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Les citations du thème « Non classé-e-s »

On est entré dans ''l'ère des développements à particule'' pour tenter de conjurer magiquement les effets négatifs de l'entreprise développementiste. On a vu des développements ''autocentrés'', ''endogènes'', ''participatifs'', ''communautaires'', ''intégrés'', ''authentiques'', ''autonomes et populaires'', ''équitables''... sans parler du développement local, du micro-développement, de l'endo-développement et même de l'ethno-développement ! En accolant un adjectif au concept de développement, il ne s'agit pas vraiment de remettre en question l'accumulation capitaliste. Tout au plus songe-t-on à adjoindre à la croissance économique un volet social comme on a pu naguère lui ajouter une dimension culturelle, et aujourd'hui une composante écologique.

Serge Latouche, Survivre au développement, éd Mille et une nuits (Lagardère), 2004

On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de route, de canaux, de chemin de fer. Moi je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan [chemin de fer]. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme. On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés. Moi je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

Aimé Césaire, Le développement comme colonialisme, cité dans L'écologiste n°6

Le développement durable est réalisé au mieux grâce à une concurrence ouverte au sein de marchés correctement organisés qui respectent les avantages comparatifs légitimes. De tels marchés encouragent l'efficience et l'innovation qui sont toutes nécessaires à un progrès humain durable.

BASD, Business Action for Sustainable Development, regroupant 167 multinationales

Le développement durable, c'est tout d'abord produire plus d'énergie, plus de pétrole, plus de gaz, peut-être plus de charbon et de nucléaire, et certainement plus d'énergies renouvelables. Dans le même temps, il faut s'assurer que cela ne se fait pas au détriment de l'environnement.

Michel de Fabiani, président de BP France, rencontres parlementaires sur l'énergie, 2001

Dans l'histoire de l'humanité, on constate une progression à certains égards : un mathématicien de la Silicon Valley, avec un ordinateur, peut faire un nombre d'additions extraordinaires par rapport à Lucy. On ne peut nier, à moins d'un scepticisme total, que l'astronomie, la chimie, la biologie, nous apprennent des choses que les hommes du Paléolithique ne pouvaient pas soupçonner. Mais, d'un autre côté, en considérant les masques des tribus archaïques ou des peintures rupestres (Lascaux), comparés avec la peinture européenne, il n'y a aucun sens à parler de progrès, ou du moins, c'est discutable.

Cornélius Castoriadis, Les carrefours du Labyrinthe, éd Seuil, 1990

Dans Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal*, Hannah Arendt explique que la déportation et l'extermination des juifs se faisaient avec des gens pas forcément méchants. Ils faisaient juste leur travail. Le chauffeur de locomotive faisait juste son travail. L'aiguilleur faisait juste son travail. Comme le médecin, l'intendant, le fonctionnaire, etc. Et au final, il y a eu des millions de morts. Ce qui est frappant, c'est qu'au procès de Nuremberg, il y avait des absents : les savants allemands qui avaient collaborés avec Hitler, nazis ou non. Ils avaient collaboré parce qu'Hitler leur donnait des moyens, des laboratoires, de la main d'oeuvre, des cobayes, de la matière première, etc. Pourquoi est-ce qu'ils n'étaient pas dans le box des accusés ? Parce qu'ils avaient été exfiltrés. Les Russes en avaient pris une partie, les Américains aussi, et même les Français ont exfiltrés quelques savants allemands qui les ont aidé pour le programme spatial français. Au final, tout se passe comme si les scientifiques n'étaient jamais redevables des crimes qu'ils aident à commettre. Il serait temps qu'ils répondent de leurs actes au lieu de se défausser perpétuellement sur la société ou les élus. Avant d'être scientifiques, ils sont avant tout des êtres humains.

Inspiré d'une intervention du groupe Pièces et Main d'Oeuvre
lors d'une soirée sur le puçage des animaux et des humains, Grenoble, mars 2006

Écoutez, j'ai rencontré un ministre qui n'avait pas trouvé bien la soirée [...]. Je lui ai dit : quand ça bout, il y a deux solutions. Soit on ouvre le couvercle et on peut se prendre de la vapeur. Ce n'est pas très agréable. Mais si on ne l'ouvre pas, quand on reçoit le couvercle dans la figure, ça fait très mal. Evidemment, nous avons joué le rôle de la soupape de sécurité. Les gens intelligents l'ont bien compris.

Jean-Luc Mano, directeur de l'information de France2,
à propos de l'émission spéciale sur le "Smic-jeunes" de mars 1994, guère appréciée par le premier ministre Edouard Balladur, lequel amputa de 120 millions d'euros le budget de la télévision publique.

Après Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff ou Élisabeth Lévy, c'est désormais au tour - signe des temps ? - d'Alain Minc de partir en guerre contre le politiquement correct, dans un de ces livres de saison dont il a le secret. Ses cibles ? Ceux qu'il désigne comme nos nouveaux maîtres, et auxquels il adresse des lettres ouvertes : minorités culturelles, régionales ou sexuelles, apôtres du communautarisme, féministes, organisations style Greenpeace, Attac ou Syndicat de la magistrature, 'bref tous les groupes et toutes les idéologies qui se prétendent dominés.

François Dufay, Le Point, 03/01/03
cité dans le mensuel CQFD n°33

Attentif à l'intégration environnementale de ses autoroutes tout au long de leur concession, le groupe des Autoroutes du Sud de la France agit pour protéger le cadre de vie des riverains, préserver la diversité et la richesse naturelle, et valoriser les paysages traversés. C'est donc naturellement qu'il a décidé de soutenir le programme de la Fondation Nicolas Hulot qui vise à enrayer la perte de la diversité biologique.

Groupe ASF (Autoroutes du Sud de la France), avril 2005, Cité dans le journal La décroissance n°31

En poursuivant ce partenariat avec la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme, EDF réaffirme sa volonté d'agir en faveur du développement durable, un enjeu majeur et incontournable pour un grand énergéticien européen.

Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, 04/05/06 Cité dans le journal La décroissance n°32

Le projet UMP propose d'engager en cinq ans les actions nécessaires pour que tous les problèmes écologiques soient résolus d'ici à une génération (et en deux ans seulement pour le climat).

Magazine de l'UMP, 10/11/05
cité par La décroissance n°30, février 2006

Le terme [développement durable] est tellement large, mis à toutes les sauces, qu'à l'exemple de Monsieur Jourdain, tout le monde peut le revendiquer. Et puis, c'est vrai, c'est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans.

Michel Edouard Leclerc, Le Nouvel économiste, 26 mars 2004.

Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent.

Jacques Chirac, Le Monde, 22/02/1988

- Jacques Chirac : "Il n'y a aucune immunité pénale pour le président de la République"
- Patrick Poivre D'Arvor : "Et pour les responsabilités antérieures ?"
- Jacques Chirac : " Je trouve que votre question dérape vers une certaine insolence."

Entretien Jacques Chirac/Patrick Poivre D'Arvor
Discours annuel à la télévision, 14/07/1999
Notons que l'article 64 de la Constitution française stipule que le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire est le Président de la République, assisté par le Conseil Supérieur de la Magistrature. Le comble de cette situation a été atteint en 2001, lorsque le Président a été personnellement mis en cause par plusieurs juges d'instruction (affaire des "marchés publics d'Ile-de-France" notamment). Les juges réclamaient la mise en examen de Jacques Chirac. La plus haute instance de la Justice française, le Conseil Supérieur de la Magistrature, décida d'examiner la demande des juges. Or le président du C.S.M. n'est autre que le Président de la République. Jacques Chirac a évidemment orienté les décisions du C.S.M dans un sens qui lui était favorable, en rejetant les mises en examen

Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter. [...] Au nom de quoi les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, l'Angleterre, l'Allemagne et tant d'autres choisiraient les meilleurs étudiants, les meilleurs travailleurs et nous nous n'aurions le droit de choisir personne pour subir tout le monde. Cette politique, ce n'est pas la mienne.

Nicolas Sarkozy
discours prononcé devant les nouveaux adhérents de l'UMP
cité par LCI, 22/04/2006

L 'ethnomanie, [est] ce recours extravagant, pour tout expliquer, à l'argument tribu (guerres tribales, oppositions tribales, émeutes tribales.), qui n'est pas seulement le fait de démagogues ou de dictateurs à court de pensée, mais trouve aussi des adeptes dans d'autres catégories, surtout chez les Français moyens très mal informés, comme si, en Afrique, toute réalité était d'abord tribale.

Mongo Beti, La France contre l'Afrique,La Découverte, 1993

C'est que les pays d'Afrique ont une caractéristique, c'est d'être divisés, non pas par l'idéologie. Il n'y a pas d'affrontement idéologique entre Africains dans tel ou tels pays, mais des divisions ethniques. Il y a dans ces pays un très grand nombre de tribus qui ont leurs traditions, qui ont leur culture, qui ont leur histoire et qui se sont toujours battus. Le grand effort des dirigeants modernes de ces pays depuis les indépendances, c'est de rassembler ensemble ces gens, de les faire s'entendre et de réaliser l'unité nationale et l'effort de redressement. Dès que vous envisagez la création, comme cela, simplement parce que l'Europe considère que c'est bien, d'un certain nombres de partis, ce que je peux comprendre, que se passe t-il ? Vous avez immédiatement un parti par tribu et au lieu d'avoir la démocratie, vous avez l'affrontement et un risque d'anarchie. Il faut tout de même réfléchir avant d'imposer à tous ses certitudes. La démocratie peut revêtir un certain nombre de formes. J'entendais tout à l'heure qu'on avait le choix entre un parti et un autre parti. Cela n'a aucun sens en Afrique où il n'y a pas de clivages idéologiques.

Interview de Jacques Chirac par Catherine Nay sur Europe 1 en 1990.
Réponse à la question "[n'est-il pas] un peu raciste de dénier aux africains le droit d?avoir plusieurs partis comme n?importe quel citoyen du monde ?"

Nous sommes très occupés et pourtant, rien ne nous presse. Nous disposons de vastes loisirs. Le rythme de la vie est lent. Chose bizarre, bien que les journées aient le même nombre d'heures, elles nous paraissent infiniment plus longues. Au fond, toutes ces machines qui étaient supposées faciliter notre tâche, autos, téléphone, tracteur, tronçonneuse, broyeur de grain, scie circulaire, elles la facilitait, c'est vrai. Mais elles avaient aussi pour effet d'accélérer le temps. On voulait faire trop de choses, trop vite. Les machines étaient toujours là, sur vos talons, à vous presser. [...]

Je remarque que nos mouvements aussi sont plus lents. Ils se sont adaptés à notre rythme de vie. On ne descend pas de cheval comme on sort d'une auto. Pas question de claquer la portière et de monter un escalier quatre à quatre pour décrocher le téléphone qui sonne. Je démonte dès l'entrée, j'amène Amarante au pas dans son box, je la desselle, je la bichonne et j'attend qu'elle soit bien sèche pour lui permettre de boire. En tous, une bonne demi-heure.

Il est possible que, la médecine ayant disparu, la vie devienne plus brève. Mais si on vit plus lentement, si les jours et les années ne passent plus devant votre nez à une vitesse effrayante, je me demande ce qu'on a perdu. Même les rapports avec les gens se sont considérablement enrichis du fait de cette lenteur.

Malevil, roman de Robert Merle

Nous vivons dans une société où les individus sont socialement conditionnés à prendre conscience d'eux-mêmes, non pas comme membres d'une classe sociale déterminée, et singulièrement d'une classe exploitée, dépossédée et dominée de diverses façons, mais seulement comme des individus parmi d'autres, des monades réduites à leurs seules forces individuelles et condamnées à une compétition sans fin [...] Dans une telle société ramenée à un nuage ''d'électrons libres'', [...] les seuls critères en vertu desquels peuvent éventuellement s'opérer des regroupements et des mobilisations identitaires sont des critères sans rapport immédiat avec la condition de classe, tels que les caractères éthiques, culturels ou sexuels, qui permettent à la rigueur de dénoncer des inégalités et des injustices réelles et de développer des luttes bien ciblées, mais qui n'entraînent aucune remise en cause explicite des rapports de domination inhérents à la structure des classes puisque ces luttes ne visent qu'à rétablir une égalité de droits (entre hommes et femmes, vieux et jeunes, Blancs et gens de couleur, hétéros et homos, etc.) à l'intérieur d'un système de pouvoir reposant sur une distribution parfaitement arbitraire du capital qu'on a cessé de contester dans son principe même.

Alain Accardo, Succession Lagardère : la norme ou l'énorme, Le passant ordinaire n°45-46, juin septembre 2003
cité par Serge Halimi dans Le grand bond en arrière, Fayard, 2004

Bien sûr, [l'objectif assigné aux entreprises : 15% de rentabilité sur les fonds propres] laisse au bord de la route un grand nombre d'entreprises. Et alors ? C'est la loi de la nature, qui génère à la fois de l'efficacité et des inégalités.

Alain Minc, Plaidoyer pour le nouveau capitalisme patrimonial, 2001
cité par Michel Barrillon dans Attac, encore un effort pour réguler la mondialisation ?!, Climats, 2001

O + ( N x S ) + Cpm / T + He
Voici l'équation du bonheur, selon Cliff Arnall, spécialiste en psychologie à l'université de Cardiff (Royaume-Uni). O représente les activités extérieures, N la nature, S l'interaction humaine, Cpm les souvenirs d'enfance liés à l'été, T les températures et He les vacances. Pour parvenir à ces conclusions, qui, selon le spécialiste, sont globalement valables pour la plupart des pays européens, le Canada et les Etats-Unis, il a fallu interroger de manière informelle quelque 3000 personnes dans dix pays.

Le Figaro, 23 juin 2006
cité par CQFD. n°36, juillet 2006

Il est désormais avéré que la concentration atmosphérique de gaz carbonique, qui était restée comprise entre 200 et 280 ppmv [partie par million en volume, unité de mesure] depuis plusieurs centaines de milliers d'années, atteint aujourd'hui 360 pmv, augmente désormais de manière exponentielle, et que nous sommes à l'origine de cette évolution.[...] Cette augmentation se produit depuis le début de l'industrialisation, c'est tout aussi irréfutable.

L'avenir climatique, Jean-Marc Jancovici, points, 2002
Jean-Marc Jancovici, ingénieur-conseil, est pro-nucléaire. Vous trouverez une critique argumentée de ses positions nucléaristes dans la revue Traits d'Union n°23/24 disponible auprès de la CRIIRAD.

Je ne demanderai jamais la remise en cause des acquis sociaux mais je souhaite que l'on fasse le tri entre ce qui est acquis social et ce qui n'est que le produit d'une habitude, d'une lâcheté, d'un oubli. [...] Ce n'est pas un acquis social que de pouvoir bénéficier d'un minimum social sans être contraint en contrepartie d'avoir une activité.

Nicolas Sarkozy, 11 juin 2005, lors d'une réunion devant le millier de cadres du parti

L'éthique est peut-être la première exigence de la modernité.

Jacques Chirac, 1999, interrogé par Rachid Nekkaz et Léonard Anthony dans Millen@rium, quel avenir pour l'humanité ?, Laffon, 2000.

Entre 1950 et 1965, les entreprises américaines avaient investi 8,1 milliards de dollars en Europe pour seulement 5,5 milliards de bénéfices, elles n'avaient investi en Amérique latine que 3,8 milliards de dollars pour un bénéfice de 11,2 milliards ; et en Afrique, 5,2 milliards d'investissements pour 14,3 milliards de dollars de bénéfices. Nous sommes là devant un comportement impérialiste classique dans lequel les régions possédant les ressources naturelles sont victimes de nations plus puissantes qui tirent justement leur puissance de ces ressources volées. Les Etats-Unis et leurs entreprises dépendaient des nations les plus pauvres pour 100% du diamant, du café, du platine, du mercure, du caoutchouc et du cobalt ; 98% du manganèse et 90% de la potasse et de l'aluminium provenaient également de l'étranger.

Howard Zinn, Une histoire populaire des Etats-Unis, Agone, 2002, p638.

Oui, j'assume : nous roulons pour le bipartisme. Parce que la vraie démocratie, c'est ça. Et c'est ça que je voudrais pour mes enfants.

Etienne Mougeotte, vice-président de TF1.
Propos cités par François Bayrou relatant une conversation avec Etienne Mougeotte, émission Arrêt sur images, France 5, 17/09/06.
Cité par Le Plan B n°4, octobre 2006.

Je suis venu parce qu'ici c'est la France, la vraie France, celle que j'aime, telle que je la connais, telle que je la ressens, la France qui croit au mérite, la France qui croit à l'effort, la France qui est dure à la peine, la France dont on ne parle jamais parce qu'elle ne se plaint pas. Elle est ici la France à laquelle je crois, la France qui ne brûle pas les voitures. Cette France-là, elle a le droit qu'on parle pour elle ! Ici, c'est la France qui ne bloque pas les trains, et bien moi je veux parler pour la France qui ne bloque pas les trains, car j'en ai assez de cette infime minorité qui, sans raison, bloque les trains et empêche les autres de travailler.

Nicolas Sarkozy, discours à Charlevilles-Mézières, 18/12/2006, cité par le zapping de Canal plus, 19/12/2006.

[Je suis pour] promouvoir les traditions populaires ; interdire les rave party, parce que nos campagnes ne sont pas le terrain de jeux des bobos parisiens ; revenir aux dates traditionnelles de la chasse ; défendre le postier catalan et le médecin savoyard plutôt que l'ours slovène et loup de Sibérie.

Philippes Devilliers, discours de campagne présidentielle 2007, cité par le zapping de Canal plus, 11/12/2006.

Ce qui est frappant c'est que depuis des mois il y a une orchestration médiatique pour essayer de faire croire aux Français que le choix est joué à l'avance, et qu'ils n'ont plus que à se ranger derrière Nicolas Sarkozy ou derrière Ségolène Royal [...] Il se trouve de surcroît que ce choix, naturellement, arrange beaucoup de gens, arrange des intérêts puissants [...] Je considère pour moi que l'argent et la politique doivent être séparés. Je pense que l'un ne doit pas avoir barre sur l'autre. Notamment lorsque ces puissances économiques détiennent de très grands médias [...] mais je puis vous assurer qu'il y a un problème républicain dès l'instant que de très gros intérêts financiers, industriels, sont liés à de très gros intérêts médiatiques, et sont en liaison intime avec l'Etat.

François Bayrou, TF1, 2 septembre 2006

Si le " non " l'emporte [au référendum de mai 2005 sur la constitution européenne], on sait ce qui se passera : l'Europe continuera sans nous, la France sera diminuée, appauvrie, méprisée.

Ségolène Royal, alors présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, RTL, 3 octobre 2004.

La bataille pour le "oui" [au référendum de mai 2005 sur la constitution européenne] sera dans ces conditions évidemmment la grande bataille pour la liberté de notre continent, et je l'espère la grande défaite de tous ces altermondialistes qui ont tout à la fois la candeur et l'impudence de se déclarer "antilibéraux", disons simplement ennemis de la liberté.

Alexandre Adler, éditorialiste et chroniqueur dans de nombreux médias, Le Figaro, 20 octobre 2004.

Ici, à Toulon, comme partout en France, j'entends ce cri qui s'élève des profondeurs du pays et dont l'écho semble se répéter indéfiniment : « ça ne peut plus durer ». Ça ne peut plus durer les travailleurs pauvres qui se demandent quoi faire pour s'en sortir. Ça ne peut plus durer le pouvoir d'achat trop faible, les enfants condamnés à vivre moins bien que leurs parents, la difficulté de se loger décemment. Ça ne peut plus durer l'assisté qui gagne plus que le travailleur, l'école qui n'apprend pas à lire, à écrire, à compter correctement. Ça ne peut plus durer la violence, des multi-récidivistes. Ça ne peut plus durer le petit voyou et le patron voyou qui restent impunis. Ça ne peut plus durer les parachutes en or pour celui qui échoue, les stock options réservées à quelques-uns. Ça ne peut plus durer la discrimination, l'inégalité des chances, la panne de la promotion sociale. Ça ne peut plus durer les femmes moins payées que les hommes, les mariages forcés, la loi des grands frères, la polygamie, l'excision. Ça ne peut plus durer les délocalisations provoquées par la concurrence déloyale, le dumping social, écologique, fiscal. Ça ne peut plus durer le travail découragé, le travailleur démoralisé. Ça ne peut plus durer le travailleur qui paye pour tout le monde. Ça ne peut plus durer les valeurs de la France bafouée, l'histoire de France répudiée, la nation dénigrée.

Nicolas Sarkozy, meeting de Toulon, 7 février 2007

Cette Europe de l'impuissance, cette Europe ouverte comme une passoire à toutes les crises du monde, cette Europe non européenne mais dominée par les intérêts germano-américains, cette Europe du chômage importé, cette Europe mollusque, sans corps et sans dessein véritable, cette Europe où les sociétés multinationales dictent leurs lois aux Etats, cette Europe où la France serait engluée comme dans un marécage, je le dis avec calme et détermination, cette Europe-là, nous ne l'accepterons jamais !

Jacques Chirac, discours lors de la campagne des élections européennes de juin 1979, cité dans Chirac, du jeune loup au vieux lion, documentaire de Patrick Rotman, 2006

Je lance un appel solennel aux Nations Unies pour qu'elles prennent en main la question d'une plus juste répartition des profits, de la rente des matières premières, des rentes technologiques. Je lance un appel solennel aux Nations Unies pour qu'elles prennent en main la moralisation du capitalisme financier. [...] Il faut que les choses changent, que les mentalités changent, que les comportements changent. C'est notre responsabilité. C'est notre responsabilité maintenant parce que demain il sera trop tard, parce que sinon nous verrons ressurgir toutes les menaces que les hommes de l'après-guerre croyaient avoir conjurées.

Nicolas Sarkozy, discours devant l'ONU, 25 septembre 2007, www.elysee.fr

Il faut admettre le développement durable pour ce qu'il est : une conciliation dynamique de la croissance économique et de la défense de l'environnement.

Henri Proglio, PDG de Véolia Environnement (ex Vivendi), Le Monde, 25/10/07. Cité par La Décroissance n°45, décembre 2007.

Le ministre de l'Outre Mer, par ailleurs candidat à la mairie de Nice, devait se rendre le 23 janvier 2008 à Washington pour une conférence sur les récifs coraliens. Mais Nicolas Sarkozy décide d'organiser ce jour là, à l'Elysée, un pot impromptu, pour les "sarkozystes de la première heure". Qu'à cela ne tienne, Estrosi renonce à son vol Air France: avec sa délégation de 11 personnes, il louera un jet privé, un Falcon 900 de la société Dassault. Le Canard Enchaîné a calculé le coût de cette décision: 138000 euros, pour quelques bulles. Ce mercredi, à la sortie du conseil des ministres, Christian Estrosi a présenté ses excuses. C'est là que cela devient extravagant : "Si on m'avait donné le montant de la facture du déplacement, je n'aurais pas accepté."

Christian Estrosi, ancien du RPR, est l'ancien président du conseil général des Alpes-Maritimes, ancien membre de l’équipe municipale de Jacques Médecin (maire de Nice qui prit la fuite en Uruguay pour différentes affaires). Il s'est fait remarquer pour avoir militer pour une alliance avec les élus du Front National aux élections régionales dans les années 90.

Rue89, 06/02/2008

Si je n'existais pas, il faudrait m'inventer.

Nicolas Sarkozy, 23 avril 2007, meeting à Dijon

La paix universelle ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale. [...] Je le dis en pesant mes mots : ou nous aurons la raison, ou nous aurons la révolte. Ou nous aurons la justice, ou nous aurons la violence.

Nicolas Sarkozy, tribune de l'Organisation Internationale du Travail, Genève, 15 juin 2009

Je défendrai les droits de l'Homme partout où ils sont méconnus ou menacés, et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes.

Nicolas Sarkozy, meeting au Zénith, Paris, 18 mars 2007