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Réflexion sur le militantisme

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Les citations du thème « Réflexion sur le militantisme »

Les idées sont décisives. Les idées ont des ailes et des conséquences. Une idée qui vole de cervelle en cervelle devient une force d'action irrésistible et transforme la réalité. C'est d'abord une bataille d'idées que nous, sans-pouvoir, livrons au pouvoir, aussi devons-nous être d'abord des producteurs d'idées. [...] Pour comprendre ce qui nous arrive, pour y pouvoir si peu que ce soit, nous devons derrière le tourbillon des faits « bruts », « incompréhensibles », dont les médias brouillent et paralysent nos consciences, ressaisir la trame des rapports de force et d'intérêts. L'ordre caché derrière l'apparent désordre. [...]

Pour produire des idées, www.piecesetmaindoeuvre.com s'appuie d'abord sur l'enquête, aliment et condition première, quoique insuffisante, à toute opposition. Il est trop paresseux de se contenter de condamnations de principe théoriques, altière et intemporelle [...] du monde tel qu'il va. Et braire une fois de plus « A bas l'Etat », ou « A bas la société industrielle », ne rapproche pas leur chute d'un instant. Il faut rentrer dans la réalité concrète, factuelle et fastidieuse [...] de la machine pour saisir et troubler, si peu que ce soit, son fonctionnement. [...]

La beauté du geste, c'est que pour ce faire, nul n'est besoin d'être « radical », « révolutionnaire », « alternatif » de quelque teinture que ce soit, au contraire même, tant l'arrogance doctrinale, le snobisme théorique, ont empêché de fortes têtes de s'intéresser à l'endroit où ils vivaient. Chacun doit s'informer pour lui-même, ici et maintenant [...]. Faute de quoi, non seulement on radote des généralités, mais on reste dépendant pour son information de l'autorité qu'on prétend récuser par ailleurs. Sans doute ne peut-on pas tout savoir, mais on peut savoir beaucoup, en ratissant et triant la communication dont on nous inonde. Les Russes de l'époque soviétique décryptaient de même la langue de bois pour y lire l'état réel des affaires. La veille technologique trouve la plupart de ses informations dans des publications accessibles au tout-venant, y compris le quotidien local. Il n'est pas défendu non plus de parler à ses voisins, le personnel et les habitants de la technopole. Cela ne requiert nulle spécialisation professionnelle, scientifique ou politique, mais du simple bon sens. Un effort minimal à la portée de chacun.

Pour l'enquête critique, texte du collectif Pièces et main d'oeuvre, www.piecesetmaindoeuvre.com

Les gens se disent "ce qui me préoccupe, moi, est sans grande importance, ce sont des petites conneries personnelles ; les grandes affaires de la société, je ne peux pas en parler parce que je n'y connais rien." Nous avons à détruire les effets de ce travail, inverser les signes de valeur, répandre l'idée évidente que tous les discours qui remplissent quotidiennement les journaux, la radio, la télévision sont d'une importance quasi nulle et que les préoccupations des gens sont la seule affaire importante du point de vue social.

Cornelius Castoriadis, Pourquoi je ne suis plus marxiste, 26/01/1974
in Une société à la dérive, Seuil, 2005

Quand on me traite de ''catastrophiste'', je réponds que le pire des catastrophismes n'est pas d'annoncer les catastrophes quand on pense qu'elles se préparent, mais bien de les laisser survenir par le seul fait qu'on ne les a pas prévues et, pire encore, qu'on s'est interdit de les prévoir. C'est pourquoi je classerais volontiers dans la catégorie des ''catastrophistes'' les innombrables auteurs qui s'emploient à rassurer l'opinion, sans mettre en cause le système mondial, sa dynamique et son évolution. Ceux qui prétendent que chômage et misère sont des maux passagers auxquels on trouvera des remèdes. Ceux qui présentent comme conciliables les intérêts des peuples du tiers-monde et des travailleurs du monde industriel. Ceux qui soutiennent qu'il est possible de vaincre la faim là-bas sans un changement radical des politiques et des rapports économiques ici, ou sans que ce changement s'effectue à notre détriment.

François Partant, La fin du développement, éd Babel, 1997

Vous en savez déjà suffisamment. Moi aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c'est le courage de comprendre ce que nous savons et d'en tirer les conséquences.

Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes, Le serpent à plumes, 1998

Nous ne voulons pas de placements "éthiques", nous voulons anéantir la spéculation. Nous ne voulons pas une taxation des marchés financiers de 0,1%, nous voulons démanteler les multinationales. Nous ne voulons pas de pastille verte sur les 4x4, nous voulons un monde sans voiture. Nous ne voulons pas de voiture propre comme de guerre propre, nous voulons fermer Peugeot, Renault, Dassault, la GIAT, et libérer les employés de la production. Nous ne voulons pas de "développement durable" ou de "croissance soutenable", nous voulons une économie à finalité humaniste et prenant en compte les limites de la planète. Nous ne voulons pas cautionner le système en place fondé sur l'économie de croissance et de compétition, nous voulons simplement changer le monde. Nous ne voulons pas être les valets de l'argent roi, nous voulons affronter nos projets de société pour conquérir une démocratie réelle. Nous ne voulons pas les miettes du pain, nous voulons toute la boulangerie.

Casseurs de Pub, dossier novembre 2001

Le grand obstacle à notre mouvement vient des "réalistes" qui vénèrent plus l'ordre que la justice et qui préfèrent une paix négative, caractérisée par l'absence de tension, à une paix positive, caractérisée par la mise au jour des conflits. Encore faut-il bien préciser que nous, qui produisons les actions directes, ne sommes pas ceux qui produisons les tensions. Nous nous contentons de les dévoiler. Nous les faisons apparaître au grand jour pour qu'on puisse les reconnaître et les traiter.

Martin Luther King

Pour expliquer à ses étudiants la gestion du temps, un vieux professeur sortit un pot de verre, qu'il avait rempli de gros cailloux. Il demanda alors à ses élèves : "Est-ce que ce pot est plein ?" Tous répondirent : Oui ! Alors il versa des graviers sur les gros cailloux et les fit descendre jusqu'au fond du pot. Il redemanda à ses élèves : Est-ce que ce pot est plein ? Prudent l'un d'eux répondit : Probablement pas ! Il versa cette fois du sable dans le pot pour combler les espaces entre cailloux et graviers, et questionna à nouveau. Cette fois, les élèves répondirent en choeur : Non ! Et comme ils s'y attendaient le prof versa le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot à ras bord. Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? demanda le professeur. Cela démontre, que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire s'aventura un des élèves. Non, répondit le vieux prof. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, par la suite. Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos. Le vieux prof leur dit alors : Quels sont les gros cailloux dans votre vie : votre santé, votre famille, vos ami(e)s, faire ce que vous aimez, apprendre, défendre une cause... ?

L'âge de faire n°3, mai 2006

Quand on n'a rien compris au monde, on décide d'être pessimiste pour avoir
l'air lucide.

François Brune, Médiatiquement correct, Parangon, 2005

L'anarchisme est cette tendance, présente dans toute l'histoire de la pensée et de l'action humains, qui nous incite à vouloir identifier les structures coercitives, autoritaires et hiérarchiques de toutes sortes pour les examiner et mettre à l'épreuve leur légitimité. Lorsqu'il arrive que ces structures ne peuvent se justifier -ce qui est le plus souvent le cas-, l'anarchisme nous porte à chercher à les éliminer et à ainsi élargir l'espace de la liberté.

Noam Chomsky
cité par Normand Baillargeon, L'ordre moins le pouvoir, Agone, 2001

Le premier pouvoir dont se méfie l'anarchiste véritable, c'est le sien.

François Brune, Médiatiquement correct, Parangon, 2005

C'est alors seulement qu'il sera possible de mesurer à quel point les présents progrès de l'ignorance, loin d'être l'effet d'un dysfonctionnement regrettable de notre société, sont devenus au contraire une condition de sa propre expansion.

Jean-Claude Michéa, L'enseignement de l'ignorance, Climats, 1999

Lorsqu'on voit des gens très instruits contempler sans broncher l'oppression et la persécution, on ne sait ce qu'il faut mépriser le plus de leur cynisme ou de leur aveuglement.

George Orwell, Vérité et mensonge, éditions 13bis, 1946

Quelle vie mérite d'être vécue ? Quel monde voulons-nous habiter ? Quels moyens sont compatibles avec ces buts ? C'est à la réponse à ces questions politiques que l'usage et le développement des techniques devraient être subordonnés.

Bertrand Louart, Notes et morceaux choisis, bulletin n°3, juin 1999

Le pouvoir est maudit : voilà pourquoi je suis anarchiste.

Louise Michel, institutrice (1830-1905), participa activement à la Commune de Paris (mars à mai 1871). Elle fut condamnée à la déportation en Nouvelle Calédonie. Après le décret d'amnistie des Communards en 1880, elle revint en France où elle reprit une intense activité politique. Pour en savoir plus.

Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste. Or, il faut bien le dire : rien n'est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l'idée d'anarchisme. En première approximation, disons que l'anarchisme est une théorie politique au coeur vibrant de laquelle loge l'idée d'antiautoritarisme, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d'Espagne disait le plus simplement du monde : "Je suis anarchiste : c'est que je n'aime ni recevoir, ni donner des ordres." On le devine : cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l'a donc ni pardonné ni admis.

Normand Baillargeon, L'ordre moins le pouvoir, Agone, 2001

Je veux croire que les êtres humains ont un instinct de liberté, qu'ils souhaitent véritablement avoir le contrôle de leurs affaires ; qu'ils ne veulent être ni bousculés ni opprimés, ni recevoir des ordres et ainsi de suite ; et qu'ils n'aspirent à rien tant que de s'engager dans des activités qui ont du sens, comme dans un travail constructif qu'ils sont en mesure de contrôler - ou à tout le moins de contrôler avec d'autres. Je ne connais aucune manière de prouver cela. Il s'agit essentiellement d'un espoir placé dans ce que nous sommes, un espoir au nom duquel on peut penser que, si les structures sociales se transforment suffisamment, ces aspects de la nature humaine auraient la possibilité de se manifester.

Noam Chomsky, cité dans L'ordre moins le pouvoir, Normand Baillargeon, Agone, 2001.

On arrête tout. On réfléchit. Et c'est pas triste !

L'an 01, Gébé, 1970

Les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c'est vous. Quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang, sur vos mains d'inconscient, que n'en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir.

L'abbé Pierre,
cité par TF1 dans le zapping de Canal plus du 23 janvier 2007

En 1968, on refait le monde. En 1986, on refait la cuisine !

Slogan de l'entreprise Ikea, 1986, cité dans l'émission Là-bas si j'y suis, France Inter, avril 2007

Selon un sondage IFOP réalisé les 8 et 9 octobre 2009 auprès de 955 personnes, 27% des Français-e-s se disent "prêt-e-s à changer en profondeur leur mode de vie et à restreindre leur consommation de manière significative".

Le Monde, 16 novembre 2009