout genre, dépénalisation du droit des affaires ne sont que les éléments visibles d’une guerre des classes au service de l’aristocratie de l’argent. Aux discours du Sarkozy qui prétendait vouloir refonder le capitalisme s’oppose la réalité des actes : paradis fiscaux, fonds spéculatifs, bonus des traders, stock-options et cadeaux aux banques se portent bien et ont permis au capital financier de retrouver de sa superbe. Derrière la façade d’un pouvoir démocratique se dessine ainsi le tableau inquiétant d’un tout autre régime : une oligarchie, un gouvernement des riches pour les riches.

    Des fraises en hiver

    couverture

    Claude-Marie Vadrot
    Delachaux et Niestlé, 2010

    Cette enquête décrit les coulisses du commerce des fruits et légumes, les voyages improbables qu'effectuent certains produits avant de finir dans notre assiette (lait de brebis exporté du Larzac vers la Grèce pour élaborer une fêta qui sera ensuite revendue en France) et sur l'absurdité du "bio venu de loin". Les conséquences, à l'heure actuelle, sont déjà lourdes : sur les économies locales : abandon des cultures vivrières ; sur l’écologie locale : pollution des eaux, épuisement des nappes phréatiques ; sur la biodiversité : appauvrissement des variétés (les mêmes salades, les mêmes tomates, les mêmes poivrons, les mêmes concombres sont venus d’Irkoutsk à Washington en passant par Paris ou Romorantin.

    Après le capitalisme

    couverture

    Michael Albert
    Agone, 2003

    - Bon, d'accord, nous avons répondu à la question : " Si vous ne voulez pas du capitalisme, que voulez-vous à la place ? "... Et nous avons instauré le participalisme. Mais ne subsistera-t-il pas une très forte résistance de ceux qui préféraient le système de marché ?

    - Quant la majorité se sera décidée, il est inévitable que tout le monde n'appréciera pas ce changement. Et en particulier les propriétaires les plus fortunés, qui utiliseront tous les moyens dont ils disposent pour ne pas être privés de leurs biens. Car le participalisme implique une réappropriation populaire des moyens de production ; bien entendu le plus souvent sans le consentement des propriétaires. Ceux qui travaillent s'expriment de plus en plus ouvertement en faveur d'une économie plus juste, mais leurs entreprises restent essentiellement des structures soumises à une quête sans fin de profits. Et les luttes se poursuivent pour de meilleures conditions de travail, pour redéfinir les emplois, etc. Mais lorsque la bataille de l'organisation socio-économique aura été gagnée, il n'y aura plus à se battre contre une classe de propriétaires avides de profits ou une classe de coordinateurs cherchant à maximiser leurs avantages. Les propriétaires ne seront plus propriétaires de rien et il n'y aura plus de classe coordinatrice. Pour empêcher que nos adversaires trouvent suffisamment de monde pour brandir les armes qu'ils possèdent en masse, il faut fournir à leurs " volontaires " des raisons pour qu'ils n'acceptent plus de jouer le jeu des dominants. Le participalisme fournit ces raisons

    Les structures sociales de l'économie

    couverture

    Pierre Bourdieu
    Liber, 2000

    Il suffit d’étudier une transaction, comme le sociologue Pierre Bourdieu le fait ici pour la vente et l’achat d’un bien immobilier dans le Val d’Oise, pour comprendre que les postulats abstraits de l’offre et de la demande posées de manière indépendante, de l’individu rationnel connaissant son intérêt, du règne inconditionnel des prix, ne rendent pas compte de la réalité. Nos postulats sont le produit d’une construction sociale, de sorte qu’on ne peut décrire adéquatement les processus dits "économiques" sans faire appel à la sociologie.

    La misère du monde

    couverture

    Collectif coordonné par Pierre Bourdieu
    Seuil, 2007 (1994)

    Cet ouvrage collectif rédigé sous la direction de Pierre Bourdieu tente de mettre en lumière les causes de la misère sociale sous ses formes modernes. Les sociologues appréhendent la misère en donnant la parole à ceux qui la vivent. Ils rendent publique une souffrance privée au cours de nombreux entretiens où se révèle le malheur du monde et la violence cachée qu'exercent sur les individus les structures économiques et sociales. Au travers de confidences émouvantes et cathartiques, chaque interlocuteur prend conscience des mécanismes qui rendent sa vie douloureuse, voire invivable, et découvre, par-delà la souffrance, les causes sociales de son malheur. Ces témoignages sont aussi pour le lecteur l'occasion de comprendre véritablement les contraintes sociales, les agressions de la vie professionnelle qui font obstacle à l'accomplissement des personnes et à leur légitime aspiration au bonheur.

    Trop de gestion tue le social

    couverture

    Michel Chauvière
    La découverte, 2010

    Les idées néolibérales progressent aujourd'hui par le social. N'ayant plus les moyens économiques de notre modèle historique, il nous faudrait impérativement réduire la voilure, rationaliser le système, nous ouvrir à la concurrence et au marché. Autrement dit, déréguler ce qui peut l'être, améliorer la gouvernante à grand renfort de consultants, renforcer le contrôle des opérateurs et professionnels sur fonds publics et renvoyer le reste au gré à gré ou au caritatif. Exit les idéaux de solidarité nationale, d'émancipation ou d'éducation, le social entre à son tour dans le monde des affaires. Il en est ainsi du côté de l'aide à domicile (dépendance et handicap), de l'insertion, de la petite enfance, de la protection judiciaire, de la formation... Comment opèrent ces changements ? Quelles en sont les conséquences pour l'action sociale organisée ? Pourquoi les avons-nous laissés s'installer ? Que devons-nous défendre maintenant ? A travers l'analyse du nouveau lexique, largement inspiré de l'entreprise, qui s'est imposé dans tout le secteur social (services à la personne, démarche qualité, privilège de l'usager, performance, évaluation, etc.), Michel Chauvière montre que celui-ci est dénaturé et asphyxié par un processus de " chalandisation " qui formate les consciences, sape les fondamentaux de l'engagement et prépare à accepter plus de privatisations des services et une plus grande hégémonie de la gestion. Mais rien n'est définitivement joué !