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Les livres du thème « Sociologie »

La culture du narcissisme

couverture

Christopher Lasch
Climats, 2000

En plus d'approfondir la notion de narcissisme, Christopher Lasch interroge l'évolution du travail, de la politique, des médias, du système éducatif, du sport, la place de l'enfant dans la société américaine... Enfin, l'introduction de Jean-Claude Michéa présente un point de vue novateur sur les mouvements politiques actuels.

Plan :

1. L'invasion de la société par le moi
2. La personnalité narcissique de notre temps
3. La réussite sociale, hier et aujourd'hui
4. Le théâtralisme de la politique et de l'existence quotidienne
5. Déclin de l'esprit sportif
6. Décadence du système éducatif
7. De l'autorité traditionnelle au contrôle thérapeutique
8. Sociopsychologie de la guerre des sexes
9. La peur de vieillir
10. Un paternalisme sans père

Le petit-bourgeois gentilhomme

couverture

Alain Accardo
Labor, 2003

Alain Accardo invite les ''progressistes'' à s'interroger sur la part qu'ils prennent à la reproduction de cet ordre qu'en principe ils combattent. Cet ordre étant établi à la fois à l'extérieur et à l'intérieur de chacun, il ne suffit pas de décréter qu'on le refuse pour rompre avec lui : on ne peut en effet changer le monde sans se changer soi-même, d'autant qu'aujourd'hui les valeurs de repli de la classe moyenne tendent à devenir dominantes.

Les carrefours du labyrinthe

couverture

Cornélius Castoriadis
Seuil, 1975-1996

6 tomes de recueil de textes et de conférences de Cornélius Castoriadis dans lesquels vous trouverez de nombreuses réflexions sur la démocratie. Mais également sur d'autres thèmes : psychanalyse, science, éducation, art, langage...

Le bonheur conforme

couverture

François Brune
Gallimard, 1985

Un ouvrage pédagogique d'analyse du discours publicitaire et de ses effets sociaux et politiques.

Plan :

 

 

  • A Les grandes manoeuvres de l'opium quotidien
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  • 1. Réduire
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  • 2. Frustrer
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  • 3. Erotiser
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  • 4. Aliéner
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  • 5. Récupérer
  •  

  • 6. Conditionner
  •  

  • 7. Infantiliser  
  •  

     

  • B Idéologie et publicité
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  • 8. Le règne du plaisir
  •  

  • 9. Le plaisir de régner
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  • 10. L'homme fonctionnel
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  • 11. La démocratie publicitaire
  •  

  • 12. Tiers-Monde : servez-vous !  
  •  

     

  • C Les voies de la normalisation
  •  

  • 13. Gouverner, c'est parler
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  • 14. Voir, c'est croire
  •  

  • 15. La fiction comme détournement de la conscience
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  • 16. Le piège à plusieurs voix
  • Une société à la dérive

    couverture

    Cornélius Castoriadis
    Seuil, 2005

    Dans ce volume sont rassemblés des entretiens et des débats auxquels participa, entre 1974 et 1997, Cornelius Castoriadis - militant politique, économiste, psychanalyste et philosophe. Un livre particulièrement accessible pour découvrir les analyses de ce penseur incontournable de la démocratie.

    Plan :

    1. Le projet d'autonomie n'est pas une utopie 2. Pourquoi je ne suis plus marxiste 3. Les significations imaginaires 4. Réponse à Richard Rorty 5. Des guerres en Europe 6. S'il est possible de créer de nouvelles formes de société 7. Ce que les partis politiques ne peuvent pas faire 8. Les enjeux actuels de la démocratie 9. Nous traversons une basse époque... 10. Y a-t-il des avant-gardes ? 11. Ce qu'est une révolution 12. Une exigence politique et humaine 13. Quand l'Est bascule vers l'Ouest 14. Marché, capitalisme, démocratie 15. Une "démocratie" sans la participation des citoyens 16. La guerre du Golfe mise à plat 17. Gorbatchev : ni réforme, ni retour en arrière 18. Guerre, religion et politique 19. Communisme, fascisme, émancipation 20. L'écologie contre les marchands 21. La force révolutionnaire de l'écologie 22. Une société à la dérive 23. Sur le jugement politique 24. Ni résignation, ni archaïsme 25. Une trajectoire singulière

    Les naufragés

    couverture

    Patrick Declerck
    Plon, 2001

    Nous les côtoyons tous les jours. Souvent ils sont ivres et peinent à mendier. Ils sentent mauvais, vocifèrent et font un peu peur. Nos regards se détournent. Qui sont ces marginaux aux visages ravagés ? Des exclus ? Des pauvres ? Ce sont les clochards. Fous d'exclusion. Fous de pauvreté. Fous d'alcool. Et victimes surtout. De la société et de ses lois. Du marché du travail et de ses contraintes. Mais au-delà, c'est contre la vie même qu'ils se révoltent. C'est elle qu'ils combattent. C'est elle qu'ils haïssent. Hallucinés, ivres, malades, c'est un autre et impossible ailleurs dont ils s'obstinent à rêver furieusement.

    Patrick Declerck, psychanalyste et ethnologue, a suivi la population des clochards de Paris, durant plus de quinze ans : dans la rue, dans les gares, dans les centres d'hébergement, au Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, au Samu social.

    Au travers d'observations ethnologiques et psychopathologiques, d'histoires de vie, de fragments autobiographiques et de souvenirs d'enfance, c'est en filigrane, à une promenade philosophique et politique aux limites de l'humain et aux pires aspects de notre société que le lecteur est convié.

    Libres leçons de Braudel

    couverture

    François-Xavier Verschave
    Syros, 1994

    François-Xavier Verschave, ancien président de l'association Survie et auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur la Françafrique, se livre ici à une présentation pédagogique de la pensée de l'historien Fernand Braudel.

    Plan :

    1. Les trois étages
    2. Un peu d'histoire
    3. Quand l'étage supérieur oublie et écrase l'étage inférieur
    4. Penser les étages inférieurs
    5. "Civiliser" l'étage supérieur
    6. Initiation et éducation

    De notre servitude involontaire

    couverture

    Alain Accardo
    Agone, 2001

    Cette "lettre ouverte aux camarades de gauche" tente de répondre à ces questions obsédantes : Que faire pour enrayer l'involution mortifère qui détruit matériellement et spirituellement notre planète et qui, telle une immense marée noire dont la montée implacable rend dérisoires les dispositifs visant à l'endiguer, vient submerger de sa boue gluante les choses et les âmes ? Que faire pour enrayer un mécanisme qui ne laisse d'autre alternative aux peuples de la Terre que s'enrichir au détriment des autres ou crever de misère ? Que faire pour en finir avec la domination de ces puissants pleins de morgue et d'arrogance ? Pourquoi le combat que nous menons contre ce système n'est pas toujours à la hauteur de notre indignation ?

    Souffrance en France

    couverture

    Christophe Dejours
    Seuil, 1998

    Les Français-e-s souffrent et ne le disent pas. Comment faisons-nous pour tolérer le sort des chômeurs et des "nouveaux pauvres" ? Et comment parvenons-nous à accepter sans protester des contraintes de travail toujours plus dures, dont nous savons pourtant qu'elles mettent en danger notre intégrité mentale et psychique ?

    Christophe Dejours, spécialiste du travail, découvre à l'origine de ce consentement silencieux la peur et la honte. Il révèle comment, pour pouvoir endurer la souffrance sans perdre la raison, on se protège. A la lumière du concept de distorsion communicationnelle de Jürgen Habermas et de celui de banalité de Hannah Arendt, il met au jour le processus qui fonctionne comme un piège. Alors la souffrance devient pensable. Et l'injustice sociale banalisée...

    Principes du gouvernement représentatif

    couverture

    Bernard Manin
    Flammarion, 1997

    L'auteur, professeur à l'Université de Columbia et à l'Institut d'Études politiques de Paris, poursuit dans cet ouvrage un projet paradoxal. Il s'agit, en effet, de dégager les traits aussi bien aristocratiques que démocratiques du gouvernement représentatif. Contrairement à une opinion communément reçue, l'élection n'est pas l'instrument démocratique par excellence. Des Athéniens à Rousseau, la démocratie impliquait d'ailleurs d'autres modes de désignation des responsables. Comment un mode de gouvernement qui passait plutôt jusqu'au XVIIIe siècle pour aristocratique peut-il aujourd'hui être considéré comme une des formes privilégiées de la démocratie ? Quelle énigme enferme donc un dispositif institutionnel pour faire l'objet d'interprétations si diverses ? C'est à cette question que Bernard Manin tente ici de répondre dans un style limpide et avec une précision documentaire remarquable.

    Le nouvel esprit du capitalisme

    couverture

    Luc Boltanski, Eve Chiapello
    Gallimard, 1999

    Pourquoi la critique du capitalisme, si vive dans les années soixante, se réduit-elle aujourd'hui à des invectives incapables de proposer des voies alternatives ? Les changements du capitalisme sont-ils inéluctables et si bénéfiques ? Pourquoi ce "désarroi idéologique" ? S'inspirant de la problématique de Max Weber, les auteurs montrent que de nouvelles valeurs, inspirant les discours du management, ont rendu tolérable et permis la réussite de ce nouveau capitalisme fondé sur l'initiative des salariés et l'autonomie de leur travail. Ce "nouvel esprit du capitalisme" a en particulier incorporé la "critique artiste" qui s'était épanouie en mai 1968 en revendiquant "une exigence de libération, d'autonomie et d'authenticité" que le capitalisme hiérarchisé et aliénant ne pouvait satisfaire.

    Introduction à une sociologie critique

    couverture

    Alain Accardo
    Agone, 2006

    Un condensé pédagogique de la démarche sociologique initiée par Pierre Bourdieu. Cet ouvrage approfondit les concepts d'habitus, de classe sociale, les mécanismes de domination, le rôle de la sociologie critique, etc. Une excellente introduction.

    Grandes fortunes

    couverture

    Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
    Payot, 2006

    Qui dit grandes fortunes ne dit pas seulement argent. Lorsqu'elles sont anciennes, les fortunes économiques et financières sont aussi synonymes de culture et de sociabilité ; elles se trouvent au cœur de réseaux très denses, familiaux et extra-familiaux, aux ramifications internationales et aux échanges intenses, si bien qu'elles sont, en quelque sorte, mises en commun. Entretiens avec des représentants de ces familles, observations dans les lieux chics de France, les châteaux et les villas balnéaires, recours aux informateurs les plus divers, des directeurs de palaces aux gestionnaires de fortunes privées : les auteurs ont soigneusement démonté les rouages de cette cumulativité des fortunes et de cette quasi collectivisation chez les possédants. Un classique de la sociologie.

    La montée de l'insignifiance

    couverture

    Cornélius Castoriadis
    Seuil, 1998

    Recueil d'articles, de textes et d'entretiens de Cornélius Castoriadis, on l'on retrouve ses idées majeures sur la démocratie, la lutte révolutionnaire, l'analyse de la société occidentale.

    Plan :

    Post-scriptum au Délabrement de l’Occident
    Freud, la société, l’histoire
    La démocratie comme procédure et comme régime
    La crise des sociétés occidentales
    Les mouvements des années soixante
    Anthropologie, philosophie, politique
    Marxisme-léninisme : la pulvérisation
    La crise du processus identificatoire
    Imaginaire politique grec et moderne
    Entre le vide occidental et le mythe arabe
    Le délabrement de l’Occident
    Le cache-misère de l’éthique
    La démocratie athénienne : fausses et vraies questions
    Un monde à venir
    En mal de culture

    Le moi assiégé

    couverture

    Christopher Lasch
    Climats, 2008

    Le désastre écologique, le sentiment d'insécurité, la prolifération nucléaire, la fragilisation de l'économie sont perçus comme autant de menaces transformant la vie en exercice de survie. Assiégé, le moi se resserre sur lui-même jusqu'à ne plus former qu'un noyau défensif, armé contre l'adversité. Christopher Lasch analyse les us et abus de cette notion de survie, omniprésente dans le monde contemporain. Notre imaginaire est en effet envahi depuis plusieurs décennies par des images et une rhétorique de situations extrêmes désormais plaquées sur toutes sortes d'épreuves de la vie quotidienne. La problématique de la survie, qui surgit avec les témoignages des rescapés des camps de la mort. imprègne aujourd'hui toutes les investigations historiques consacrées aux minorités exposées à la persécution et à la discrimination. Elle imprègne aussi jusqu'à la psychologie du développement personnel et une grande part de la littérature populaire qui prend pour thème les pressions de la vie professionnelle, les rivalités et la concurrence dans la vie de tous les jours. La façon dont ce type d'expérience était vécu jusqu'alors s'en trouve modifiée et les individus sont conduits à ne plus fonder leurs choix existentiels que sur des critères émotionnels et indistincts renvoyant à l'enjeu de la survie. Dans cette étude de psychologie politique à la fois lucide et provocante, Christopher Lasch se penche sur cette confusion, de plus en plus répandue, entre lutte pour la préservation de l'intégrité personnelle et lutte pour la survie.

    Histoire secrète du patronat

    couverture

    David Servenay, Benoît Collombat, Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec
    La découverte, 2009

    De la Seconde Guerre mondiale à la crise financière de 2008-2009, chacun croit connaître plus ou moins l'histoire de l'économie française. Mais derrière l'histoire officielle des manuels scolaires s'en cache une autre, secrète : elle met en scène les patrons qui ont réellement façonné le capitalisme français. C'est cette saga que racontent dans ce livre cinq journalistes d'investigation. Elle plonge le lecteur dans les arcanes d'un véritable " système " né dans l'après-guerre et qui, malgré ses mutations, marque encore aujourd'hui la machine patronale. Du recyclage des anciens cadres de Vichy dans la reconstruction jusqu'aux caisses noires des syndicats patronaux, en passant par le financement secret des partis politiques ou les graves dérives du paritarisme, on découvre le rôle central de personnages aussi puissants que discrets. Comme Georges Albertini, éminence grise du patronat liée à l'extrême droite dans les années 1950, ou les " conseillers du prince " qui ont influencé les choix économiques des présidents successifs de la Ve République. On découvre aussi les efficaces lobbyistes d'un patronat capable de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens. Et qui a su s'appuyer sur des intellectuels et de grands médias pour convertir les élites politiques aux "mérites" de la finance dérégulée. Cette somme brosse le vrai portrait de nombreux patrons français, révèle les bonnes affaires des uns dans la " Françafric ", les juteuses opérations des autres dans l'immobilier ou l'industrie. On découvre comment se sont vraiment faites la plupart des grandes fortunes françaises, celles d'hier et d'aujourd'hui : subventions extorquées à l'Etat, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions obscures, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, coups fourrés, etc. La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet, sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

    Le président des riches

    couverture

    Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
    Zone (La découverte), 2010

    Petits chèques entre amis, dîners mondains, légions d’honneur et comptes en Suisse… L’affaire Bettencourt a jeté une lumière crue sur les connivences souterraines qui unissent pouvoir politique et puissances de l’argent. Dans ce livre-enquête, les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la bourgeoisie française, donnent à voir, au-delà des scandales, la logique d’un système. Pour faire vivre un monde où l’entre-soi permet l’affirmation des réseaux, ils rapportent des histoires révélatrices, glanées dans les coulisses du règne de Nicolas Ier. En brossant la chronique des premières mesures prises, ils dévoilent les ressorts d’une politique systématique en faveur des nantis : bouclier fiscal, abattements et exonérations en tout genre, dépénalisation du droit des affaires ne sont que les éléments visibles d’une guerre des classes au service de l’aristocratie de l’argent. Aux discours du Sarkozy qui prétendait vouloir refonder le capitalisme s’oppose la réalité des actes : paradis fiscaux, fonds spéculatifs, bonus des traders, stock-options et cadeaux aux banques se portent bien et ont permis au capital financier de retrouver de sa superbe. Derrière la façade d’un pouvoir démocratique se dessine ainsi le tableau inquiétant d’un tout autre régime : une oligarchie, un gouvernement des riches pour les riches.

    Les ghettos du gotha

    couverture

    Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon
    Points, 2010

    De Neuilly-sur-Seine aux châteaux de l'Oise, deux sociologues se sont aventurés au coeur de la grande bourgeoisie pour étudier les associations, comités et cercles formés par les riches pour défendre leur pré carré. Il décrive, faits à l'appui, combien appartenir à la bourgeoisie, c'est avant tout cultiver l'entre-soi pour convertir la richesse économique en richesse sociale.

    Les structures sociales de l'économie

    couverture

    Pierre Bourdieu
    Liber, 2000

    Il suffit d’étudier une transaction, comme le sociologue Pierre Bourdieu le fait ici pour la vente et l’achat d’un bien immobilier dans le Val d’Oise, pour comprendre que les postulats abstraits de l’offre et de la demande posées de manière indépendante, de l’individu rationnel connaissant son intérêt, du règne inconditionnel des prix, ne rendent pas compte de la réalité. Nos postulats sont le produit d’une construction sociale, de sorte qu’on ne peut décrire adéquatement les processus dits "économiques" sans faire appel à la sociologie.

    La distinction

    couverture

    Pierre Bourdieu
    Les Editions de Minuit, 1979

    Classeurs classés par leurs classements, les sujets sociaux se distinguent par les distinctions qu'ils opèrent - entre le savoureux et l'insipide, le beau et le laid, le chic et le chiqué, le distingué et le vulgaire - et où s'exprime ou se trahit leur position dans les classements objectifs. L'analyse des relations entre les systèmes de classement (le goût) et les conditions d'existence (la classe sociale) qu'ils retraduisent sous une forme transfigurée dans des choix objectivement systématiques ("la classe") conduit ainsi à une critique sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociales et des styles de vie.

    Les héritiers

    couverture

    Pierre Bourdieu
    Les Editions de Minuit, 1964

    Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en " dons " personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.

    La misère du monde

    couverture

    Collectif coordonné par Pierre Bourdieu
    Seuil, 2007 (1994)

    Cet ouvrage collectif rédigé sous la direction de Pierre Bourdieu tente de mettre en lumière les causes de la misère sociale sous ses formes modernes. Les sociologues appréhendent la misère en donnant la parole à ceux qui la vivent. Ils rendent publique une souffrance privée au cours de nombreux entretiens où se révèle le malheur du monde et la violence cachée qu'exercent sur les individus les structures économiques et sociales. Au travers de confidences émouvantes et cathartiques, chaque interlocuteur prend conscience des mécanismes qui rendent sa vie douloureuse, voire invivable, et découvre, par-delà la souffrance, les causes sociales de son malheur. Ces témoignages sont aussi pour le lecteur l'occasion de comprendre véritablement les contraintes sociales, les agressions de la vie professionnelle qui font obstacle à l'accomplissement des personnes et à leur légitime aspiration au bonheur.