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Économie capitaliste

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Les citations du thème « Économie capitaliste »

Je ne sais pas si les marchés pensent juste, mais je sais qu'on ne peut pas penser contre les marchés. Je suis comme un paysan qui n'aime pas la grêle mais qui vit avec [...]. Il faut le savoir, et à partir de là, agir comme s'il s'agissait d'un phénomène météorologique.

Alain Minc, Le Débat, mai 1995

Après Jeanne Calment (122 ans), Apple (21 ans) [...] Les entreprises meurent aussi [...]. L'accélération du progrès technique et l'exacerbation de la concurrence ont, partout, modifié d'une manière radicale les conditions de vie des firmes. Indispensable certes, la lutte de chacune d'elles pour la survie ne doit pas cependant conduire à un recours systématique à des méthodes artificielles. la mort peut être, parfois, préférable.

Editorial du journal Le Monde, 08/08/1997

L'inégalité des revenus, dans une certaine mesure, est un facteur de l'enrichissement des plus pauvres et du progrès social.

Philippe Manière, ancien rédacteur en chef du journal Le point, "Les vertus de l'inégalité", journal Le point, 07/01/1955

Les Français ne sont pas sportifs parce que nous avons l'habitude de l'Etat-providence.

Olivier Mazerolle, alors directeur de l'information de RTL, à propos des mauvais résultats des athlètes français lors des JO, France2, 26/02/1994

Le libéralisme n'est pas une construction intellectuelle comme le marxisme : le monde a été créé ainsi. [...] C'est le meilleur système. La guerre économique fait moins de victimes que les guerres militaires ou religieuses. Le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste.

Jean-Marc Sylvestre, responsable d'émissions sur LCI, rédacteur en chef à TF1, chroniqueur à France Inter, entretien à VSD, 20/01/2005

Monsieur Michelin doit faire croire qu'il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui.

Paul Nizan, Les chiens de garde, Maspéro, 1976

Il y a un peu plus de cinquante ans est née [...] une espérance aussi grande pour les nouveaux ''damnés de la terre'', les peuples du tiers-monde, que le socialisme l'avait été pour les prolétariats des pays occidentaux. Une espérance peut-être plus suspecte dans ses origines et ses fondements, puisque les Blancs en avaient apporté avec eux les graines et qu'ils les avaient semées avant de quitter les pays qu'ils avaient pourtant durement colonisés. Cette espérance, c'était le développement. Mais enfin, les responsables, dirigeants, élites des pays nouvellement indépendants présentaient à leur peuple le développement comme la solution de tous leurs problèmes.

Serge Latouche, Survivre au développement, éd Mille et une nuits (Lagardère), 2004

On nomme développement l'accès d'une frange infime de la population à la voiture individuelle et à la maison climatisée. On nomme développement l'élargissement de la fracture sociale entre cette infime minorité qui accède à une richesse insolente, et la masse de la population confinée dans la misère.

Jean Aubin, Croissance : l'impossible nécessaire, éd Planète bleue, 2003

Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe de s'implanter où il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.

Percy Barnevick, à l'époque PDG de la multinationale ABB, déclaration de 1995 cité par Michel Barrillon dans Attac, encore un effort pour réguler la mondialisation ?!, Climats, 2001, p60

Nous n'avons qu'une quantité limitée de forêts, d'eau, de terre. Si vous transformez tout en climatiseurs, en pommes frites, en voitures, à un moment vous n'aurez plus rien.

Arundathi Roy, Défaire le développement, sauver le climat, revue L'Écologiste n°6.

Au bout du compte, la ''lutte contre la pauvreté'' s'inscrit pleinement dans le projet de mondialisation de l'économie. Elle lui apporte ce ''supplément d'âme'' qui lui est si nécessaire pour tenter de calmer tous ceux qui, au travers de multiples manifestations spectaculaires ou de protestations individuelles, tentent de s'y opposer. On retrouve ici le principe qui consiste à utiliser des valeurs indiscutables pour justifier des ''programmes'' qui débouchent sur l'exact contraire de ce qu'ils prétendent réaliser.

Gilbert Rist, Le développement, histoire d'un croyance occidentale, Presses de Sciences-Po, 1996

Le développement durable n'est ni une utopie ni même une contestation, mais la condition de survie de l'économie de marché.

Louis Schweitzer, alors PDG de Renault, Les échos, décembre 2004

Tout est fait pour que chez le consommateur l'acte d'achat soit déconnecté de ses réelles conséquences humaines, environnementales et sociales. Pour jouir et gaspiller sans honte, il faut cacher les véritables coûts humains des produits, les lieux et modes de production, les impacts sociaux, etc.

François Brune, Le Bonheur conforme, éd Gallimard, 1996

Pour que la logique économique devienne hégémonique, il faut qu'elle se transmute dans la tête et le coeur des gens en une idéologie philosophique, éthique, politique, juridique, esthétique, etc., relativement autonome, faute de quoi ils percevraient le poids de l'économie sur leur destin comme une intolérable contrainte extérieure, dépourvue de toute légitimité, un épouvantable « matérialisme » . En fait, le propre d'un système, c'est de ne pas rester extérieur aux agents mais d'entrer en eux pour les façonner de l'intérieur, sous forme d'un ensemble structuré d'inclinations personnelles. Et, finalement, sa vitalité repose beaucoup plus sur les dispositions de ses membres en matière de moeurs, de rapport au savoir, au pouvoir, au travail, au temps, et sur leurs goûts et dégoûts, en matière de pratiques culturelles, domestiques, éducatives, sportives, etc., que sur leurs options et opinions expressément politiques. Des esprits bien conditionnés sont d'abord et surtout des variantes incorporées de l'« esprit du temps » . Et celui-ci se flatte de transcender clivages politiques et consultations électorales.

Alain Accardo, sociologue in Le Monde Diplo, mai 2000

Publicité : tu appelleras liberté de réaliser ton désir la soumission à ceux qui te l'ont inspiré.

François Brune, Médiatiquement correct, Parangon, 2004

Il est temps pour les entreprises d'avoir une autre politique de communication plus axée sur l'autre et sur son environnement. [...] Une idée d'action qui différenciera votre entreprise de vos concurrents ? [...] Vous prévaloir auprès du monde associatif d'une image de marque revalorisée et d'une certaine légitimité. Et que représente ce monde associatif : 880 000 associations et par conséquent 880 000 présidents, vice-présidents, trésoriers... qui sont autant de leader d'opinion à fort pouvoir d'achat, 60 000 créations annuelles, 10 500 000 bénévoles, 20 000 000 d'adhérents, 21 000 000 de donateurs qui sont autant de consommateurs attachés à certaines valeurs éthiques. Aujourd'hui, une personne sur deux adhère à une association. Mais si l'on cumule l'adhésion avec toutes les formes de participation occasionnelle ou de soutien financier aux associations, on estime alors que ce ne sont pas moins de huit Français sur dix qui expriment, d'une manière ou d'une autre, leur intérêt pour la vie associative. Quel autre « univers » pourra apporter à votre entreprise une aussi grande « pénétration » pour une aussi bonne action ?

Extrait de la page de présentation du site internet www.entreprise-citoyenne.com, avril 2005

Des slogans comme « Consommez éthique » ou « Achetez équitable » sont contradictoires et pervers, car ils reprennent ce qui fait problème : l'impératif de consommer.

Serge Latouche, Justice sans limites, éd Fayard, 2003

La mondialisation engendre, aujourd'hui, bien des peurs : peur de voir s'aggraver les dangers réels que court notre environnement, peur de voir s'accentuer les déséquilibres entre les pays, les régions et les peuples, peur en somme de perdre toute maîtrise de l'avenir. Chez Carrefour, nous avons, au contraire, foi dans l'avenir du monde. Présents dans 29 pays, nous vivons cette 'mondialisation positive' de l'intérieur, au coeur des populations, et croyons qu'une mondialisation équitable, respectueuse de la diversité de chacun, est possible. [...] Engagés depuis des années dans une démarche de développement durable, nous nous efforçons, jour après jour, de concilier les impératifs économiques propres à notre entreprise avec les besoins de la société, le respect des règles de l'économie et la protection de l'environnement.

Daniel Bernard, PDG de Carrefour Extrait de « Le développement durable : une façon de 'positiver' la mondialisation », site internet de Carrefour, mars 2005 Notons que Daniel Bernard a été évincé de Carrefour en février 2005. Ses indemnités totales de licenciement s'élèvent à 38 millions d'euros, presque un record français. C'est l'équivalent de plus de 3 000 années de salaire d'une caissière (Le Nouvel Observateur, 29 avril 2005).

Je ne cherche à convaincre personne. [...] [Je m'adresse à celles et ceux] qui une fois dans leur vie se sont posées la même question que moi (devant leur poste de télévision, au bureau, à l'usine, dans un embouteillage, au supermarché) : « Qu'est-ce que je fais là, qu'est-ce qu'on est en train de me faire ? » [...] [J'ai renoncé à] l'illusion d'être entendu de quiconque n'a pas pris conscience, au moins obscurément, que l'organisation indigne du monde le forçait à vivre dans l'indignité. Je m'adresse donc à ceux qui ont trébuché au moins une fois dans leur vie sur le chemin des certitudes et, souffrant de l'injustice du système dominant, souhaitent son réamènagement. IL N'EXISTE PAS D'AMÉNAGEMENT POSSIBLE. Le système-monde actuel (capitalisme + science + industrie) se trouve confronté à un problème insoluble. D'un côté il ne peut profiter qu'à un petit nombre de nantis sous risque de foutre l'écosphère en l'air. De l'autre, le mouvement d'autoreproduction qui l'anime aspire inéluctablement dans le giron de son « développement » la population de la planète non encore intégrée. Une fois dépossédée de ses moyens de subsistance et piégée à la périphérie, celle-ci n'a alors d'autre ressource que de tenter par tous les moyens de progresser vers le centre pour y gagner en confort ce qu'elle a perdu en liberté. C'est à cette impasse de la pensée que chacun de nous doit désormais se confronter : pour nous permettre de simplement maintenir notre niveau de vie, le capitalisme nous impose une croissance économique infinie, dont nous savons désormais qu'elle est incompatible avec la sauvegarde d'une planète par nature finie. Compte tenu de la croissance démographique prévisible, de la légitime aspiration des peuples de la périphérie à voir leurs besoins satisfaits, de la dégradation du substrat biologique de la planète et de la totale inanité des solutions techno-scientifiques proposées, nous n'avons d'autre issue que d'entrer dans une phase de « décroissance », donnant ainsi le coup de pied de l'âne à une économie mondiale qui n'en demandait pas tant pour se trouver au plus mal.

Hervé René Martin La fabrique du diable - La mondialisation racontée à ceux qui la subissent II, éd Climats, 2003

Sans doute, il faut plaindre les sauvages détruits par les Blancs, mais est-ce que tout progrès n'entraîne pas des souffrances avec lui.Les nouveaux Australiens sont plus civilisés et plus éclairés. Le résultat définitif est donc bon.

A.Girault, professeur de droit, dans Principes de législation coloniale (1895)

Quand on se place du côté des Américains, on constate que pendant les dix-sept années au cours desquelles les États-Unis ont été en guerre depuis 1898, le rendement moyen annuel des actions a été de 12 %, alors qu'il n'a été que de 9 % en moyenne au cours des années de paix. [...] Plusieurs commentateurs de la scène politique internationale pensent que la bourse nord-américaine, avec le conflit irakien, se comportera comme en 1991, lorsqu'il était vite apparu que l'opération Tempête du désert serait de courte durée et sans dommage majeur pour les États-Unis. À l'époque, l'indice Dow Jones avait gagné 15 % en quelques semaines seulement, soit entre le jour du déclenchement du conflit contre les Irakiens le 17 janvier et le cessez-le-feu signé le premier week-end de mars.

André Gosselin, analyste boursier, sur le site Lesaffaires.com (mars 2003), cité dans le mensuel CQFD. n°14

Entre 1942 et 1945, la Bourse américaine a crû de 100 %.

Le Monde, 23/09/02
cité dans le mensuel CQFD. n°14

L'imminence d'une deuxième guerre du Golfe doperait-elle les marchés financiers ? Depuis lundi, la plupart des places financières et boursières du monde sont orientées à la hausse, comme si l'espoir d'une guerre rapide et couronnée de succès pour les Américains rassurait les courtiers du monde entier. C'est ce que pense le ministre français délégué au budget, Alain Lambert, selon lequel un conflit peut "paradoxalement redonner de l'élan à notre économie".

Libération, 18/03/03
cité dans le mensuel CQFD n°14

Le monde a fait l'expérience de l'anti-mondialisation pendant une grande partie du XXème siècle. Les souffrances et les misères provoquées par ces idéologie nationalistes ou collectivistes on été immenses.

Extrait du rapport Réussir la mondialisation, syndicat patronal le MEDEF, juin 2002

En 2005, les entreprises françaises qui composent l'indice boursier du CAC 40 ont réalisé 84 milliards d'euros de profit, un chiffre en hausse de près de 30 % par rapport à 2004, qui avait déjà été considérée comme une très bonne année. Leur chiffre d'affaires a, lui, progressé de plus de 6 %. La croissance stagne en France, mais ces groupes bénéficient de sa vigueur au niveau mondial en 2005. Moins internationalisées, les entreprises de taille plus modeste ne semblent pas portées par le même dynamisme. Une partie importante des profits est reversée aux actionnaires, mais aussi aux salariés par le biais de l'intéressement et de la participation. Nombre d'entreprises se lancent, en outre, dans des opérations de croissance externe.

Le Monde, 13/03/06 cité dans le mensuel CQFD n°33

Au-delà de sa fonction économique, Carrefour est un acteur actif (sic) dans les domaines sociaux et environnementaux, dans chaque pays où le groupe est implanté. Nous avons la conviction qu'agir en tant qu'acteur (sic) responsable est source de succès économique. La politique de développement durable de Carrefour repose depuis toujours sur un langage d'actes : c'est avant tout au coeur de nos pratiques quotidiennes que nous voulons faire la preuve de notre engagement social, économique et environnemental.

Valeurs et engagements de Carrefour, www.nosengagements.com cité dans le mensuel CQFD n°17

L'objectif affirmé de Porsche est de réduire au minimum les effets préjudiciables à l'environnement, et de soutenir également les efforts internationaux visant à résoudre les problèmes écologiques globaux.

Site Internet de Porsche, 2004, année du lancement du Porsche 4x4 Cayenne : 2 tonnes et demi, 450 chevaux, 266 km/h

Il est évidemment facile de prôner la croissance zéro si l'on a un emploi et qu'on ne risque pas de le perdre. Quant à la décroissance, elle pourrait aggraver les problèmes au lieu de les résoudre. Il faut se développer autrement et non cesser de le faire. Les siècles passés nous ont laissé des outils suffisants pour enfin donner du sens au progrès.

Nicolas Hulot, sponsorisé par TF1, Edouard Leclerc, L'Oréal, EDF... Colloque Devenir, octobre 2003 Cité dans le journal La décroissance n°20

Je veux, par ailleurs, rappeler l'engagement de notre groupe dans le développement durable et la protection de l'environnement.

Thierry Desmaret, PDG de TotalFinaElf, 2002 Cité dans le journal La décroissance n°21

Les grandes valeurs de l'Amérique ont été portées par les discours de leurs marques : Coca-Cola la jeunesse, Malboro la sérénité, Levis la liberté, MacDo la famille, Nike l'engagement personnel...

Jacques Séguéla, Le Nouvel Economiste, 26/01/2006 Cité dans le journal La décroissance n°31

La grande distribution, phénomène purement français, peut faire état d'un bilan extraordinairement négatif, s'agissant de la distribution en général, s'agissant de l'équilibre de l'aménagement de notre territoire, s'agissant peut-être et surtout de la convivialité.

Jacques Chirac (qui n'en est pas à une contradiction près), France 2, 01/05/1996Cité dans le journal La décroissance n°25

[Nous devons] tout faire pour la croissance [...] soutenir le pouvoir d'achat. Poursuivre la baisse de l'impôt sur le revenu et la baisse des charges. Permettre à celles et ceux qui veulent gagner plus de travailler plus. Donner plus de droits aux consommateurs. Développer la concurrence. Encourager l'exportation et renforcer notre présence sur les grands marchés émergents. Tout faire pour que cette croissance profite à l'emploi. [...] Les programmes des dernières décennies, comme le TGV, le nucléaire, Airbus ou Ariane, font encore la force de notre industrie. J'ai demandé au Gouvernement de lancer les projets industriels qui tireront la croissance de demain et nous permettrons d'accroître notre avance technologique.

Jacques Chirac, voeux du président de la République, 1er janvier 2005

En économie, il n'y a pas de pensée unique, il y a simplement une réalité unique.

Alain Minc, président du conseil de surveillance du journal Le Monde L'évènement du jeudi, 17/09/98

Pour JCDecaux, le développement durable est une véritable culture d'entreprise. Ainsi, nous veillons à contribuer quotidiennement à l'embellissement des villes et à la protection de l'environnement urbain pour construire un monde meilleur.

Jean-Charles Decaux, président de la société d'affichage publicitaire Decaux, 2004 cité par Casseurs de Pub, dossier novembre 2004

L'entreprise aux travailleurs, ce slogan séduisant n'est donc que d'application très limitée. En faire le fondement d'un contre-modèle reléverait de l'illusion. En bref, notre vie économique ne peut être organisée dans un cadre autre que capitaliste. Il n'y a pas d'alternative.

Jean Peyrelevade, socialiste, ancien PDG de Suez, du Crédit Lyonnais et de l'UAP. Commentaire, été 2006

1 800 000. C'est le salaire mensuel, en euros, du PDG de Dassault Système. Le PDG d'Alcatel gagne 20 millions d'euros par an. Thierry Desmarest, le PDG de Elftotalfina touche 11 millions d'euros par an, soit 340 fois le revenu moyen d'un ménage français sur deux.

Que les gros salaires baissent la tête !, Jean-Luc Porquet, Michalon, 2005

3. C'est le rang de la France en matière d'exportations mondiales d'armes. Ces exportations ont connu une croissance de 60% en 2004, soit 7,125 milliards d'euros de recettes. Avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la France a représenté, au cours des dix dernières années, plus des trois quarts des exportations mondiales d'armement.

Agence France Presse, 21/12/2005 Observatoire des transferts d'armements.

La publicité, c'est plus fait pour vendre que pour dire la vérité.

Jean-Pierre Raffarin, ex-directeur Marketing des Cafés Jacques Vabre, ex Premier ministre Ouest-France, 01/03/04 cité par La décroissance n°21, mai 2004

47. C'est le nombre d'espaces "d'expression libre" offerts aux usagers du métro parisien par la RATP pendant 10 jours en 2004, suite à la montée du mouvement antipub. Par comparaison, il y a dans le métro au moins 100 écrans plasma, 2140 panneaux de 12 mètres carrés sur les quais, 3450 dispositifs de deux mètres carrés éclairés, 450 panneaux de 6 mètres carrés et 3600 panneaux de 3 mètres carrés dans les couloirs, 1900 panneaux de 1,5 mètres carrés dans les rampes d'escalier, 2400 panneaux sur les cloisons des wagons, 4500 bandeaux et 7000 oriflammes dans les wagons, etc.

La pub est le sponsor de la démocratie. Elle finance le pluralisme des médias.

Jacques Séguéla, Le Nouvel Observateur, 18/11/1999

J'ai fait un rêve... Ensemble, nous pourrons réaliser notre rêve de "Nations unies de la publicité". Ensemble, nous pourrons nous battre pour un monde meilleur où les gens et leurs biens seront protégés et où la publicité sera libérée des contraintes et des interdictions.

Jean-Claude Boulos, président de l'Association internationale de la publicité (I.A.A.) cité par Casseurs de Pub, dossier novembre 2002

L'admission des enfants dans les fabriques dès l'âge de huit ans est pour les parents un moyen de surveillance, pour les enfants un commencement d'apprentissage, pour la famille une ressource. L'habitude de l'ordre, de la discipline et du travail doit s'acquérir de bonne heure et la plupart des mains d'oeuvre industrielles exigent une dextérité, une prestesse qui ne s'obtient que par une pratique assez longue et qui ne peut être commencée trop tôt. L'enfant, entré à 8 ans dans l'atelier, façonné au travail, ayant acquis l'habitude de l'obéissance et possédant les premiers éléments de l'instruction primaire, arrivera à dix ans plus capable de surmonter la fatigue.

Ministre du commerce français, 1841, à propos de la loi fixant le seuil d'emploi dans les usines à 8 ans. cité dans La contribution des travailleurs étrangers au développement industriel de la France à nos jours, Paul Muzard, brochure éditée par le MRAP, 1998

L'immigration est un moyen de créer une certaine détente sur le marché du travail et de résister à la pression sociale.

Pompidou, 1966, cité dans La contribution des travailleurs étrangers au développement industriel de la France à nos jours, Paul Muzard, brochure éditée par le MRAP, 1998

Je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise. Assez de faux-semblant : la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution.

Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas Sarkozy alors PDG des Tissages de Picardie et vice-président du syndicat patronal le Medef, L'Expansion, 28/11/02 cité par CQFD n°15

Personne ne s'étonnera que l'obsédant sentiment d'insécurité galvanise l'économie et alimente de nouveaux business. Les investissements et l'innovation ont redoublé depuis le 11 septembre 2001. Mais le secteur avait commencé à prospérer bien avant. En dix ans, il a presque doublé, passant en France de 8 milliards d'euros en 1992 à plus de 14,7 milliards en 2003. Trois domaines tirent particulièrement leur épingle du jeu : le conseil, l'audit et l'ingénierie (170 millions d'euros, en augmentation de 14 % en 2003), le gardiennage et la surveillance humaine (2,35 milliards d'euros, + 9 %) et la vidéosurveillance (512 millions d'euros, + 6 %). Les officines privées en tout genre prolifèrent. « Les agents de sécurité privés sont maintenant supérieurs en nombre aux forces de la police nationale : 170 000 contre 140 000 », confirme éric Chalumeau, directeur des études de l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (Ihesi) et directeur général de Suretis, cabinet de conseil en sûreté et sécurité, filiale de la Caisse des dépôts.

Challenges, avril 2004 cité dans le mensuel CQFD n°14

Pour un monde plus juste, faites vos courses.

affiche de l'association Max Havelaar, 2006

L'intégration économique de la planète requiert la disposition de la puissance américaine à utiliser sa force contre ceux qui, de l'Irak à la Corée du Nord, menaceraient le système de mondialisation. La main invisible du marché ne peut pas fonctionner sans un poing caché - McDonald's ne peut prospérer sans McDonnell Douglas, qui construit les F-16. Et le poing caché qui rend le monde sûr pour les technologies de la Silicon Valley s'appelle l'armée, la force aérienne, la force navale et les marines des Etats-Unis.

Thomas Friedman, The Lexus and the Olive Tree, Farrar, 1999 cité dans Le grand bond en arrière, Serge Halimi, Fayard, 2004

Celui qui n'accepte pas la rupture, celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du parti socialiste !

François Mitterrand, discours du congrès d'Epinay, 11/06/1971 cité par Serge Halimi, Le grand bond en arrière, Fayard, 2004

La fermeture des usines, c'est aussi, hélas, la vie. Les arbres naissent, vivent et meurent. Les plantes, les animaux, les hommes et les entreprises aussi. Moi, j'ai connu, quand j'étais petit, des maréchaux-ferrants. J'ai même travaillé chez un maréchal-ferrant. Il n'y en a plus. Ils ont disparu. Ce n'est pas pour autant que la civilisation a régressé. C'est la vie.

Jacques Chirac, évoquant la fermeture de l'usine belge de Renaud à Vilvorde, AFP, 13 mars 1997 cité par Serge Halimi dans Le grand bond en arrière, Fayard, 2004

12 000 000 000 000 C'est le nombre de dollars dépensés par les Etats-Unis pour leur Armée entre 1947 et 1990. Exception faite des années 1952 (395 milliards de dollars pour la guerre de Corée) et 1968 (310 milliards de dollars pour la guerre du Vietnam), les Etats-Unis ont dépensé, chaque année entre 1947 et 1990, environ 245 milliards de dollars par an (valeur 1991) pour leur défense. Les Etats-Unis ont par exemple dépensé 28 milliards de dollars pour fabriquer 100 bombardiers B-1 (fiasco militaire et scandale financier) ; 1,8 milliard de dollars pour 25 batteries anti-aériennes (qui finirent à la ferraille car inutilisables) ; plus d'un demi-milliard de dollars pour chaque bombardier B-2 ; 1,5 milliard de dollars pour le sous-marin Trident (capable de lancer des centaines de têtes nucléaires).

Chiffres extraits de Patrick Lloyd Hatcher, Economic Earthquakes, Institute of Governmental Studies, 1994, cité par Serge Halimi, Le grand bond en arrière, Fayard, 2004, p121 ; et Nous le peuple des Etats-Unis, Howard Zinn, Agone, 2004, p405.

[La doctrine du monde occidental n'est pas libéraliste mais] "libéral-paternaliste", car elle est libérale en haut, à l'égard des entreprises et des catégories privilégiées, et paternaliste et punitive en bas, envers ceux qui se trouvent pris en tenaille par la restructuration de l'emploi et le recul des protections sociales ou leur reconversion en instrument de surveillance.

Loïc Wacquant, sociologue, L'R de réel, mai-juin 2000
cité par Serge Halimi, Le grand bond en arrière, Fayard, 2004, p463

Le capitalisme ne triomphe que lorsqu'il s'identifie avec l'Etat, qu'il est l'Etat.

Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, Arthaud, 1985

Le révolutionnarisme est derrière nous. Il n'y a pas de modèle alternatif [...]. Il faut pousser la logique de la globalisation jusqu'au bout.

Lionel Jospin, sommet de Florence, novembre 1999 cité par Michel Barrillon dans Attac, encore un effort pour réguler la mondialisation ?!, Climats, 2001

[Ceux qui s'opposent au commerce international] privent les pays en voie de développement de leurs chances de croissance. [...] Ils condamnent les gens à la misère.

Geroge Bush, entretien accordé à des journalistes, rapporté par Le Monde, 19/07/2001 cité par Michel Barrillon dans Attac, encore un effort pour réguler la mondialisation ?!, Climats, 2001, p42

Les nouvelles normes du département de l'agriculture américain précisent le diamètre des trous dans le gruyère : 13/16e d'un pouce au maximum.

Le Monde, 31/01/2001
cité dans Quelques éléments d'une critique de la société industrielle, Bertrand Louart, juin 2003

Les bénéfices cumulés des cinq plus grandes sociétés pétrolières mondiales (ExxonMobil, BP, Shell, Total et Chevron) ont dépassé les 100 milliards de dollars en 2005, un record historique. En 2003, Exxon Mobil était la société qui avait réalisé le plus de bénéfices au monde.

Le Monde, 10/09/2005 Magazine Forbes, 13 février 2004

Nous ferons de la France un pays de propriétaires. Le rêve de propriété doit être accessible pour tous, y compris pour les petits salaires. Cessons de culpabiliser le patrimoine, la propriété, la promotion sociale.

Nicolas Sarkozy, Palais des Sports - Porte de Versailles - Paris, Jeudi 12 mai 2005

Il nous faut d'abord faire aimer le travail. Je crois que c'est très important. Quand on regarde aujourd'hui la situation de notre pays, si vraiment la France croit que nous pourrons garder un système social parmi les plus avancés du monde, en entrant dans la vie active à 30 ans et en en sortant à 50, nous sommes dans une impasse. Et donc il faut faire aimer le travail aux jeunes. Quand je vois que l'on rêve toujours de prolonger la formation ou d'avancer la retraite, c'est qu'on ne fait pas assez d'efforts dans notre pays pour faire partager le goût et le besoin du travail. [...] Il faut aussi faire partager le bonheur d'entreprendre. [...] Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à entreprendre ? Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à animer des équipes ? Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à investir ? Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à être responsable ? Est-ce que la responsabilité est si étouffante ? Est-ce un métier si horrible pour dire aux jeunes ne le prenez pas ? Oui, il y a des difficultés, il y a des charges, oui il y a de la paperasserie et beaucoup de difficultés. Mais tous les métiers ont leur charge, je vous l'assure. Faites partager ce que vous avez au fond de vous-mêmes, c'est-à-dire un bonheur d'entreprendre. Et c'est ce bonheur et cette contagion du bonheur qui sera le meilleur moteur pour soutenir les initiatives que nous prendrons. [...] Il est très important que le travail apparaisse comme un élément de la vie qui ne soit pas la part de vie la plus faible et la plus difficile. Je suis toujours inquiet quand je vois qu'on a du mal à envisager de travailler plus, qu'on rêve de la retraite. Je me demande s'il faut qu'on se cache longtemps que ce sont souvent les réalités du travail qui nourrissent les rêves de la retraite. Et je pense qu'il faut avoir cette lucidité là, rendre le travail, y compris socialement, plus attractif. Mais c'est aussi une bataille culturelle très importante. Il faut sortir de ces idées qui ont encombré le XIXème siècle, qui ont conduit à des erreurs fondamentales au Xxième siècle, qui font du travail une force aliénante, alors qu'au contraire c'est une force épanouissante, et que c'est une conquête de liberté, et dire aux jeunes qu'il n'y a pas meilleure liberté que celle qui peut leur permettre de conduire librement leur vie.

Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre Assemblée Générale du Medef [syndicat patronal], janvier 2003

En 2005, les entreprises françaises qui composent l'indice boursier du CAC 40 ont réalisé 84 milliards d'euros de profit, un chiffre en hausse de près de 30 % par rapport à 2004, qui avait déjà été considérée comme une très bonne année. Leur chiffre d'affaires a, lui, progressé de plus de 6 %. La croissance stagne en France, mais ces groupes bénéficient de sa vigueur au niveau mondial en 2005. Moins internationalisées, les entreprises de taille plus modeste ne semblent pas portées par le même dynamisme. Une partie importante des profits est reversée aux actionnaires, mais aussi aux salariés par le biais de l'intéressement et de la participation. Nombre d'entreprises se lancent, en outre, dans des opérations de croissance externe.

Le Monde, 13/03/06 cité dans le mensuel CQFD. n°33

La course au moins-disant social, au moins-disant environnemental, même si elle peut apporter un profit illusoire à court terme, est une course à l'abîme. Une course qui compromet l'avenir même de l'humanité par le gaspillage des biens publics mondiaux, la destruction de la biodiversité ou le réchauffement du climat. Une course qui rejette dans l'exclusion des centaines de millions de femmes et d'hommes. A cette course folle, il est une alternative. Humaniser et maîtriser la mondialisation. Poser les bases d'une croissance plus durable et mieux répartie. Telle est la vraie rationalité économique. Car, pour les pays du Sud, le succès économique et le progrès social passent autant par le développement du marché intérieur que par celui des exportations. Car, pour les pays développés, un partenariat respectueux mais exigeant avec les pôles émergents du monde -selon des règles acceptées et appliquées par tous- porte la promesse d'un avenir de croissance et de prospérité partagée. Car, pour les entreprises, un monde de justice et de droit est porteur de bien davantage d'opportunités et de sécurité. Nous ne pourrons pas indéfiniment laisser en marge du mouvement du monde cette partie de l'humanité aujourd'hui reléguée derrière les murs de notre indifférence.

Jacques Chirac, discours au Palais de l'Elysée, 14 juin 2005

Relever la France : c'est à cet immense défi que ce livre veut répondre. C'est par la croissance que tout peut et doit commencer. Sans croissance, aucun accompagnement social ne pourra sortir les banlieues de l'ornière. Sans croissance, les espoirs de promotion sociale disparaissent. Sans croissance, inutile d'espérer rompre avec la spirale du déficit ou rembourser la dette. L'alternative est donc simple : soit la France renoue avec la croissance, soit elle sombre dans le chaos. Le rôle de la puissance publique, aujourd'hui, c'est de créer les conditions pour que les entreprises innovantes naissent, croissent, s'épanouissent et redynamisent l'économie française. Il est urgent de réformer pour rendre plus efficaces la recherche, l'Université et l'innovation.

Christian Blanc, député apparenté UDF, livre La croissance ou le chaos, 2006 cité dans La décroissance n°33, septembre 2006

Moi ce qui compte pour moi, c'est la liberté [...] je veux pouvoir acheter mes chemises à Hong-Kong, mes chaussures en Inde. C'est ça qui compte pour moi !

Philippe Simonnot, France Culture, 26/07/2006. Philippe Simonnot est docteur ès sciences économiques, chroniqueur au Figaro, directeur de l'Observatoire économique du droit à l'Université de Versailles Saint-Quentin, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. cité dans La décroissance n°33, septembre 2006.

Tout le monde sait que pour obtenir le droit de chercher du pétrole, il faut payer en liquide. [...] Les moeurs de cette industrie n'ont rien à voir avec ce qui se pratique ailleurs. Les gens les plus rigoristes devraient en être conscients quand ils vont faire leur plein.

Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG D'Elf, protagoniste de L'affaire Elf. Entretien au Nouvel Observateur du 23/01/1997. Cité dans le livre Noir Silence .

Les premières preuves de la toxicité de l'amiante sont apparues en France dès 1906. Mais il a fallu attendre 1997 pour que cette fibre minérale soit définitivement interdite. Ainsi, pendant plus de 90 ans, les autorités publiques, sous la pression des lobbies, se sont contentées "d'encadrer" l'usage de l'amiante. Bilan : 35 000 morts en France entre 1965 et 1995. D'ici à 2025, on s'attend encore à 100 000 décès.

Mettons les toxiques hors la loi !, brochure de Greenpeace, avril 2006, p3.

Depuis quelques années, le nombre de victimes de maladies professionnelles explose : de 15 554 en 1997, il est passé à 44 245 en 2003, soit une hausse de 184% selon la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM). Mais ces chiffres ne traduisent que la part la plus visible du phénomène. Nombre de salariés "cassés" par leur travail -amiante, poussières toxiques, solvants, colorants, bruit, pénibilité, stress, etc.- ne sont pas reconnus comme tels, parce que leurs employeurs s'y opposent et que leurs médecins n'y voient que du feu.

Le Plan B n°4, octobre 2006.

Le groupe AXA, qui a raflé 2,7 milliards d'euros de profits durant le premier semestrre 2006, va délocaliser 1500 emplois au Maroc durant les cinq prochaines années. Une mesure destinée à "sécuriser l'emploi de nos salariés", selon le directeur du "développement social" d'AXA, Alain Roubin.

D'après Le Monde, 27/09/06. Cité par Le Plan B n°4, octobre 2006.

En 2003, le nombre de millionnaires en dollars, tous pays confondus, s'élevait à 7,7 millions de personnes, soit 500 000 de plus qu'en 2002. Le patrimoine privé cumulé de ces 7,7 millionnaires s'élevait à 28 800 milliards de dollars en 2003. Entre 2002 et 2003, le nombre de millionnaires en dollars originaires de l'un des 52 pays d'Afrique a augmenté de 15%. Ils sont aujourd'hui plus de 100 000. Les Africains riches détiennent aujourd'hui, en cumulé, des avoirs privés s'élevant à 600 milliards de dollars, contre 500 milliards en 2002.

D'après Jean Ziegler, L'empire de la honte, Fayard, 2005, p43.

200 000 ouvrières fabriquent les Ipod [Baladeurs numériques] de la marque Apple. Elles travaillent au rythme de 15 heures par jour pour 40 euros par mois. Elles dorment sur place dans des dortoirs d'une centaine de lits, certaines devant même payer leur logement.

D'après La Décroissance n°35, décembre 2006.

Le développement durable est facile à définir : si votre arrière-grand-père et vos enfants restent des consommateurs fidèles de Nestlé, alors nous avons travaillé de façon durable. Et ceci est le cas de plus de 5 milliards de personnes dans le monde...

Peter Brabeck-Lemathe, Directeur Général du groupe Nestlé, cité dans Les coulisses du commerce équitable, Christian Jacquiau, Mille et une nuits, 2006. Cité dans La Décroissance n°35, décembre 2006.

Vous voulez sauver la planète et vous avez raison ! Le développement durable, ce n'est pas la croissance zéro, c'est la croissance durable. La révolution que je vous propose, c'est de faire du développement durable le critère de toutes nos politiques publiques.[...] En investissant dans le nucléaire qui ne produit pas de gaz à effet de serre.

Nicolas Sarkozy, Université d'été des Jeunes populaires UMP à Marseille, 03/09/2006. Cité dans La Décroissance n°35, décembre 2006.

Vous devez être ceux qui menacent, pas ceux qui sont menacés. Vos dents doivent rayer le parquet. L'indulgence est comme la pitié, elle vous déshonore et elle déshonore aussi ceux qui en bénéficient. La société a besoin de durs, pas de mous. L'ennui, c'est qu'il y en a beaucoup, des mous, beaucoup trop. Il faut arrêter de reculer le moment de l'effort. Ne soyez pas indulgents avec vos salariés. Il y a tout plein de bac + 12 qui sont infoutus de travailler, ils ne sont même pas capables de trouver un balai pour faire le ménage. Quand on doit licencier quelqu'un, il ne faut pas cacher la vérité. Vous savez, c'est aussi difficile pour celui qui coupe que pour celui qui est coupé. Moi je préfère les assassins aux escrocs : les escrocs, les gens les trouvent sympas. Les assassins, non, évidemment ; mais pourtant ils ont un grand mérite, c'est de ne pas être hypocrites.

André Daguin, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) lors de l'université d'été du Medef sur le campus de HEC à Jouy-en Josas en 2004. Citation tirée de 7 millions de travailleurs pauvres, La face cachée des temps modernes, Jacques Cotta, Fayard, 2006, p158.

Je suis un libéral, au sens où je crois à la liberté ; mais je suis également un humaniste, au sens où je crois que la production de richesses doit avoir un sens, que la morale ça compte, que la spiritualité ça existe, que l'homme a une destinée, et qu'on ne fait pas n'importe quoi avec l'homme qui n'est pas une marchandise comme les autres.

Nicolas Sarkozy, discours lors de rencontres UMP à Saint Etienne, jeudi 9 novembre 2006. Cité par Canal+, samedi 11 novembre 2006.

La mondialisation est à l'économie ce que l'air est à l'individu, ou la pomme à la gravitation universelle.

Alain Minc, Journal du Dimanche, 19/10/1997. Cité par François Brune dans De l'idéologie aujourd'hui, Parangon, 2005.

Il y a des pauvres en France parce qu'ils n'ont pas de travail. Il y a aussi beaucoup de pauvreté parce que le travail n'est pas assez payé. Le travail est racketté, entre guillemets, par l'Etat, les organismes sociaux, donc il n'y a pas d'intérêt à travailler plus. Cette logique du non-travail, cette culture du non-travail est invraisemblable.

Jean-Marc Sylvestre, LCI cité par le Zapping de Canal plus du 25 janvier 2007. Jean-Marc Sylvestre est chroniqueur sur LCI, France Inter, et a eu de nombreuses responsabilités au sein de TF1.

Je m'engage aujourd'hui, comme je l'ai fait en tant que ministre et dans ma région, en faveur du développement durable. Je ferai de l'environnement l'un des coeurs de mon action, comme un pilier de la croissance durable et de l'ordre juste.

Ségolène Royal, Le nouvel Observateur, 14 décembre 2006

Empêcher les entreprises de licencier, c'est comme vouloir empêcher la maladie.

François Fillon, alors ministre des affaires sociales, AFP, 27 janvier 2003.

Le capitalisme est une force qui va, mais qui ne sait pas où elle va. Nous voulons signer à cette force un sens, c'est-à-dire à la fois une signification et une direction.

Lionel Jospin, Université d'été du Parti socialiste, août 1998.

Et vous pourrez dire tout ce que vous voudrez aux chefs d'entreprise, et moi aussi. Ils iront toujours là où il y a la meilleure productivité, le meilleur rendement et le meilleur profit.

François Mitterrand, alors président de la République française, 1993, cité par Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique, juin 2005.

Notre projet historique est de promouvoir la libre entreprise. Mais ce n'est pas facile, parce que nous devons faire ça avec un peuple qui n'a pas de culture économique.

Michel Rocard, ancien premier ministre français, Newsweek, 16 juin 1997.

Pourcentage de Nigérians vivant avec moins de 1 dollar par jour en 1985 : 32%.
Pourcentage de Nigérians vivant avec moins de 1 dollar par jour en 2006 : 71%.
Revenus du pétrole versés au Nigéria depuis 1974 : 728,5 milliards de dollars.

Harper's, février 2007, cité par Le Plan B n°6, février 2007

Evolution des profits des firmes du CAC 40 entre 2000 et 2005 : + 54%.
Evolution des dividendes qu'elles ont versé à leurs actionnaires pendant ces cinq ans : +71,7 %.
Evolution des investissements de ces mêmes entreprises entre 2000 et 2005 : - 41,4%.
Nom du génie qui a déclaré :"Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain qui seront les emplois d'après-demain." : Helmut Schmidt, ancien chancelier allemand.

Capital, janvier 2007, cité par Le Plan B n°6, février 2007.

La fortune privée africaine est colossale à l'échelle du continent. Selon le Rapport sur la richesse dans le monde 2004 des sociétés financières Merrill Lynch et Cap Gemini, sur les 7,7 millions de millionnaires en dollars que comptait le monde en 2003, 100 000 sont de riches Africains et le montant total de leurs actifs financiers est estimé à 600 milliards de dollars. C'est le triple de la dette extérieure publique africaine.

Damien Millet, L'Afrique sans dette, Syllepse, 2006, p133.

Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme et qu'il conduira aux mêmes excès. L'un comme l'autre sont des perversions de la pensée humaine. [...] Un bon équilibre, inspiré par la sagesse, se situera à mi-chemin des deux systèmes.

Jacques Chirac, entretien avec Pierre Péan, L'inconnu de l'Elysée, Fayard, 2007.

La dénonciation systématique du profit [...] est désormais à ranger au magasin des accessoires.

Laurent Fabius, alors Premier ministre français PS, déclaration de politique générale, 24 juillet 1984.

En 1968, on refait le monde. En 1986, on refait la cuisine !

Slogan de l'entreprise Ikea, 1986, cité dans l'émission Là-bas si j'y suis, France Inter, avril 2007

En réalité, je me demande si le capitalisme existe encore aujourd'hui, et si la grande transformation que nous vivons n'est pas une transition extrêmement puissante vers une société plus libre, plus juste, plus démocratique.

Antonio Negri, Le Monde, 13/07/2007, cité par Le Plan B n°9, août 2007.

En 2005, le nombre d'allocataire de minima sociaux (RMI, API -allocation de parent isolé - ou ASS -allocation spécifique de solidarité-....) atteignait 3,5 millions de personnes en 2005, soit 7,5% de la population des 20 ans et plus.

Etude de la Drees (ministères du Travail et des Solidarités), octobre 2006, citée par 20Minutes, 02/10/07.

Regardons notre monde en face. Jamais il n'y a eu autant de phénomènes de rente qui concentrent autant de profits sur quelques grands groupes. Il y a dans le monde et jusque dans les pays les plus riches, une multitude d'hommes et de femmes, qui n'ont même plus l'espoir de sortir un jour de leur détresse matérielle et morale. Alors pour terminer, je veux m'adresser à la conscience de tous ceux qui ont une responsabilité dans la conduite des affaires du monde. Parce que si nous ne le faisons pas, les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l'injustice qui leur est faite.

Nicolas Sarkozy, discours devant l'ONU, 25 septembre 2007, www.elysee.fr

Vous ne voulez pas de décroissance, nous non plus. Mais notre croissance dépend de notre capacité à mettre du développement durable dans chaque entreprise.

Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Écologie, du développement et de l'aménagement durables, 31/08/07, Université d'été du MEDEF. Cité par La Décroissance n°43, octobre 2007.

Posséder un 4x4, pourquoi pas. A condition de sacrifier de temps en temps au co-voiturage : utiliser une voiture de deux tonnes pour trimballer un gars de 70 kilos, c'est aberrant !

Yann Arthus-Bertrand, Direct soir (Bolloré), 13/09/07. Cité par La Décroissance n°43, octobre 2007.

Tout ce qui vient contraindre [la publicité], la pénaliser, la réduire, est une atteinte directe portée à la liberté des journaux. À la démocratie.

François d'Orcival, président du syndicat professionnel de la presse magazine et d'opinion, Valeurs actuelles, 02/11/07. Cité par La Décroissance n°45, décembre 2007.

Nous sommes trop endettés, nous ne travaillons pas assez, les 35 heures sont une catastrophe, il y a trop de blocages dans la société. La France a besoin d'une cure de libéralisme.

Luc Ferry, ministre de l'éducation nationale de 2002 à 2004, Valeurs actuelles, 02/11/07. Cité dans La Décroissance n°45, décembre 2007.

Il est un mythe, savamment entretenu par les économistes libéraux, selon lequel la croissance réduit les inégalités. Cet argument permettant de reporter à "plus tard" toute revendication redistributive est une escroquerie intellectuelle sans fondement.

Jacques Attali, 1972, revue Objecteurs de croissance. Le 24 juillet 2007, Jacques Attali acceptait pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy de présider une "commission sur les freins à la croissance" pour "recenser tous les obstacles à l'expansion" économique, et notamment "l'amoncellement de réglementations" dont l'arrêt du travail le dimanche. D'après La Décroissance n°42, septembre 2007

Le travail engendre le travail. A l'intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera enfin à plein régime. Travaillez plus, et vous multiplierez l'emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d'achat !

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, discours à l'Assemblée nationale, 10/07/07. Cité dans La Décroissance n°42, septembre 2007

La lutte des classes, c'est une idée essentielle. Essentielle pour les manuels d'histoire. Il faudra certainement un jour en enseigner les aspects positifs. Mais en attendant, elle n'est plus d'aucune utilité pour comprendre notre société. Ce qui importe aujourd'hui, c'est de se battre pour s'imposer soi-même, et non pas de lutter contre les autres.

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, discours à l'Assemblée nationale, 10/07/07. Cité dans La Décroissance n°42, septembre 2007

Nous nous préparons à livrer une véritable bataille économique. La croissance verte, qui ne lèse pas les générations futures, c'est possible.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, du développement et de l'aménagement durables, Le journal du dimanche, 29/07/07. Cité dans La Décroissance n°42, septembre 2007.

Le développement durable, cela ne doit pas être seulement une politique de protection et de précaution [...] Le développement durable, cela doit être une politique de production, qui ne soit pas simplement un frein à la croissance quantitative mais qui doit renouveler le contenu de la croissance, qui doit mettre la qualité, la modération et le bien-être au coeur de cette nouvelle croissance et qui va tirer la croissance, qui va même stimuler la croissance.

Nicolas Sarkozy, président de la République française, discours du 20/06/07. Cité dans La Décroissance n°42, septembre 2007.

Je suis prêt à travailler avec toutes les entreprises, même Total et Coca-Cola, dès lors qu'elles sont sincères. En matière d'écologie, les choses avanceront ensemble, pas les uns contre les autres.

Yann Arthus-Bertrand, 20 minutes, 11/10/07. D'après La Décroissance n°44, novembre 2007.

J'ai toujours été conservatrice, j'aime l'ordre. Je crois à l'initiative individuelle, à l'effort personnel et, en matière économique, à la main invisible du marché. Par exemple, je suis pour une privatisation totale de l'éducation nationale.

Emmanuelle Mignon, directrice du cabinet du président de la République Nicolas Sarkozy, ancienne directrice des études de l'UMP, propos cités par Le Monde, 02/09/04

Est-on pour ou contre le marché ? Question singulière pour un parti qui ne professe plus depuis bien longtemps l’étatisation des moyens de production. Le marché nous est aussi naturel que l’air que l’on respire ou que l’eau que l’on boit. [...] Nous inscrivons bien évidement notre action dans le cadre des économies de marché et s’il faut l’écrire, écrivons-le une fois pour toutes. [...] Le marché doit avoir sa place, toute sa place, rien que sa place. Les socialistes allemands ont une devise, le marché chaque fois que cela est possible, l’Etat chaque fois que cela est nécessaire. Nous, socialistes français, nous pouvons y ajouter la juste place des services publics.

Ségolène Royal, discours du 25 août 2007 à Melle, Université d'été du Parti Socialiste

L'écologie n'est pas l'ennemie de la croissance.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire depuis le 19 juin 2007. Propos cités dans Capital, hors-série, avril 2008.

Ce que nous avons su faire il y a plusieurs décennies pour le nucléaire, nous allons le faire pour le développement durable. [...] Le développement durable, c'est pas moins de croissance, c'est plus de croissance !

Nicolas Sarkozy, 20 mai 2008, Orléans, propos cités par La décroissance, juin 2008.

Je ne suis pas l’ennemi de l’Etat. Un grand pays a besoin de l’Etat, mais permettez-moi de m’exprimer très simplement. Je crois au capitalisme. Je crois à l’économie de marché. Je crois à la compétition.

Nicolas Sarkozy, 30 janvier 2007, meeting à Londres. Propos cités par La décroissance, juin 2008.

Les terroristes se nourrissent de la misère et de l’exploitation des peuples. Et c’est par le savoir et par la croissance qu’on luttera contre les terroristes. Et je sais aussi qu’on ne combat pas les terroristes - j’ai été ministre de l’Intérieur - avec les méthodes des terroristes.

Nicolas Sarkozy, discours à Tunis, 28 avril 2008.

Mc Donald's est légitime pour parler environnement à ses clients.

Dominique Voynet, L'écojournal de Mc Donald's, 2007, cité par La décroissance, janvier 2008.

L'épuisement des ressources naturelles n'est pas une fatalité ; c'est un catalyseur d'innovations pour imaginer de nouveaux produits et gagner de nouveaux marchés. Dans l'entreprise, ces solutions techniques et opérationnelles doivent être soutenues par un management fortement impliqué et concerné par la croissance écologique. Les entreprises lucides l'ont compris et intégré dans leur stratégie : le développement durable est la condition de leur réussite future. Écologie et croissance ne sont pas antinomiques. Le comprendre, c'est déjà une victoire.

Gérard Mestrallet, PDG de la multinationale Suez, Le Monde, 20/12/2007.

Les ouvriers chinois travaillent entre 8 et 12 heures par jours, avec un seul jour de repos par mois, sans sécurité sociale, pour un salaire de 80 à 100 euros mensuels. 5% des ouvriers ont entre 13 et 16 ans, soit 6 millions d'ouvriers environ.

Émission Là-bas si j'y suis, France Inter, 11/06/08

De fin 2003 à fin 2004, la multinationale Nestlé a mandaté la société de sécurité privée Securitas pour espionner des membres de l'association Attac, qui rédigeaient un livre sur Nestlé (Attac contre l'Empire Nestlé, 2004). En utilisant une fausse identité une agente de Securitas s'est infiltrée dans le groupe de travail d'Attac Vaud travaillant sur les multinationales puis dans un groupe limité aux sept auteurs. Elle a eu accès -en direct- en particulier par le biais d'une liste email restreinte aux auteurs à toutes les recherches, les sources, les contacts en Suisse et à l'étranger liés à cet ouvrage. Cette information a été révélée en juin 2008.

Émission Temps présent, Télévision suisse romande, 12/06/08, info confirmée par Attac Suisse

"S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?"  

Conférence de presse de Nicolas Sarkozy, 8 janvier 2008 "Face à la crise bancaire, l'État français a déclenché lundi 13 octobre 2008 un plan d'urgence de 360 milliards d'euros environ pour le refinancement des banques et la recapitalisation des établissements de crédit. « L'État ne laissera aucun établissement bancaire faire faillite » a déclaré Nicolas Sarkozy, « Dans la situation où nous sommes, le plus grand risque n'est pas dans l'audace, mais dans l'immobilisme. » (Le Point, 13 octobre 2008)

"Les ménages français sont aujourd'hui les moins endettés d'Europe. Or une économie qui ne s'endette pas suffisamment est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages. [...] Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leurs emprunts par la valeur de leur logement."

Abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy, site internet de l'UMP, janvier 2007

Notre système économique tel qu’il s’est développé depuis une vingtaine d’années n’a-t-il pas, au fond, contribué à aggraver les choses ? Dans la mondialisation, il y a le bon côté: les progrès techniques, les millions d’habitants des pays émergents arrachés à la pauvreté, la libre circulation des hommes, des idées, des marchandises, c’est bien. Mais il y a aussi le mauvais côté. Le mauvais côté, il faut le regarder en face : des pays de plus en plus pauvres, des inégalités qui touchent maintenant les classes moyennes, car la précarité n’est plus l’affaire que des seuls pauvres dans nos pays. La question centrale pour nous, Angela, pays développés, c’est la précarité pour les classes moyennes. Et puis il y a tout le reste : l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, le réchauffement climatique, les émeutes de la faim, et peut être un jour, les émeutes de l’eau et des migrations massives. Cela aussi, c’est le visage de la mondialisation. On attendait la concurrence et l’abondance. Au final, on a la rareté, le triomphe de l’économie de rente, la spéculation et les dumpings.

Nicolas Sarkozy, discours lors du colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », Paris, jeudi 8 janvier 2009

Le remède à la crise que nous connaissons n’est pas l’anticapitalisme. L’anticapitalisme est une impasse. L’anticapitalisme c’est la politique de la table rase, c’est la négation de tout ce qui a permis d’asseoir notre idée du progrès. La crise du capitalisme financier n’appelle pas à la destruction du capitalisme qui serait une catastrophe mais à sa moralisation. [...] Il ne faut pas rompre avec le capitalisme, il faut le refonder. Et je dis à mes propres amis en France qui ne sont pas d’accord avec cette expression refonder, s’ils n’adoptent pas la refondation du capitalisme, alors ils font le lit de ceux qui veulent détruire le capitalisme. Soit on refonde le capitalisme, soit on le détruit

Nicolas Sarkozy, discours lors du Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », Paris, jeudi 8 janvier 2009

La propriété intellectuelle est le pétrole du 21ème siècle. Regardez les 100 personnes les plus riches il y a un siècle ; elles ont toutes faite leur fortune sur l'extraction ou le transport de ressources naturelles. De nos jours, toutes les personnes riches ont gagné leur fortune en se basant sur la propriété intellectuelle.

Intellectual property is the oil of the 21 century. Look at the richest men a hundred years ago; they all made their money extracting natural resources or moving them around. All today’s richest men have made their money out of intellectual property.

Mark Getty, "Blood and Oil", The Economist (4 Mars 2000), p. 68
The Oil of the 21st Century
Wikiquote

Toutes ces théories économiques... Moi-même, parfois, je suis un peu perdu. Ce que je veux, c'est que les choses marchent.

Nicolas Sarkozy, cité par Le monde, 1er juillet 2007

La vie, la santé, l’amour sont précaires. pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal Propos cités par Le Figaro, 30 août 2005

La précarité est une loi de la condition humaine. [...] Parce que se dire ou laisser croire à tout le monde aujourd’hui en France que nous pouvons entrer dans un métier, prendre un emploi et le garder quasiment à vie, c’est de l’utopie. Ou alors c’est de la fonctionnarisation, c’est proche de l’utopie communiste et on a vu comment elle s’est terminée.

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal Entretien à France Inter, 3 septembre 2005  

Quand j'entends nos écologistes parfois dire qu'ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu'ils savent qu'il y a du chômage ? Est-ce qu'ils savent qu'il y a près d'un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là ?

Nicolas Sarkozy, discours au Conseil national de l'UMP, 28 novembre 2009

Il y a 9% de chômeurs en France. Si on leur dit "C'est la décroissance"... Il faut bien qu'ils aillent travailler les gens ! Faut bien qu'ils aient un boulot, qu'ils aient un salaire ! En Inde, il y a 600 millions de gens qui sont dans la pauvreté. Si on explique que le but c'est la décroissance, où est-ce qu'on va ? C'est un raisonnement d'égoïste, ça, qui consiste à fermer la porte du progrès au nez et à la barbe de tous ceux qui n'y ont pas encore accès ! Et puis il y a la politique qu'on propose nous : la croissance oui, mais une croissance durable, une croissance respectueuse de l'environnement. Voilà ce qu'on propose ! Clairement, ma position, c'est celle d'un développement durable.

Nicolas Sarkozy, propos rapportés par France Inter, émission Là-bas si j'y suis, 17 décembre 2009

La liberté d'entreprendre s'arrête là où commence le code du travail.

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal, Assemblée générale du MEDEF, janvier 2005

Ma conviction, c'est qu'une des questions centrales pour la France, c'est celle du pouvoir d'achat. Les salaires sont trop bas, les revenus sont trop faibles.

Nicolas Sarkozy, avril 2007, campagne présidentielle Le 8 janvier 2009, lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy tient un tout autre discours : "S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides, ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordres ? [...] Réduire la conception de la politique française à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde." L'été 2007, Nicolas Sarkozy a augmenté son salaire de 170%. Il émarge aujourd'hui à 19 900 euros mensuels.

Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini.

Nicolas Sarkozy, 25 septembre 2009, sommet du G20 de Pittsburgh

Je crois dans l’éthique du capitalisme. Je n’accepte pas, et des milliers d’entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons. Je n’accepte pas qu’au niveau mondial, pour des raisons de pur profit, on joue avec les salariés et avec les usines comme on déplace des pions sur un jeu de société. Je proposerai à nos partenaires de l’Union européenne d’édicter des règles pour que ceux qui veulent investir en Europe soient les bienvenus, mais qu’ils se comportent humainement, en respectant les hommes et les femmes, en respectant le travail, conformément à notre culture qui place l’être humain au sommet de toute chose. Je renforcerai le capitalisme familial.

Nicolas Sarkozy, Projet présidentiel pour les élections de 2007, extrait du site http://www.u-m-p.org/propositions

On entend souvent dire que cette mesure (le bouclier fiscal) ne concernerait que la partie la plus riche de la population. Mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?

Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, audition à l'Assemblée nationale, 5 juillet 2007

[En France, en 1998], le nombre d'agents privés affectés à la sécurité des biens et des personnes (145 000) est passé devant celui des policiers sur le terrain (113 000). Le chiffre d'affaires de la sécurité privée a atteint 65 milliards de francs, c'est-à-dire quasiment le budget du ministère de l'intérieur. C'est le résultat de la privatisaion de nombreux sous-secteurs du contrôle et de l'essor d'un secteur économique privé sous-traitant le contrôle d'État : depûis la fin des années 1990, aéroports, stades, services internes de la sécurité sociale ou SNCF s'adressent tous à des entreprises de gardiennage privés. Dix ans plus tard, le processus est le même s'agissant de la lutte antimigratoire, devenue une véritable "industrie".

L'ennemi intérieur, Mathieu Rigouste, La découverte, 2009, page 300

On a atteint un sommet du cynisme lorsque, [en 2008], on a découvert que, pour assurer la sécurité de nuit du Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot - où étaient enfermés des sans-papiers que l'on n'avait pas encore réussi à expulser -, on employait d'autres sans-papiers.

L'ennemi intérieur, Mathieu Rigouste, éditions La découverte, 2009, page 300

Le secteur de la sécurité s'annonce comme un acteur économique important et en croissance. Pour sa partie privée, les estimations disponibles aboutissent à un chiffre d'affaires mondial de 100 à 120 milliards de dollars. [...] Les données disponibles à plus long terme dessinent une solide croissance du chiffre d'affaires, de l'ordre de 7 à 8% annuels, très supérieurs aux taux annuels moyens de croissance économique.

Rapport de l'OCDE 2004, cité dans L'ennemi intérieur, Mathieu Rigouste, éditions La découverte, 2009, page 302