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Répression et contrôle social

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Les livres du thème « Répression et contrôle social »

Surveiller et punir

couverture

Michel Foucault
Gallimard, 2002 (1975)

Michel Foucault nous présente la genèse des prisons modernes à travers une analyse historique et philosophique. Il montre comment la "société de surveillance" est liée à la mise au point, dès le XVIème siècle, de tout un ensemble de technologies pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois "dociles et utiles", non seulement dans les prisons, mais aussi à l'école, dans les usines, dans les hôpitaux, dans l'armée.

Plan :

1. Le corps des condamnés 2. L'éclat des supplices 3. La punition généralisée 4. La douceur des peines 5. Les corps dociles 6. Les moyens du bon dressement 7. Le panoptisme 8. Des prisons complètes et austères 9. Illégalisme et délinquance 10. Le carcéral

Les prisons de la misère

couverture

Loïc Wacquant
Raisons d'agir, 1999

4ème de couverture : Dénonciation des « violences urbaines », quadrillage intensifié des quartiers dits sensibles, répression accrue de la délinquance des jeunes et harcèlement des sans-abri, couvre-feu et « tolérance zéro », gonflement continu de la population carcérale, surveillance punitive des allocataires d'aides : partout en Europe se fait sentir la tentation de s'appuyer sur les institutions policières et pénitentiaires pour juguler les désordres engendrés par le chômage de masse, l'imposition du salariat précaire et le rétrécissement de la protection sociale. Cet ouvrage retrace les voies par lesquelles ce nouveau « sens commun » punitif, élaboré en Amérique par un réseau de think tanks néo-conservateurs, s'est internationalisé, à l'instar de l'idéologie économique néo-libérale dont il est la traduction en matière de « justice ». Le basculement de l'État-providence à l'État-pénitence annonce l'avènement d'un nouveau gouvernement de la misère mariant la main invisible du marché du travail déqualifié et dérégulé au poing de fer d'un appareil pénal intrusif et ominiprésent. Les États-Unis ont clairement opté pour la criminalisation de la misère comme complément de la généralisation de l'insécurité salariale et sociale. L'Europe est aujourd'hui confrontée à une alternative historique entre la pénalisation de la pauvreté et la création d'un État social continental digne de ce nom.

Plan :

 

  • A. Comment le « bon sens » pénal vient aux européens ? 1. Manhattan, forge de la nouvelle raison pénale 2. La mondialisation de la « tolérance zéro » 3. Londres, comptoir et sas d'acclimatation 4. Importateurs et collaborateurs 5. Le pidgin savant de la pénalisation néo-libérale  
  •  

  • B. La tentation pénale en Europe 1. De l'État-providence à État-pénitence en Amérique 2. Les « clients » privilégiés des prisons européennes 3. Vers le social-panoptisme 4. Après l'Europe monétaire, l'Europe policière et pénitentiaire
  • Panthères noires

    couverture

    Tom Van Eersel
    L'échappée, 2006

    Comment écrire une histoire non militante du Black Panther Party (BPP) ? Structure politique et militaire, ce parti a suscité des polémiques en raison de ses idées radicales, de ses mots d'ordre violents et de son action entre 1966 (date de sa fondation) et 1973 (son implosion). Tom Van Eersel utilise une matière diversifiée : témoignages, documents écrits, films, statistiques et anecdotes biographiques. On suit, par exemple, Huey P. Newton, l'un des fondateurs, depuis sa jeunesse agitée jusqu'à son assassinat aux abords de la maison de son revendeur de crack. Ces aperçus sont précédés d'un rappel des analyses ayant inspiré le mouvement, celles de Frantz Fanon et de Malcolm X en particulier. « Kill the pig » (« Abats un flic ») ou « Deal with the dealer » (« Règle son compte au dealer »), on retrouve là les échos d'une violence politique dont on a souvent oublié les fondements révolutionnaires. C'est cependant la redécouverte de l'engagement social et économique des Black Panthers qui surprend le plus dans cet ouvrage. On appréciera notamment l'analyse détaillée du programme du BPP (« Nous voulons des logements décents conçus pour abriter des êtres humains »), et de ses réalisations économiques.

    Plan :

    1. La montée de la contestation 2. Les débuts du Black Panther Party 3. Le succès du BPP effraie les autorités américaines 4. Le pouvoir américain contre le BPP 5. Le BPP de 1973 à aujourd'hui

    Tous fichés

    couverture

    Jacques Henno
    Télémaque, 2005

    La surveillance totale a commencé : 12 mai 2005, un vol d'Air France est dérouté par erreur par les autorités américaines sur l'aéroport de Bangor... Fin 2004, le fonds américain Carlyle, proche du Pentagone et de la CIA, tente de racheter à Air France, Ibéria et Lufthansa, leur système de réservation Amadeus... Fin 2003 - début 2004, Acxiom, société sous-traitante du Pentagone, absorbe Consodata et Claritas, les deux leaders français du data-mining et de la gestion de bases de données, contrôlant ainsi des fichiers sur plus de vingt millions de Français...

    Ces trois événements ont un point commun : ils annoncent " Surveillance Totale ", le programme américain le plus démesuré et sans doute le plus contestable, de lutte contre le terrorisme, par la mise sous fiche de la planète toute entière.

    Comment est conçu " Surveillance totale " ? Quels risques pour les libertés individuelles de chacun ? Comment les instances gouvernementales françaises et européennes ont-elles cédé aux pressions américaines ? Etes-vous fichés ? Comment le savoir ? Quels risques encourez-vous ? Comment réagir ?

    Dans une enquête minutieuse, Jacques Henno dévoile la genèse de ce programme sécuritaire inouï. Il décortique les mécanismes, les faiblesses et les perspectives inquiétantes que ce dispositif planétaire ouvre pour nos sociétés.

    Les invisibles

    couverture

    Nanni Balestrini
    POL, 1992

    Les Invisibles, ce sont ces garçons et ces filles des « années de plomb », en Italie, entre 1970 et 1980, qui, de la contestation lycéenne à l'activisme révolutionnaire, ont perdu sous les coups d'une répression de plus en plus dure leurs illusions, leur liberté et, parfois, leur vie.

    L'un de ces invisibles retrace ici son itinéraire - contestation lycéenne, militantisme, actions exemplaires - et, parallèlement, tient la chronique de son incarcération - interrogatoires, violences, révoltes, solitude. Phrases murmurées, ressassées dans l'isolement carcéral, plainte, complainte des erreurs et du découragement, Les Invisibles est un document bouleversant sur l'action politique et sa répression par l'Etat.

    1984

    couverture

    George Orwell
    Gallimard, 1972 (1948)

    De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big Brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

    RAF : guérilla urbaine en Europe occidentale

    couverture

    Anne Steiner et Loïc Debray
    L'échappée, 2005

    En 1972, alors que la jeunesse occidentale poursuit sa mobilisation contre la guerre du Vietnam, des bombes explosent aux quartiers généraux américains de Francfort et Heidelberg. Des soldats sont tués et des ordinateurs chargés d'assurer la logistique de l'armée américaine au Vietnam sont détruits. Pour la première fois, un groupe de lutte armée, la RAF, affirme qu'il ne représente que lui-même, qu'il est sujet révolutionnaire. Il attaque l'impérialisme au c½ur même des métropoles, en Allemagne Fédérale. Pour les militants de la Fraction armée rouge, le mot d'ordre du mouvement étudiant, « Il faut lutter ici et maintenant », est devenu une prescription éthique qu'ils ont assumée jusqu'en prison, dans les conditions les plus dures. D'autres attentats suivront, contre des juges, des policiers. En 1977 le groupe prend en otage le chef du patronat allemand, un ancien SS chargé de hautes responsabilités sous le troisième Reich. Cet ouvrage accorde une place déterminante aux écrits de la RAF et aux enjeux qu'ils sous-tendent car c'est avant tout la production théorique du groupe qui éclaire le mieux sa cohérence et sa singularité. Les entretiens menés avec d'anciens militants, sympathisants et avocats permettent de retracer des itinéraires et de montrer l'importance des rencontres et du contexte pour l'émergence d'un groupe porteur d'une pratique aussi radicale.

    Pourquoi faudrait-il punir ?

    couverture

    Catherine Baker
    tahin party, 2004

    Bien des philanthropes, depuis la création de la prison, luttent pour une amélioration du sort des détenus. C'est d'ailleurs la moindre des choses. On peut indéfiniment réformer et reformer ainsi la prison. On peut aussi vouloir son abolition, sa suppression pure et simple. Comme on a supprimé les tortures de l'arsenal pénal. Elle est un supplice, au même titre que la goutte d'eau sur le crâne et tous les supplices qui visent l'énervement. Elle repose sur l'idée qu'elle doit être dégradante et humiliante : au sens le plus littéral du terme, elle se veut une peine infamante. Les modernes, malgré les concessions au populisme d'aujourd'hui sur le «tout sécuritaire», s'accordent à la trouver archaïque. Mais on peut s'attendre à ce qu'elle soit remplacée par quelque chose de pire C'est pourquoi la question essentielle n'est pas celle du comment, mais du pourquoi. Pourquoi punir ? Pourquoi faudrait-il punir ? Pour en savoir (beaucoup) plus et télécharger gratuitement cet ouvrage : éditions tahin party

    C'est de la racaille ? Eh bien, j'en suis !

    couverture

    Alèssi Dell'Umbria
    L'échappée, 2006

    L'auteur de cet ouvrage n'est ni sociologue ni journaliste. Au début des années quatre-vingt, il participe à la première vague de révolte des banlieues. Il assiste ensuite, impuissant, à sa défaite, à sa récupération et à la mise en place d'un véritable apartheid social. Ce texte incisif replace les événements de l'automne 2005 dans le contexte d'une désintégration sociale et d'un renforcement de l'État-Léviathan. Son propos dépasse d'emblée le faux débat opposant intégration républicaine et communautarisme religieux. Loin de tout discours moralisant ou victimisant, l'auteur s'adresse,d'égal à égal,aux révoltés des banlieues pauvres. Il apporte ainsi sa contribution au devenir de la révolte.

    Histoire de la carte nationale d'identité

    couverture

    Pierre Piazza
    Odile Jacob, 2004

    Depuis quand existe la carte d'identité française ? Pourquoi a-t-elle été mise en place ? À partir de l'exploitation de très nombreuses archives publiques souvent inédites, l'auteur cerne, dans une perspective historique accordant une large place au régime de Vichy, les enjeux politiques et identitaires qui ont accompagné la mise en ½uvre en France d'une nouvelle procédure généralisée des citoyens au travers de la diffusion de la carte nationale d'identité. Retraçant le long processus d'institutionnalisation de ce document, il décrit avec précision le rôle déterminant joué par certains acteurs dans la rationalisation des techniques et des dispositifs d'identification mobilisés par les pouvoirs publics. Il analyse minutieusement le mode de fonctionnement interne de l'État en révélant les conflits, les contradictions et les connivences qui structurent les rapports entre ses différents services. L'accent est encore mis sur les réactions, les débats et les multiples formes de résistances qu'ont suscité les différentes entreprises étatiques d'encartement des nationaux.

    Plan :

    I L'identité de papier repensée sous la Troisième République

    A/ La « nouvelle donne » identitaire au dernier tiers du XIXe siècle
    1. L'effritement progressif de la sociabilité communautaire
    2. L'avènement d'une société nationale
    3. L'éradication du récidivisme

    B/ D'une logique de surveillance à une logique de contrôle
    1. La difficile rupture avec les modes traditionnels de reconnaissance
    2. Des méthodes et des outils « scientifiques » pour identifier
    3. La mise en place d'un dispositif de protection de la communauté nationale

    C/ Vers un encartement rationnel généralisé des Français ?
    1. Une exigence d'État érigée en enjeu politique majeur
    2. Résistances et obstacles

    II/ Vichy ou le désir d'identification absolue

    A/ Instaurer un État moderne et efficace
    1. Le rôle déterminant des préfectures
    2. Un échange de bons procédés entre services de police et services statistiques

    B/ Régénérer et épurer la nation
    1. L'encartement au service de la Révolution nationale
    2. L'encartement au service d'une « politique de la communauté réduite aux rejets »

    C/ Une entreprise de mise en carte inachevée
    1. Les raisons d'un échec
    2. Une répression moins efficace

    III/ Le dilemme contemporain efficacité / liberté-égalité

    A/ Que faire de Vichy ?
    1. Le temps des hésitations
    2. Une rupture de façade

    B/ L'informatisation de la carte nationale d'identité
    1. La liberté avant l'efficacité
    2. L'efficacité avant la liberté et l'égalité

    Soumission à l'autorité

    couverture

    Stanley Milgram
    Calmann-Lévy, 1994

    Stanley Milgram a mené dans les années 50/60 des expériences visant à déterminer où finit la soumission à l'autorité et où commence la responsabilité de l'individu ; comment concilier les impératifs de l'autorité avec la voix de la conscience. S. Milgram s'est penché sur des évènements pendant lesquels des atrocités, découlant d'une extraordinaire soumission à l'autorité, ont été pratiquées. Il a notamment mené des investigations sur les atrocités menées par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Il a mis en avant le fait que ces pratiques pouvaient se retrouver dans la vie courante sous différentes formes.

    Sous le soleil de Big Brother

    couverture

    François Brune
    L'Harmattan , 2000

    Une analyse du roman 1984 du point de vue de la théorie du
    totalitarisme, du pouvoir, de la novlange, de la double-pensée, de la structure narrative, avec des mises en parallèle constantes avec les sociétés contemporaines. Où l'on comprend que bien loin d'être un pronostic, 1984 est le diagnostic de toutes les tendances totalitaires inhérentes aux sociétés modernes. Et qu'il s'agit d'une détermination des conditions psychologiques de la mise en place d'une société totalitaire, de la manière dont celle-ci pénétre insidieusement les esprits en endormant l'esprit critique.

    Plan :

    1. Sous le regard de Big Brother
    2. Deux minutes d'éternelle haine
    3. Trois nations, trois classes, trois niveaux de l'âme
    4. Bien penser : les principes sacrés de l'Angsoc
    5. Bien parler : la refonte des mots
    6. Le pouvoir et le bonheur
    7. Bienheureuse fraternité !
    8. Winston ou la reconquête de soi
    9. Julia ou la part du feu
    10. O'Brien ou l'homme de pouvoir
    11. Significations politiques du mode romanesque
    12. Pour quoi

    La piscine

    couverture

    Roger Faligot et Pascal Krop
    L'épreuve des faits / Seuil, 1985

    De 1945 à 1985, cet ouvrage présente l'histoire des services secrets français, communément appelés "La piscine". Assassinat du docteur Outel Bono, histoire de Jacques Foccart, guerre du Biafra, coups d'État en Afrique, affaire Ben Barka... S'il convient de rester prudent face au contenu de ce livre, ce dernier contient cependant de précieuses informations sur les fonctionnements occultes de la République française.

    Plan :

    1. La caverne d'Ali Baba
    2. La traque aux nazis
    3. Le SDECE SFIO
    4. La guerre froide
    5. L'Indochine
    6. Guerre secrète au Maghreb
    7. La maison Grossin
    8. Signé : la main rouge !
    9. Les colonies, c'est fini
    10. Missions secrètes sur le continent noir
    11. La chasse aux taupes
    12. Dans la tourmente
    13. L'ère de Marenches
    14. Coup d'État en Afrique
    15. Les "spéciaux" de Mitterrand

    À quoi sert l'identité nationale ?

    couverture

    Gérard Noiriel
    Agone, 2007

    Le concept d'identité nationale a été l'un des leitmotiv de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Gérard Noiriel, historien, décortique ce concept, ses origines, sa vacuité et son instrumentalisation.

    Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire

    couverture

    Sarah Kaminsky
    Calmann-Levy, 2009

    « Rester éveillé. Le plus longtemps possible. Lutter contre le sommeil. Le calcul est simple. En une heure, je fabrique trente faux papiers. Si je dors une heure, trente personnes mourront... » Quand, à 17 ans, Adolfo Kaminsky devient l’expert en faux papiers de la Résistance à Paris, il ne sait pas encore qu’il est pris dans un engrenage infernal, dans une course contre la montre, contre la mort, où chaque minute a la valeur d’une vie. Durant trente ans, il exécutera ce méticuleux travail de faussaire pour de nombreuses causes, mais jamais pour son propre intérêt. A travers son destin romanesque, et sous la plume de sa fille Sarah, on plonge au coeur d’une histoire de clandestinité, d’engagement, de traque et de peur. En arrière-plan du récit de sa vie se dessine le spectre d’un siècle où s’affrontent sans merci pouvoirs politiques, haines raciales, idéologies et luttes des peuples pour leur liberté et la dignité humaine. La Résistance, l’émigration clandestine des rescapés des camps avant la création d’Israël, le soutien au FLN, les luttes révolutionnaires d’Amérique du Sud, les guerres de décolonisation d’Afrique, l’opposition aux dictateurs d’Espagne, du Portugal et de Grèce, sont autant de combats pour lesquels il s’est en-gagé, au risque de sa vie et au prix de nombreux sacrifices. S’il a rejoint des causes en apparence contradictoires, Adolfo Kaminsky est toujours resté fidèle à ses convictions humanistes, à sa volonté de bâtir un monde de justice et de liberté.

    Weather Underground

    couverture

    Dan Berger
    L'échappée, 2010

    « Faisons la guerre chez nous ! » est le mot d’ordre lancé par le Weather Underground à la fin des années 1960. Ce groupe d’étudiants issus de la middle class américaine, révoltés par la guerre du Vietnam et galvanisés par les luttes des Black Panthers décide de prendre les armes pour renverser le gouvernement. Leurs attentats contre le Capitole, le Pentagone, le Département d’État, le FBI et leur spectaculaire libération de prison de Timothy Leary, le pape du LSD, les placent en tête des ennemis de l’État. Clandestins, pourchassés de toute part durant dix ans, certains de ses membres finiront par se rendre et resteront de longues années en détention.

    La France a peur

    couverture

    Laurent Bonelli
    La découverte, 2008

    L'explosion de l'« insécurité » est devenue un sujet incontournable du débat politique et médiatique français. D'où vient une telle inflation du thème de la sécurité dans notre société depuis le début des années 1980 ? Dans quelle mesure a-t-elle modifié la perception politique et médiatique des milieux populaires et de leurs problèmes sociaux ? L'ouvrage de Laurent Bonelli montre d'abord que l'émergence de « l'insécurité » est inséparablement liée aux formes de précarités existentielles qui se développent à la fin des Trente glorieuses et au recul constant de l'État social. Ensuite, c'est à partir de l'ensemble de ses dimensions qu'il aborde cette question, de son traitement médiatique aux savoirs et expertises en tout genre mobilisés pour interpréter la « délinquance », des politiques de sécurité mises en place localement, jusqu'aux mutations profondes intervenues dans l'organisation et les missions de la police. Avec la reformulation progressive de la question sociale en impératif « d'ordre dans la rue », c'est tout un pan des relations entre les citoyens et les institutions républicaines qui a changé de visage.

    Opération banlieues

    couverture

    Hacène Belmessous
    La découverte, 2010

    Entre 1977 et 2003, la politique de la ville visait à « réinjecter du droit commun » dans les quartiers d'habitat social. Mais depuis, derrière les grands discours, une autre politique se déploie discrètement : la préparation d'une guerre totale aux cités, transformées en véritables ghettos ethniques, chaudrons sociaux dont le « traitement » ne relèverait plus que de l'éradication ou de la force armée. Voilà ce que démontre cette enquête implacable d'Hacène Belmessous, nourrie de documents confidentiels, de témoignages d'acteurs de la « sécurité urbaine » ? politiques, urbanistes, policiers, gendarmes et militaires ? et de visites des lieux où militaires et gendarmes se préparent à la contre-guérilla urbaine. Il explique ainsi qu'un objectif caché des opérations de rénovation urbaine est de faciliter les interventions policières, voire militaires, à venir dans ces territoires. Et il montre comment, à la suite des émeutes de 2005, deux nouveaux intervenants ont été enrôlés par le pouvoir sarkozyste : la gendarmerie mobile et l'armée de terre. Car avec l'adoption en 2008 du "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale", l'idée d'un engagement des forces terrestres en banlieue n'est plus un tabou. Mais s'ils se disent loyaux envers le chef de l'État, nombre d'officiers interrogés récusent ce « scénario de l'inacceptable ». Quant aux gendarmes, ils contestent ouvertement leur rapprochement avec la police, tandis que nombre de policiers, aujourd'hui en première ligne, récusent la militarisation croissante de leur action.

    L'ennemi intérieur

    couverture

    Mathieu Rigouste
    La découverte, 2009

    Retraçant l'évolution des représentations de l'ennemi intérieur dans la pensée d'État depuis les années 1960, ce livre documenté explique comment, des territoires colonisés d'hier aux quartiers populaires d'aujourd'hui, la Ve République a régénéré un modèle de domination fondé sur la désignation d'un bouc émissaire socio-ethnique et la gestion de la peur dans la population. À travers l'étude minutieuse des étapes de la lutte contre l'immigration et de la structuration de l'antiterrorisme, il révèle l'effrayante évolution du contrôle intérieur, de sa dimension médiatique et la fonction des imaginaires de l'ethnicité dans la mise en œuvre du nouvel ordre sécuritaire dans la France contemporaine.

    Punir les pauvres

    couverture

    Loïc Wacquant
    Agone, 2004

    Le tour résolument punitif pris par les politiques pénales lors de la dernière décennie ne relève pas du simple diptyque " crime et châtiment ". Il annonce l'instauration d'un nouveau gouvernement de l'insécurité sociale visant à façonner les conduites des hommes et des femmes pris dans les turbulences de la dérégulation économique et de la reconversion de l'aide sociale en tremplin vers l'emploi précaire. Au sein de ce dispositif " libéral-paternaliste ", la police et la prison retrouvent leur rôle d'origine : plier les populations indociles à l'ordre économique et moral émergent. C'est aux États-Unis qu'a été inventée cette nouvelle politique de la précarité, dans le sillage de la réaction sociale et raciale aux mouvements progressistes des années 1960 qui sera le creuset de la révolution néolibérale. C'est pourquoi ce livre emmène le lecteur outre-Atlantique afin d'y fouiller les entrailles de cet État carcéral boulimique qui a surgi sur les ruines de l'État charitable et des grands ghettos noirs. Il démontre comment, à l'ère du travail éclaté et discontinu, la régulation des classes populaires ne passe plus par le seul bras, maternel et serviable, de l'État social mais implique aussi celui, viril et sévère, de l'État pénal. Et pourquoi la lutte contre la délinquance de rue fait désormais pendant et écran à la nouvelle question sociale qu'est la généralisation du salariat d'insécurité et à son impact sur les espaces et les stratégies de vie du prolétariat urbain. En découvrant les soubassements matériels et en démontant les ressorts de la " pensée unique sécuritaire " qui sévit aujourd'hui partout en Europe, et singulièrement en France, ce livre pointe les voies possibles d'une mobilisation civique visant à sortir du programme répressif qui conduit les élites politiques à se servir de la prison comme d'un aspirateur social chargé de faire disparaître les rebuts de la société de marché.

    RFID, la police totale

    couverture

    Pièces et Main d'Oeuvre
    L'échappée, 2008

    Hors des laboratoires, des services vétérinaires et de logistique, peu de gens connaissent les RFID (Radio Frequency Identification), aussi nommées « étiquettes électroniques », « intelligentes », « smart tags », « transpondeurs », « puces à radiofréquences ». Ces mouchards, nés durant la Seconde Guerre mondiale, vont bientôt supplanter les codes-barres dans les objets de consommation, puis envahir les animaux, les titres de transport et d'identité, les livres des bibliothèques, les arbres des villes et finalement les êtres humains à l'aide de puces sous-cutanées : voici venu le temps du marquage électronique universel et obligatoire.