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société industrielle

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Les livres du thème « société industrielle »

Jacques Ellul, l'homme qui avait presque tout prévu

couverture

Jean-Luc Porquet
Le Cherche midi, 2003

Une excellente introduction à l'oeuvre de Jacques Ellul, pédagogique et illustrée d'exemples actualisés.

Plan :

  1. Jacques Ellul, sa vie, son oeuvre
  2. Brève histoire de la technique des origines à nos jours
  3. La technique forme désormais un système
  4. La technique rend l'avenir impensable
  5. La technique n'est ni bonne ni mauvaise
  6. L'homme ne maîtrise pas la technique : elle s'auto-accroît en suivant sa propre logique
  7. La technique crée des problèmes qu'elle promet de résoudre grâce à de nouvelles techniques
  8. La technique contre la démocratie
  9. La technique est devenue une religion
  10. La technique ne supporte pas d'être jugée
  11. La technique renforce l'État, qui renforce la technique
  12. Les transnationales sont les enfants de la technique
  13. Nous vivons sous l'emprise d'une incessante propagande
  14. La publicité et le bluff technologique
  15. La technique uniformise les civilisations
  16. Les techniques épuisent les ressources naturelles
  17. Plus le progrès technique croît, plus augmente la somme de ses effets imprévisibles
  18. La technique et l'image
  19. La technique et la culture
  20. La technique crée un nouvel apartheid
  21. La technique prétend fabriquer un homme supérieur, mais supérieur à quoi ?
  22. Une seule solution, la révolution ! (Mais elle est impossible)
  23. Jaques Ellul aujourd'hui

Survivre au développement

couverture

Serge Latouche
Mille et une nuits, 2004

Une excellente introduction à l'oeuvre de Serge Latouche. Seul hic, les éditions Mille et une nuits appartiennent au groupe Lagardère, multinationale de l'armement.

Plan :

 

  1. Vie, mort et résurrection d'un concept
  2. Le développement comme mythe et comme réalité
  3. Le développement "à particule"
  4. L'imposture développementiste
  5. Sortir du développement

Des ruines du développement

couverture

Wolfgang Sachs et Gustavo Esteva
Le serpent à plumes, 2003

Une bonne introduction pour qui souhaite questionner la philosophie du ''développement'', et sa réalité.

L'obsolescence de l'homme

couverture

Günther Anders
Encyclopédie des nuisances, 2002 (1956)

Le philosophe Günther Anders s'interroge sur la science et la technologie. Il décrit notamment le "décalage prométhéen" : l'impossibilité pour la conscience humaine de concevoir, de comprendre toutes les conséquences possibles d'une technologie. L'étendue de notre sensibilité est beaucoup plus réduite. Gunther Anders donne l'exemple de la bombe atomique : nous pouvons imaginer ce qu'est la souffrance d'une ou de dix personnes, mais nous sommes incapables d'imaginer réellement ce que signifie la mort simultanée de plusieurs centaines de milliers de personnes. La plupart des outils sont impossibles à évaluer, ils nous dépassent. Il convient d'en tirer toutes les conséquences...

Plan :

1. Sur la honte prométhéenne
2. Le monde comme fantôme et comme matrice
3. Etre sans temps
4. Sur la bombe et les causes de notre aveuglement face à l'apocalypse

Modernité et holocauste

couverture

Zygmunt Bauman
La fabrique, 2002 (1989)

Plan :

A. La sociologie après l'holocauste
1. L'holocauste comme test de modernité
2. Production sociale d'indifférence morale
3. Conséquences morales du processus de civilisation

B. Modernité, racisme et extermination
4. Histoire de l'altérité des juifs
5. La modernité du racisme
6. De l'hétérophobie au racisme
7. Le racisme comme forme d'ingénierie sociale
8. Du dégoût à l'extermination

C. L'holocauste, évènement unique et normal
9. Un génocide moderne
10. Effets des divisions hiérarchiques et fonctionnelles du travail
11. Déshumanisation des objets bureaucratiques
12. Rôle de la bureaucratie dans l'holocauste

D. La coopération des victimes
13. Le "verrouillage" des victimes
14. La rationalité individuelle au service de l'anéantissement collectif
15. Rationalité de l'instinct de conservation
16. La rationalité et la honte

L'histoire secrète du plomb

couverture

Jamie Lincoln Kitman
Allia, 2005 (2000)

Publiée dans le magazine The Nation en 2000, cette enquête de Jamie Lincoln Kitman retrace un aspect largement ignoré de l'histoire économique et industrielle du XXe siècle : l'introduction délibérée du plomb dans l'essence et les manigances des grands groupes automobiles pour imposer son usage et dissimuler au public sa dangerosité pour l'homme et l'environnement. Intrigues, manipulations, ententes secrètes, pressions, chantages et procès se succèdent tout au long du siècle jusqu'à l'interdiction récente de l'essence plombée aux Etats-Unis et dans l'Union européenne. Mais l'histoire n'est pas finie car les industriels continuent de vendre en toute connaissance de cause leur produit dans les pays en voie de développement.

Extrait de la 4ème de couverture :

"L'histoire vraie de l'essence plombée, une entreprise commerciale triste et sordide, rejoindrait tranquillement et sans faire de bruit les oubliettes de l'histoire si on laissait les capitaines d'industrie en faire à leur guise.

Mais l'heure est venue de raconter cette histoire. Les aventuriers de l'essence plombée ont pollué le monde, à grande échelle, pour leur profit et, dans le même temps, ils ont servi de modèle aux industries de l'amiante, du nucléaire, du tabac et des pesticides, comme à d'autres acteurs économiques sans foi ni loi, en se cachant derrière le paravent de l'incertitude scientifique afin d'échapper à l'évidence accablante que leurs produits sont dangereux."


Jamie Lincoln Kitman

La violence nazie

couverture

Enzo Traverso
La fabrique, 2002

Comment le nazisme, loin d'être un phénomène allemand isolé, plonge ses racines dans le XIXe siècle, dans le darwinisme social, dans les massacres des conquêtes coloniales, dans le fordisme et dans les champs de bataille de la guerre de 1914. Enzo Traverso trace les lignes d'un contexte de civilisation dans lequel s'inscrivent le régime national-socialiste et ses crimes, des lignes qui en deviennent, rétrospectivement, les prémisses techniques, idéologiques et culturelles.

Une excellente réflexion sur le société industrielle.

Plan :

A. Surveiller, punir et tuer
1. La guillotine et la mort sérialisée
2. La prison et la discipline des corps
3. Le système concentrationnaire nazi
4. L'usine et la division du travail
5. L'administration bureaucratique

B. Conquérir
1. L'impérialisme
2. "L'extinction des races"
3. Les guerres et les crimes coloniaux
4. Le nazisme et "l'espace vital"

C. Détruire : la guerre totale
1. L'armée fordiste
2. La mort anonyme de masse
3. Soldats, civils et "camps de concentration"
4. Les impasses du récit
5. Vies sans valeur
6. Un laboratoire du fascisme

D. Classer et réprimer
1. "Judéo-bolchévisme"
2. Racisme de classe
3. La synthèse nazie
4. "L'hygiène de race"

E. Exterminer : l'antisémitisme nazi
1. Le juif comme abstraction
2. La violence régénératrice

Petit traité de vélosophie

couverture

Didier Tronchet
Plon (Wendel), 2000

Et si le vélo était avant tout un moyen de déplacement intérieur ? Une formidable occasion de redécouvrir la ville, mais aussi soi-même... A travers une foule d'anecdotes savoureuses, d'envolées théoriques implacables et volontiers cocasses, sans oublier quelques bouffées d'indignation pamphlétaires contre la barbarie automobile, ce Traité de vélosophie démontre, par l'humour, que le vélo est un outil libérateur de la pensée. Sur un ton léger, mais percutant, l'auteur propose une manière inédite de penser la ville de demain, une ville enfin redevenue humaine après s'être vouée au totalitarisme motorisé. Aussi, quand vous verrez passer un cycliste, ne vous fiez pas à son allure inoffensive. A sa façon il est en train de changer le monde...

Maintenant tu es mort

couverture

Sven Lindqvist
Le serpent à plumes, 2002 (1999)

Mêlant histoire littéraire et souvenirs personnels, sources scientifiques et historiques, ce récit nous entraîne dans la genèse des bombardements par avion. Depuis quand ont-ils été utilisé, notamment contre des civils ? Comment ont-ils été justifiés par les nations occidentales ? Du bombardement de la Corée à la guerre du Vietnam, de l'invention de la poudre à la bombe atomique, un tableau sans concession de l'histoire de la terreur par les armes au XXème siècle. Et demain ?

Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable

couverture

René Riesel et Jaime Semprun
Encyclopédie des nuisances, 2008

À qui profitent les discours sur le catastophisme écologique, de plus en plus en vogue actuellement ?

Bidoche

couverture

Fabrice Nicolino
Les liens qui libèrent, 2009

"Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j'ai changé d'avis et de goût. Derrière une côte de boeuf, j'ai fini par voir un boeuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon... On peut parler d'un choc, immense et lent. L'histoire que je vais vous raconter est une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n'était inévitable. Comment des animaux sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour " fabriquer " de la " matière " à partir d'êtres vivants et sensibles ? Pourquoi leurs laboratoires sont-ils aussi anonymes que secrets ? Pourquoi l'industrie de la bidoche est-elle dotée d'une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? A la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l'élevage industriel ? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d'antibiotiques et d'hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver la famine et dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique ? Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ? La réponse n'a rien d'évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. A la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d'une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent." Fabrice Nicolino

Le feu vert

couverture

Bernard Charbonneau
Parangon, 2009

L’émergence d’un mouvement écologiste nous permettra-t-elle de résister aux tendances totalitaires du système techno-scientifique ? Telle est la question que se posait Bernard Charbonneau il y a trente ans dans ce livre aux accents prémonitoires qui n’a pas pris une ride. En effet, à l’heure du développement durable et du capitalisme vert, on peut « penser que, sauf catastrophe, le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition très minoritaire, dépourvue demoyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie ; ils ne croient qu’au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut être fait autrement. » Charbonneau propose de mettre en perspective le mouvement écologiste et de clarifier les contradictions qui le travaillent et risquent de le stériliser. Animé par des individus plus conscients du sens de leur action, c’est-à-dire de son origine et de ses fins, peut-être ce mouvement saurat- il mieux choisir ses objectifs et ses moyens pour sauver la nature sans sacrifier la liberté.

Le téléphone portable, gadget de destruction massive

couverture

Pièces et Main d'Oeuvre
L'échappée, 2008

C'est le plus foudroyant développement technologique de l'Histoire. En dix ans le téléphone portable a colonisé nos vies, avec l'active participation du public, et pour le bénéfice de l'industrie. Ce déferlement signe la victoire du marketing technologique contre les évidences. Non seulement les ravages - écologiques, sanitaires, sociaux, psychologiques - du portable sont niés, mais il n'est pas exclu que sa possession devienne obligatoire pour survivre à Technopolis. A l'échelle planétaire (déchets électroniques, massacres de populations et d'espèces menacées), nationale (surveillance, technification des rapports sociaux, bombardement publicitaire), locale (pollutions, pillage des ressources et des fonds publics) et individuelle (addiction, détérioration de la santé et autisme social), découvrons ce gadget devenu fléau absolu.

RFID, la police totale

couverture

Pièces et Main d'Oeuvre
L'échappée, 2008

Hors des laboratoires, des services vétérinaires et de logistique, peu de gens connaissent les RFID (Radio Frequency Identification), aussi nommées « étiquettes électroniques », « intelligentes », « smart tags », « transpondeurs », « puces à radiofréquences ». Ces mouchards, nés durant la Seconde Guerre mondiale, vont bientôt supplanter les codes-barres dans les objets de consommation, puis envahir les animaux, les titres de transport et d'identité, les livres des bibliothèques, les arbres des villes et finalement les êtres humains à l'aide de puces sous-cutanées : voici venu le temps du marquage électronique universel et obligatoire.

Aujourd'hui le nanomonde

couverture

Pièces et Main d'Oeuvre
L'échappée, 2008

Toutes les puissances high tech sont lancées dans la course aux nanotechnologies. L'objet de celles-ci est la manipulation de la matière, inerte et vivante, aux niveaux les plus élémentaires de l'infi niment petit – atome, molécule, cellule, gène, neurone, bit – afin de produire de nouveaux matériaux, de nouvelles sources d'énergie et de nouveaux procédés industriels. Des centaines d'applications des nanotechnologies servent déjà dans les domaines marchands, policiers et militaires, tandis que dans les laboratoires, les chercheurs travaillent d'arrache-pied à leurs projets d'eugénisme et d'artificialisation : l'homme-machine dans le monde-machine. Les nanomaîtres (scientifiques, politiques, industriels et militaires) prétendent à un pouvoir démiurgique et irréversible sur un monde remodelé à leur guise : le Nanomonde totalitaire de la société de contrainte.

Un siècle de progrès sans merci

couverture

Jean Druon
L'échappée, 2009

Connaissez-vous h ou la constante de Planck ? À moins d'être physicien, il y a fort à parier que non. Introduite en 1899, elle a pourtant influé sur les récentes péripéties de la vie sur Terre plus qu'aucun autre événement scientifique, politique ou économique. Ce livre part du postulat qu'il est impossible de comprendre l'histoire contemporaine sans prendre en compte le développement des connaissances rationnelles et des idéologies qui accompagnent ces progrès. L'histoire du XXe siècle est ici retracée à partir de la découverte par les physiciens berlinois de cette quatrième constante universelle, qui va modifier notre représentation du monde et devenir l'une des principales clés de la domination techno-scientifique : le XXe siècle comme on ne le raconte pas dans les manuels scolaires. Soudain, grâce à cette clé universelle, tout s'explique. Tout, du moins, des soubassements et déterminations matérielles de l'époque contemporaine. Mais que reste-t-il aujourd'hui du facteur humain face au Progrès sans merci ?

Un futur sans avenir

couverture

Groupe Oblomoff
L'échappée, 2009

De l'industrie biométrique à la fête de la science en passant par la CNIL, le groupe Oblomoff, formé en 2004, multiplie les interventions contre l'emprise de la technocratie et du scientisme sur nos vies.

La révolte luddite

couverture

Kirkpatrick Sale
L'échappée, 2007

1811. Alors que la Révolution Industrielle s'apprête à rendre l'Angleterre méconnaissable, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des redresseurs de torts viennent de déclarer la guerre aux «Machines Préjudiciables à la Communauté». Puisque les artisans doivent faire le deuil de leur savoir-faire et migrer vers les villes, les Luddites se dressent contre la dépossession machinique. À l'heure de la biométrie, du tout-numérique et des technologies du vivant, le récit de Kirkpatrick Sale, journaliste et écrivain américain, est un cinglant plaidoyer contre le capitalisme industriel.

Les luddites en France

couverture

Coordonné par Cédric Biagini et Guillaume Carnino
L'échappée, 2011

Alors que la révolution industrielle s’apprête à bouleverser tous les rapports sociaux, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des artisans refusent de faire le deuil de leurs savoir-faire et de migrer vers les villes. Ils déclarent la guerre aux «machines préjudiciables à la communauté» qu’ils détruisent à coups de masse. Si les luddites anglais sont passés à la postérité, leurs homologues français briseurs de machines - «primitifs » selon les uns, «réactionnaires» selon les autres - avaient été jetés aux oubliettes de l’histoire. Ce livre entend les réhabiliter et leur redonner leur juste place dans une histoire du socialisme jalonnée de grandes batailles durant lesquelles ils se sont illustrés : de la Révolution française aux récentes résistances à la tyrannie technologique, en passant par les journées de juillet 1830, la révolution de 1848 et même les combattives années 1970, les briseurs de machines ont, depuis les débuts de la société industrielle, toujours existé. Cette histoire méconnue du luddisme à la française nous révèle des mouvements souvent peu organisés et parfois spontanés, mais farouches défenseurs de l’égalité sociale et de la liberté quotidienne. Contrairement aux idées reçues, on arrête parfois le progrès...

Face au monstre mécanique

couverture

François Jarrige
Radicaux libres, 2009

Depuis l'Antiquité, chaque étape du développement technologique a suscité des résistances. Au début de l'ère industrielle, quand les machines prennent le pouvoir en privant les artisans d'ouvrage, la destruction des métiers textiles devient une pratique fréquente. Mais ces oppositions sont bientôt rejetées comme rétrogrades par le discours conquérant du progrès, alors qu'elles révèlent un univers fécond. L'économie toute-puissante finit par imposer dans le sang le règne de l'efficacité. Le pouvoir des machines triomphe contre celui des hommes, leur expansion provoque de multiples résistances au sein de groupes sociaux et de courants intellectuels divers. Aujourd'hui, où certains annoncent la « convergence » des technologies, cette résistance prend des formes nouvelles.

Histoire politique du barbelé

couverture

Olivier Razac
La fabrique, 2000

Né en 1874, et bien qu'expression malingre du génie mécanique, le barbelé a conservé sa redoutable efficacité pour délimiter les espaces. De la prairie américaine où son brevet fut déposé, aux camps de concentration, en passant par les tranchées de 14-18, Olivier Razac en étudie l'histoire politique avec une compétence tout à fait sûre.Dans la lignée du Foucault analysant la montée en puissance du biopolitique dans les sociétés démocratiques, ou d'Agamben prolongeant cette réflexion, il nous offre ainsi une leçon de philosophie de l'histoire très convaincante. La guerre du barbelé marqua tout d'abord la fin d'une civilisation : celle des Indiens d'Amérique. En découpant, fermant, individualisant l'espace, le barbelé brisa de fait la structure communautaire de la société indienne. En 14-18 on le vit s'inscrire dans une esthétique du désastre, comme composante essentielle d'un cauchemar peuplé de cadavres désarticulés. Avec le camp, le symbole s'accomplit, semble-t-il, dans sa plénitude et permet d'identifier immédiatement le paysage concentrationnaire. Elément clé de sa gestion, il sépare en fait l'homme de celui à qui on ne veut plus reconnaître la qualité d'être humain. Le barbelé refoule ainsi vers cet extérieur toute une frange de l'humanité, ouvrant dans le même temps ce qu'il entoure sur un abîme. Opérateur actif entre ce qui doit vivre et ce qui doit mourir, il trace définitivement l'extérieur effroyable de notre civilisation.