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Les citations du thème « Médias »

Nous sommes là pour donner une image lisse du monde.

Patrick Poivre d'Arvor, journaliste de télévision TF1 cité par Serge Halimi dans Les nouveaux chiens de garde, Raisons d'agir, 2005

Naturellement, tout lecteur mérite le respect. Mais en communication, on a parfois besoin de parler à ceux et celles qui ont un haut pouvoir d'achat, d'influence et de prescription. Donc "lecteur" n'est pas "Lecteur". Il y a ceux qui ont une opinion et ceux qui la font. Il y a ceux qui regardent les annonces et ceux qui achètent. Il y a ceux qui suivent et ceux qui créent les modes. Avec le couplage PQN-5, nous offrons aux annonceurs, aux agences et aux décideurs médias l'outil optimal pour toucher un lectorat d'une qualité exceptionnelle. Pour la première fois sont regroupés les 3 grands généralistes (Le Figaro, Libération, Le Monde), le premier quotidien économique (Les échos) et le quotidien référent du 7ème jour (Le Journal du Dimanche). C'est donc l'offre absolue pour toucher les Lecteurs, avec une majuscule.

Extrait d'une page de publicité parue dans Libération le 25/11/1999

Si je crois à la qualité de l'information d'un journal, je crois et j'accepte plus facilement les pages de publicité que je lis. De plus, comme les articles sont plutôt longs chez nous, le temps d'exposition à la page de publicité est plus grand.

Claude Perdriel, propriétaire du journal Le Nouvel Observateur, magazine Stragégies, 16/12/2004

L'influence de la publicité sur les journaux d'envergure résulte de leur étroite association naturelle ; leur cause, sur le plan social, est identique ; leur action va dans le même sens. Il est rare que le directeur d'une importante firme industrielle ou commerciale ait à s'indigner de la tendance sociale du grand journal auquel il distribue sa publicité et qui est dirigé par un de ses collègues, qui pense comme lui sur leurs relations avec le monde du travail, sur les contrôles de l'État, sur les impôts. Pour assurer ou confirmer cette solidarité d'intérêts et cette communauté de vues, les grandes sociétés n'ont pas besoin de discuter la ligne du journal avec son propriétaire, puisque ce dernier se fait automatiquement le porte-parole de leurs pensées. Les conséquences de cette collusion, de cette identification, sont graves. Elles aboutissent à dépolitiser au maximum les grands journaux, à les vider de tout ce qui peut prêter à d'évitables controverses, à refuser l'expression d'opinions nouvelles, originales. Le conformisme à l'égard du régime économique et social, pas nécessairement à l'égard du Gouvernement, est payant.

Jacques Kayser, Mort d'une liberté, Plon, 1955, p93. Jacques Kayser (1900-1963) était un ancien journaliste au Monde et au Midi Libre, ancien secrétaire général du parti radical-socialiste, expert à l'ONU sur les questions d'information.

Nous croyons au journalisme, cet artisanat de la démocratie. Nous croyons aux journalistes, ces scribes de la liberté. [...] Les journalistes sont les agents de cet espace public : ils fournissent à la délibération rationnelle son premier aliment, l'information. Sans eux, point de savoir immédiat, point de transparence dans les affaires publiques, point d'opinion éclairée. Cette fonction, Le Nouvel Observateur a voulu le remplir de toute sa passion, par le compte rendu de l'actualité, bien sûr, mais surtout par l'intelligence et le style.

Laurent Joffrin, directeur de rédaction du Nouvel Observateur, Le Nouvel Observateur, 25/11/2004

Essayez d'imaginer un magazine en fonction du marché publicitaire. Il faut monter un business plan. Avoir un concept. Analyser la concurrence. ''Je vais taper là parce qu'il y a un créneau'', c'est la base du raisonnement. Ensuite, définir le rythme de parution : ''On peut gagner plus et plus vite avec un hebdo qui marche qu'avec un mensuel.'' Il faut définir un nombre de consommateurs pour ce produit. Pour notre mag' de football, par exemple, on prend le public cible, ce sera les joueurs, les supporters, etc. Enfin, on fixe un prix. Et puis après, on met un costume-cravate, on va voir les financiers. [...] L'argent est le nerf des médias.

ex-directeur de La Tribune, intervenant au Centre de Formation des Journalistes, cité dans Les petits soldats du journalisme, François Ruffin, Les Arènes, 2003.

En 2005, Martin et Olivier Bouygues ont touché 56 millions d'euros de dividendes en plus de leurs tout petits salaires ; François Pinault, actionnaire de TF1 et propriétaire du Point, 140 millions ; Serge Dassault, détenteur du Figaro, 70 millions ; Arnaud Lagardère, magnat d'Europe 1, de Paris Match, du Journal du Dimanche et d'une avalanche de quotidiens régionaux, 11 millions.

Capital, octobre 2006. Cité par Le Plan B n°4, octobre 2006.

A la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit [...] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.

Patrick Le Lay, président directeur général de TF1, extrait du livre Les dirigeants face au changement, Editions du Huitième jour, 2004

Un monde sans pub. Est-ce raisonnable ? Non. Est-ce seulement un rêve ? Non plus. La pub fait partie de la vie. Depuis la nuit des temps. [...] Un monde sans pub serait un mauvais rêve pour nous, à Télérama. Puisque nous en vivons.

edito de Marc Jézégabel sur le thème "A quoi servent les antipub ?", Télérama, 09/06/2004.

Un groupe de presse, vous verrez, c'est capital pour décrocher des commandes.

Jean-Luc Lagardère, dirigeant du groupe Lagardère, n°1 mondial de la presse magazine, n°1 français de l'édition, n°1 français de la régie publicitaire, n°2 français de la distribution après la FNAC. Le Canard Enchaîné, 06/11/96

Je crois que c'est un peu une vue utopique de vouloir différencier rédaction et actionnaire.

Edouard de Rothschild, actionnaire à 39% du journal Libération. France 2, 30/09/2005

J'ai changé de directeur, j'ai changé la direction, j'ai changé le rédacteur en chef. Donc tout va bien... [Mais] c'est pas terminé, parce que là aussi il faut changer les choses. [...] Il faut que [Le Figaro] soit plus agressif. Il faut qu'on parle de libéralisme, il faut qu'on parle de flexibilité. Il faut qu'il dise l'état d'esprit qui est à gauche. [...] Mais si on n'est pas ultralibéral, si on n'est pas libéral on ne crèe pas d'emplois, et si on ne crèe pas d'emplois il y a des chômeurs, et s'il y a des chômeurs c'est la pauvreté.

Serge Dassault, à propos du rachat du journal Le Figaro par le groupe Dassault, n°1 français de la presse. RTL, 29/11/2004

[Je dois] avoir un journal ou un hebdomadaire pour exprimer [mon] opinion [...]. J'en ai assez de me faire insulter dans un certain nombre de journaux parce qu'il y a des gens qui sont incompétents et qui ne connaissent pas les vrais problèmes. Donc, je veux pouvoir répondre. Je souhaite peut-être un jour faire un journal libéral.

Serge Dassault, dirigeant du groupe Dassault, n°1 français de la presse, à propos de son rachat du groupe Socpresse. LCI, 21/11/1997

- Serge Dassault : « C'est quoi des idées saines ? Ben c'est les idées qui font que ça marche. Euh, vous savez, par exemple, les idées de gauche sont des idées pas saines. Aujourd'hui, nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent... »

- Pierre Weill : « Nous sommes en train de crever ? »

- SD : « Ben oui, oui, on y va tout droit : faut pas travailler, euh, il faut pas gagner beaucoup d'argetn, faut partir en vacances... et après ? Eh ben on fabrique plus de produits qui se vendent, ils sont trop chers... »

- PW : « Mais vous prenez des vacances, vous. Vous gagnez de l'argent. »

- SD : « Oh, j'en prends assez peu, j'en prends assez peu. Le problème, c'est pas moi. Moi, vous savez, je travaille 70 heures ou plus par semaine, alors j'en suis loin des 35 heures. Euh... quand je dis des idées pas saines, c'est des idées qui trompent le monde... en leur disant, en leur trompant la vérité (sic). Qu'est-ce que c'est que la vérité ? La vérité, c'est la vie. Et la vie, c'est ce qui marche. »

interview de Serge Dassault, France Inter, 10/12/2004

L'expérience historique concrète de tous ceux qui ont essayé d'instrumentaliser les médias de masse à des fins critiques, subversives et révolutionnaires est que de telles tentatives sont vouées à l'échec. Les militants politiques qui cherchent à changer la société feraient mieux de se consacrer au travail de longue haleine que suppose l'organisation politique plutôt que d'organiser un mouvement en se fiant à des miroirs.

Christopher Lasch, Culture de masse ou culture populaire ?, Climats, 2001

Tout propriétaire a des droits sur son journal. D'une certaine manière, il a les pouvoirs. Vous me parlez de mon pouvoir, c'est une vaste rigolade. Le vrai pouvoir stable, c'est celui du capital.

1989, Franz-Olivier Giesbert, alors directeur de la rédaction du journal Le Figaro, interrogé à propos du pouvoir de l'actionnaire de l'époque, Robert Hersant. in "Le premier pouvoir", France Culture, 22/01/05

Le 13 heures est le journal des Français, qui s'adresse en priorité aux Français et qui donne de l'information en priorité française. Vous voulez des nouvelles sur le Vénézuéla ? Regardez la chaîne vénézuelienne. Sur le Soudan ? Regardez les chaînes africaines. Le journal de 13 heures de TF1, c'est le journal des Français.

Jean-Pierre Pernault, directeur adjoint de l'information de TF1, interrogé en décembre 1998 sur l'indigence du traitement de l'actualité internationale dans son journal télévisé de la mi-journée. Télérama, 09/12/1998

Puisque vous avez parlé de protection sociale, est-ce que vous n'êtes pas d'accord pour dire qu'il y a des privilèges que la France ne peut plus se permettre ?

Claire Chazal, journaliste TF1 (salaire 22 000 euros par mois environ), interrogeant Bernard Kouchner. Cité par Serge Halimi dans Les nouveaux chiens de garde, Raisons d'agir, 2005.

Après Jeanne Calment (122 ans), Apple (21 ans) [...] Les entreprises meurent aussi [...]. L'accélération du progrès technique et l'exacerbation de la concurrence ont, partout, modifié d'une manière radicale les conditions de vie des firmes. Indispensable certes, la lutte de chacune d'elles pour la survie ne doit pas cependant conduire à un recours systématique à des méthodes artificielles. la mort peut être, parfois, préférable.

Editorial du journal Le Monde, 08/08/1997

L'inégalité des revenus, dans une certaine mesure, est un facteur de l'enrichissement des plus pauvres et du progrès social.

Philippe Manière, ancien rédacteur en chef du journal Le point, "Les vertus de l'inégalité", journal Le point, 07/01/1955

Les Français ne sont pas sportifs parce que nous avons l'habitude de l'Etat-providence.

Olivier Mazerolle, alors directeur de l'information de RTL, à propos des mauvais résultats des athlètes français lors des JO, France2, 26/02/1994

Le libéralisme n'est pas une construction intellectuelle comme le marxisme : le monde a été créé ainsi. [...] C'est le meilleur système. La guerre économique fait moins de victimes que les guerres militaires ou religieuses. Le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste.

Jean-Marc Sylvestre, responsable d'émissions sur LCI, rédacteur en chef à TF1, chroniqueur à France Inter, entretien à VSD, 20/01/2005

Fallait-il vraiment demander aux Français de donner leur point de vue sur l'économie de marché ? [...] A quand un référendum sur le bien-fondé de la gravitation universelle ?

Jean-Louis Gombeaud, éditorialiste à Europe 1 (Lagardère) et au Figaro (Dassault), à propos du référendum de mai 2005, Le Figaro, 04/04/2005

Dans le temps, nous ne décrivions pas l'existence des gens ordinaires : nous en faisons partie. Nous vivions dans les mêmes quartiers. Les reporters se percevaient comme membres de la classe ouvrière[...]. Et puis, des gens plus instruits sont devenus journalistes ; le salaire a augmenté ; des jeunes toujours mieux formés ont voulu intégrer la profession. Auparavant, les reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers. Depuis les années 80, les reporters ont un niveau de vie légèrement inférieur à celui de leurs voisins de quartier, les avocats et les patrons. Or les milliers de personnes qui reçoivent des salaires annuels supérieurs à 100 000 dollars sculptent l'image que le public se fait du journalisme [...]. Et leur vie quotidienne les rend effectivement beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs payés au salaire minimum.

Richard Harwood, journaliste, ancien médiateur du Washington Post cité par Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde , Raisons d'agir, 2005

Et le sport qui consiste à décrire sans fin, avec une complaisance variable, le désastre présent, n'est qu'une autre façon de dire : « C'est ainsi » ; la palme de l'infamie revenant aux journalistes, à tous ceux qui font mine de redécouvrir chaque matin les saloperies qu'ils avaient constatées la veille.

Appel, groupe Tiqqun

6 et 0. 6 est le nombre de personnalités liées aux médias parmi les dix plus grandes fortunes françaises. 0 est le nombre de personnalités liées à la critique radicale des médias parmi les dix plus grandes fortunes françaises.

Institut Statistique Sardon, Le Plan B n°4, octobre 2006.

Tout est fait pour que chez le consommateur l'acte d'achat soit déconnecté de ses réelles conséquences humaines, environnementales et sociales. Pour jouir et gaspiller sans honte, il faut cacher les véritables coûts humains des produits, les lieux et modes de production, les impacts sociaux, etc.

François Brune, Le Bonheur conforme, éd Gallimard, 1996

Publicité : tu appelleras liberté de réaliser ton désir la soumission à ceux qui te l'ont inspiré.

François Brune, Médiatiquement correct, Parangon, 2004

Coincé entre son propriétaire, son rédacteur en chef, son audimat, sa précarité, sa concurrence et ses complicités croisées, le journaliste de base n'a plus guère d'autonomie. Mais il trouve encore de quoi exhiber devant ses confrères un petit détail qu'il a "fait passer" dans son journal ou à l'antenne, et qui prouverait son reliquat de pouvoir. Car, dans la profession, ne jamais disposer de ses deux mots ou de ses deux secondes de dissidence fourgués en contrebande relève surtout de l'incompétence. Et, pour un patron de presse, ne pas concéder à ses employés une soupape aussi anodine que ces miettes de dignité constituerait une forme de maladresse.

Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Raison d'agir, 2005

Des médias de plus en plus concentrés, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre. Longtemps, le désir de transformation sociale continuera de buter sur cet obstacle. S'il faut néanmoins tempérer la noirceur d'un tel bilan, c'est uniquement en raison des échecs de la propagande. La vie sociale résiste à l'écran. Elle informe davantage que "l'information" sur les mécanismes du pouvoir et sur l'urgence des refus. Les grèves de novembre-décembre 1995 et, dix ans plus tard, la campagne du référendum européen en ont fourni d'éclatants rappels.

Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Raisons d'agir, 2005.

Pour JCDecaux, le développement durable est une véritable culture d'entreprise. Ainsi, nous veillons à contribuer quotidiennement à l'embellissement des villes et à la protection de l'environnement urbain pour construire un monde meilleur.

Jean-Charles Decaux, président de la société d'affichage publicitaire Decaux, 2004 cité par Casseurs de Pub, dossier novembre 2004

1331 est le nombre d'occurrences depuis le 1er janvier 2000 de l'expression "créer une entreprise" dans les journaux Libération, Les Echos, Le Point, Le Parisien, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Le Figaro, La Croix, L'Express, L'Expansion et La Tribune. 34 est le nombre d'occurences, dans ces mêmes journaux et pour la même période, de l'expression "créer un syndicat".

Le plan B. n°3, juillet 2006

8 et 190. 190 est le nombre de minutes consacrées par France 2 à la retransmission télévisée des obsèques de Lady Di, le 06/09/97. 8 est le nombre de minutes consacrées en 2004 par NBC et CBS à la couverture du génocide au Darfour.

Harper's, octobre 2005 Le plan B., juillet 2006

30 000. C'est le salaire mensuel en euros versé par TF1 à Nicolas Hulot.

Télérama, 05/02/05

La pub est le sponsor de la démocratie. Elle finance le pluralisme des médias.

Jacques Séguéla, Le Nouvel Observateur, 18/11/1999

J'ai fait un rêve... Ensemble, nous pourrons réaliser notre rêve de "Nations unies de la publicité". Ensemble, nous pourrons nous battre pour un monde meilleur où les gens et leurs biens seront protégés et où la publicité sera libérée des contraintes et des interdictions.

Jean-Claude Boulos, président de l'Association internationale de la publicité (I.A.A.) cité par Casseurs de Pub, dossier novembre 2002

On ne peut pas dire la vérité à la télé : il y a trop de monde qui regarde.

Coluche

La communication est à l'action ce que l'aviation est à l'infanterie ; l'aviation doit passer pour que l'infanterie puisse sortir ; c'est lorsqu'on a gagné la bataille de la communication qu'on peut commencer à agir.

Nicolas Sarkozy interviewé dans L'Express, 17/11/05 cité par le mensuel CQFD n°29

[il y a] deux France, une France de la peur, de la préservation des corporatismes, du rejet de l'autre, de l'indifférence au monde, et une France confiante, ouverte sur l'extérieur, convaincue que les réponses du passé ne conviendront pas à un vingt et unième siècle où huit à dix milliards d'hommes seront à quelques heures les uns des autres. [...] Il faut le dire en pesant ses mots : un "non" au référendum serait pour la France et l'Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l'arrivée de Hitler au pouvoir.

directeur du journal Le Monde, Les enjeux du oui, Le Monde, 19/09/1992, lors de la campagne pour le référendum de Maastricht.

La CIA utilise actuellement plusieurs centaines d'universitaires américains (personnels administratifs, professeurs, doctorants chargés d'enseignement) qui, non contents de donner des avis et d'organiser des rencontres pour les services de renseignements, écrivent des livres ou autres brochures à l'usage de la propagande américaine dans des pays étrangers. [...] Ces universitaires sont dispersés dans plus de cent collèges, universités et institutions américaines. [...] La CIA considère ces opérations dans la communauté universitaire américaine comme l'un des secteurs les plus sensibles et exerce un strict contrôle sur ces agents dans ce domaine.

Comité Church du Congrès [principal parlement des Etats-Unis] lors de son enquête sur la CIA et le FBI, 1975. Cité dans Une histoire populaire des Etats-Unis, Howard Zinn, Agone, 2002, p624

J'ai tous les patrons de presse avec moi.

Nicolas Sarkozy, cité par Le Canard Enchaîné, 18/05/05

Moi ce qui compte pour moi, c'est la liberté [...] je veux pouvoir acheter mes chemises à Hong-Kong, mes chaussures en Inde. C'est ça qui compte pour moi !

Philippe Simonnot, France Culture, 26/07/2006. Philippe Simonnot est docteur ès sciences économiques, chroniqueur au Figaro, directeur de l'Observatoire économique du droit à l'Université de Versailles Saint-Quentin, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. cité dans La décroissance n°33, septembre 2006.

[Interdire l'appropriation des journaux par des groupes privés qui travaillent avec l'Etat] reviendrait à priver les journaux français, déjà pauvres, de toute source de financement. C'est le type même de la fausse bonne idée. Quel journal aujourd'hui ne rêve pas d'être adossé à un groupe puissant pour pouvoir faire correctement son métier ?

Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, Charlie Hebdo, 19/07/06. Cité par Le Plan B n°4, octobre 2006.

266 C'est le nombre d'apparitions télévisées du Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy au cours des 264 premiers jours de l'année 2006.

SNJ-CGT, Acrimed, chiffres cités par Le Plan B n°5, décembre 2006.

Il y a des pauvres en France parce qu'ils n'ont pas de travail. Il y a aussi beaucoup de pauvreté parce que le travail n'est pas assez payé. Le travail est racketté, entre guillemets, par l'Etat, les organismes sociaux, donc il n'y a pas d'intérêt à travailler plus. Cette logique du non-travail, cette culture du non-travail est invraisemblable.

Jean-Marc Sylvestre, LCI cité par le Zapping de Canal plus du 25 janvier 2007. Jean-Marc Sylvestre est chroniqueur sur LCI, France Inter, et a eu de nombreuses responsabilités au sein de TF1.

Des enfants, on en ramasse à la pelle dans ce pays [le Niger] -est-ce un pays ou un cimetière ?- où le taux de fécondité des femmes est le plus élevé du monde, neuf enfants en moyenne par couple. Un carnage. Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout va, la mort est au bout de leur bite, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n'osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité : faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l'argent pour qu'ils puissent continuer à répandre, à semer la mort

Pascal Sevran, animateur télé, Le privilège des jonquilles, Albin Michel, 2006

On ne vit plus qu'avec les chiffres de l'audimat. [...]. Passer une émission culturelle sur une chaîne commerciale à 20 h 30, c'est un crime économique ! C'est quand même à l'État d'apporter la culture, pas aux industriels.

Patrick Le Lay, PDG de TF1, 9 septembre 1987, Libération. Cité par le journal PLPL n° 21, octobre 2004.

L'accord de départ, avec Pierre Lescure [alors PDG de Canal Plus] et Alain de Greif [alors directeur des programmes], spécifiait bien qu'il y avait trois sujets sur lesquels on ne pouvait pas enquêter : le football, le cinéma, la Compagnie Générale des Eaux [Véolia, ex-Vivendi]. Cela dit, ces interdits ne me posent pas de problème. Je trouve normal qu'un diffuseur ait ses exigences. Si on veut avoir une totale indépendance, il faut faire une télé pirate. Cet accord limite un peu nos ambitions, mais c'est comme ça partout. Moi, j'ai simplement le courage de le dire.

Karl Zéro, alors animateur du Vrai journal, émission sur Canal plus, Le Monde (supplément radio-télé), 29-30 mars 1998.

Temps consacré par TF1 et M6 à la diffusion de messages publicitaires en 2005 : respectivement 814 et 840 heures (l'équivalent de 34 et 35 journées continues).

CSA et Le Plan B n°6, février 2007

Je passe mes journées à imaginer comment scotcher les familles françaises devant la télé et je passe mes soirées à gamberger comment en déscotcher mes enfants. C'est un vrai travail de schizophrène.

Nicolas de Tavernost, PDG de M6, cité dans Paris Match, 01/03/2007.

Son escapade post-électorale à Malte sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré a fait couler beaucoup d'encre. Certains y ont vu sa première erreur politique. Et si c'était plutôt le contraire ? Et si ce geste illustrait la partie de son projet qui nous encourage à nous déculpabiliser vis-à-vis du luxe, du succès et de l'argent, fût-ce au risque de sombrer dans le mauvais goût et le kitsch ? Et si, finalement, ce jeune président voulait réconcilier la France, sinon avec le bonheur, avec les signes du bonheur que notre puritanisme, notre déprime, notre crainte des paillettes et du succès, ont longtemps discrédités et réprimés ?

Bernard-Henri Lévy, à propos du yacht de luxe prêté par Vincent Bolloré à Nicolas Sarkozy, le lendemain de la victoire de ce dernier aux présidentielles International Herald Tribune, 17/07/2007, cité par Le Plan B n°9, août 2007.