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Les citations du thème « Travail »

Le travail humain, en Occident, est supprimé massivement par les machines et les ordinateurs depuis plusieurs dizaines d'années. Il n'a certes jamais été autre chose qu'une marchandise pour le capital. Mais ce qui a changé au stade actuel du ''progrès'' technologique, c'est que l'accumulation d'argent exige moins d'humains à exploiter qu'avant. Il faut se mettre dans la tête que le capitalisme ne peut plus créer assez d'emplois pour tous. Et reconnaître qu'en plus, ceux qu'il crée encore péniblement sont de plus en plus vides, déconnectés de nos besoins fondamentaux.

Appel de Raspail, Comité Pour la Désindustrialisation du Monde, mars 2006

Hé ! Le saviez-vous ? Le travailleur français est possédé par un des taux de productivité horaire les plus élevés au monde (3ème position d'après l'OCDE). Et, pure coïncidence, il détient aussi le record planétaire de la consommation d'antidépresseurs, anxiolytiques et autres somnifères (1 Français sur 4, 150 millions de boîtes vendues par an). Mais quand, malgré l'escamotage du CPE, des milliers de jeunes gens ont continué à se promener dans le soleil des rues, on s'est dit que tout n'était pas perdu. Beaucoup sont conscients que si leurs parents ne les ont pas rejoints de façon décisive dans la révolte, c'est parce qu'ils sont prisonniers du travail, du corporatisme syndical et du crédit de la bagnole. Plus d'un adulte le reconnaît : « Les jeunes ont fait reculer le gouvernement grâce à leur insouciance. » Cette insouciance, en prenant le dessus sur l'angoisse d'être immergé dans un monde cynique et brutal, permet d'envisager autre chose. Les assemblées souveraines et la réappropriation collective du temps et de l'espace public en donnent un avant-goût. En ce printemps parti dans tous les sens, il est bon de répéter haut et fort : « ni CPE, ni CNE », mais, tout bien réfléchi, pas de CDI non plus. Le travail tue la vie, nique l'amour, interrompt les rêves, assassine l'enfance, perd ton temps, corsète les désirs, bousille la planète, appauvrit l'activité sociale, prostitue ton esprit, musèle l'imagination... Vivre n'est ni un privilège, ni un droit mais une expérience à tenter, une liberté à prendre. Pas grand chose à voir avec le renoncement quotidien qui mène au chagrin.

Extrait de l'édito du mensuel CQFD., avril 2006

En 2005, les entreprises françaises qui composent l'indice boursier du CAC 40 ont réalisé 84 milliards d'euros de profit, un chiffre en hausse de près de 30 % par rapport à 2004, qui avait déjà été considérée comme une très bonne année. Leur chiffre d'affaires a, lui, progressé de plus de 6 %. La croissance stagne en France, mais ces groupes bénéficient de sa vigueur au niveau mondial en 2005. Moins internationalisées, les entreprises de taille plus modeste ne semblent pas portées par le même dynamisme. Une partie importante des profits est reversée aux actionnaires, mais aussi aux salariés par le biais de l'intéressement et de la participation. Nombre d'entreprises se lancent, en outre, dans des opérations de croissance externe.

Le Monde, 13/03/06 cité dans le mensuel CQFD n°33

1 800 000. C'est le salaire mensuel, en euros, du PDG de Dassault Système. Le PDG d'Alcatel gagne 20 millions d'euros par an. Thierry Desmarest, le PDG de Elftotalfina touche 11 millions d'euros par an, soit 340 fois le revenu moyen d'un ménage français sur deux.

Que les gros salaires baissent la tête !, Jean-Luc Porquet, Michalon, 2005

L'admission des enfants dans les fabriques dès l'âge de huit ans est pour les parents un moyen de surveillance, pour les enfants un commencement d'apprentissage, pour la famille une ressource. L'habitude de l'ordre, de la discipline et du travail doit s'acquérir de bonne heure et la plupart des mains d'oeuvre industrielles exigent une dextérité, une prestesse qui ne s'obtient que par une pratique assez longue et qui ne peut être commencée trop tôt. L'enfant, entré à 8 ans dans l'atelier, façonné au travail, ayant acquis l'habitude de l'obéissance et possédant les premiers éléments de l'instruction primaire, arrivera à dix ans plus capable de surmonter la fatigue.

Ministre du commerce français, 1841, à propos de la loi fixant le seuil d'emploi dans les usines à 8 ans. cité dans La contribution des travailleurs étrangers au développement industriel de la France à nos jours, Paul Muzard, brochure éditée par le MRAP, 1998

Il nous faut inventer un nouveau modèle français, dont l'ambition première sera de rendre la réussite accessible pour chaque français, d'où qu'il vienne, pour peu qu'il s'en donne les moyens et qu'il le mérite. [...] La réussite et la promotion sociale ne sont pas un dû que chacun peut réclamer en faisant la queue à un guichet. C'est mieux : c'est un droit, un droit que l'on mérite à la sueur de son front.

Nicolas Sarkozy, Université d'été des Jeunes Populaires, La Baule, 4 septembre 2005.

Il nous faut d'abord faire aimer le travail. Je crois que c'est très important. Quand on regarde aujourd'hui la situation de notre pays, si vraiment la France croit que nous pourrons garder un système social parmi les plus avancés du monde, en entrant dans la vie active à 30 ans et en en sortant à 50, nous sommes dans une impasse. Et donc il faut faire aimer le travail aux jeunes. Quand je vois que l'on rêve toujours de prolonger la formation ou d'avancer la retraite, c'est qu'on ne fait pas assez d'efforts dans notre pays pour faire partager le goût et le besoin du travail. [...] Il faut aussi faire partager le bonheur d'entreprendre. [...] Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à entreprendre ? Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à animer des équipes ? Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à investir ? Est-ce qu'il n'y a pas du bonheur à être responsable ? Est-ce que la responsabilité est si étouffante ? Est-ce un métier si horrible pour dire aux jeunes ne le prenez pas ? Oui, il y a des difficultés, il y a des charges, oui il y a de la paperasserie et beaucoup de difficultés. Mais tous les métiers ont leur charge, je vous l'assure. Faites partager ce que vous avez au fond de vous-mêmes, c'est-à-dire un bonheur d'entreprendre. Et c'est ce bonheur et cette contagion du bonheur qui sera le meilleur moteur pour soutenir les initiatives que nous prendrons. [...] Il est très important que le travail apparaisse comme un élément de la vie qui ne soit pas la part de vie la plus faible et la plus difficile. Je suis toujours inquiet quand je vois qu'on a du mal à envisager de travailler plus, qu'on rêve de la retraite. Je me demande s'il faut qu'on se cache longtemps que ce sont souvent les réalités du travail qui nourrissent les rêves de la retraite. Et je pense qu'il faut avoir cette lucidité là, rendre le travail, y compris socialement, plus attractif. Mais c'est aussi une bataille culturelle très importante. Il faut sortir de ces idées qui ont encombré le XIXème siècle, qui ont conduit à des erreurs fondamentales au Xxième siècle, qui font du travail une force aliénante, alors qu'au contraire c'est une force épanouissante, et que c'est une conquête de liberté, et dire aux jeunes qu'il n'y a pas meilleure liberté que celle qui peut leur permettre de conduire librement leur vie.

Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre Assemblée Générale du Medef [syndicat patronal], janvier 2003

Les premières preuves de la toxicité de l'amiante sont apparues en France dès 1906. Mais il a fallu attendre 1997 pour que cette fibre minérale soit définitivement interdite. Ainsi, pendant plus de 90 ans, les autorités publiques, sous la pression des lobbies, se sont contentées "d'encadrer" l'usage de l'amiante. Bilan : 35 000 morts en France entre 1965 et 1995. D'ici à 2025, on s'attend encore à 100 000 décès.

Mettons les toxiques hors la loi !, brochure de Greenpeace, avril 2006, p3.

Depuis quelques années, le nombre de victimes de maladies professionnelles explose : de 15 554 en 1997, il est passé à 44 245 en 2003, soit une hausse de 184% selon la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM). Mais ces chiffres ne traduisent que la part la plus visible du phénomène. Nombre de salariés "cassés" par leur travail -amiante, poussières toxiques, solvants, colorants, bruit, pénibilité, stress, etc.- ne sont pas reconnus comme tels, parce que leurs employeurs s'y opposent et que leurs médecins n'y voient que du feu.

Le Plan B n°4, octobre 2006.

Vous devez être ceux qui menacent, pas ceux qui sont menacés. Vos dents doivent rayer le parquet. L'indulgence est comme la pitié, elle vous déshonore et elle déshonore aussi ceux qui en bénéficient. La société a besoin de durs, pas de mous. L'ennui, c'est qu'il y en a beaucoup, des mous, beaucoup trop. Il faut arrêter de reculer le moment de l'effort. Ne soyez pas indulgents avec vos salariés. Il y a tout plein de bac + 12 qui sont infoutus de travailler, ils ne sont même pas capables de trouver un balai pour faire le ménage. Quand on doit licencier quelqu'un, il ne faut pas cacher la vérité. Vous savez, c'est aussi difficile pour celui qui coupe que pour celui qui est coupé. Moi je préfère les assassins aux escrocs : les escrocs, les gens les trouvent sympas. Les assassins, non, évidemment ; mais pourtant ils ont un grand mérite, c'est de ne pas être hypocrites.

André Daguin, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) lors de l'université d'été du Medef sur le campus de HEC à Jouy-en Josas en 2004. Citation tirée de 7 millions de travailleurs pauvres, La face cachée des temps modernes, Jacques Cotta, Fayard, 2006, p158.

Le but de la République c'est d'arracher du coeur de chacun le sentiment de l'injustice. Le but de la République c'est de permettre à celui qui n'a rien d'être quand même un homme libre, à celui qui travaille de posséder quelque chose, à celui qui commence tout en bas de l'échelle sociale de la gravir aussi haut que ses capacités le lui permettent.

Nicolas Sarkozy, congrès de l'UMP, dimanche 14 janvier 2007

Si nous voulons que la République redevienne un projet partagé, il nous faut passer de la République virtuelle à la République réelle. [...] La République virtuelle c'est celle qui veut donner un diplôme à tout le monde en abaissant le niveau des examens. La République réelle c'est celle qui veut donner une formation à chacun, celle qui n'a peur ni de l'orientation, ni de la sélection, ni de l'élitisme républicain qui est la condition de la promotion sociale. C'est l'école de l'excellence pas l'école du nivellement et de l'égalitarisme.

Nicolas Sarkozy, congrès de l'UMP, dimanche 14 janvier 2007

Notre modèle républicain est en crise. Cette crise est avant tout morale. Au coeur de celle-ci il y a la dévalorisation du travail. Le travail c'est la liberté, c'est l'égalité des chances, c'est la promotion sociale. Le travail c'est le respect, c'est la dignité, c'est la citoyenneté réelle. Avec la crise de la valeur travail, c'est l'espérance qui disparaît. Comment espérer encore si le travail ne permet plus de se mettre à l'abri de la précarité, de s'en sortir, de progresser ? Le travailleur qui voit l'assisté s'en tirer mieux que lui pour boucler ses fins de mois sans rien faire ou le patron qui a conduit son entreprise au bord de la faillite partir avec un parachute en or finit par se dire qu'il n'a aucune raison de se donner autant de mal. Le travail est dévalorisé, la France qui travaille est démoralisée. Le problème c'est que la France travaille moins quand les autres travaillent plus. Le plein emploi est possible chez les autres. Il l'est aussi chez nous. Il faut aimer le travail et pas le détester. Le problème c'est qu'il n'y a pas assez de travail en France pour financer les retraites, l'allongement de la durée de la vie, la dépendance, la protection sociale, pour faire fonctionner notre modèle d'intégration.

Nicolas Sarkozy, congrès de l'UMP, dimanche 14 janvier 2007

En 2005, le nombre d'allocataire de minima sociaux (RMI, API -allocation de parent isolé - ou ASS -allocation spécifique de solidarité-....) atteignait 3,5 millions de personnes en 2005, soit 7,5% de la population des 20 ans et plus.

Etude de la Drees (ministères du Travail et des Solidarités), octobre 2006, citée par 20Minutes, 02/10/07.

Nous sommes trop endettés, nous ne travaillons pas assez, les 35 heures sont une catastrophe, il y a trop de blocages dans la société. La France a besoin d'une cure de libéralisme.

Luc Ferry, ministre de l'éducation nationale de 2002 à 2004, Valeurs actuelles, 02/11/07. Cité dans La Décroissance n°45, décembre 2007.

Le travail engendre le travail. A l'intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera enfin à plein régime. Travaillez plus, et vous multiplierez l'emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d'achat !

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, discours à l'Assemblée nationale, 10/07/07. Cité dans La Décroissance n°42, septembre 2007

La France est en train de changer, elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu’on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit.

Nicolas Sarkozy, conseil national de l'UMP, 5 juillet 2008

Les difficultés, mes chers compatriotes, nous avons les moyens de les affronter. A condition d’être solidaires les uns des autres. Je ne laisserai pas les plus fragiles se débattre seuls dans les pires difficultés. Dans l’épreuve, la solidarité doit jouer sans que le travail soit découragé. C’est pourquoi j’ai voulu que soit créé le RSA, qui s’appliquera pour la 1ère fois en 2009. Désormais, chaque Français qui reprendra un travail sera encouragé, valorisé, récompensé.

Voeux de Nicolas Sarkozy, mercredi 31 décembre 2008, 20h

La vie, la santé, l’amour sont précaires. pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal Propos cités par Le Figaro, 30 août 2005

La précarité est une loi de la condition humaine. [...] Parce que se dire ou laisser croire à tout le monde aujourd’hui en France que nous pouvons entrer dans un métier, prendre un emploi et le garder quasiment à vie, c’est de l’utopie. Ou alors c’est de la fonctionnarisation, c’est proche de l’utopie communiste et on a vu comment elle s’est terminée.

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal Entretien à France Inter, 3 septembre 2005  

La liberté d'entreprendre s'arrête là où commence le code du travail.

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal, Assemblée générale du MEDEF, janvier 2005

Ma conviction, c'est qu'une des questions centrales pour la France, c'est celle du pouvoir d'achat. Les salaires sont trop bas, les revenus sont trop faibles.

Nicolas Sarkozy, avril 2007, campagne présidentielle Le 8 janvier 2009, lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy tient un tout autre discours : "S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides, ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordres ? [...] Réduire la conception de la politique française à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde." L'été 2007, Nicolas Sarkozy a augmenté son salaire de 170%. Il émarge aujourd'hui à 19 900 euros mensuels.