Les Renseignements Généreux - autodéfense intellectuelle, informations et alternatives

Le Postillon N°16

 

Au sommaire :

  • La Métro pète un câble

Un téléphérique entre Grenoble et le Vercors

On ne peut pas être contre. Le projet de téléphérique entre l’agglomération grenobloise et le Vercors est un projet incritiquable car il est « écologique », « innovant », « mobilité durable » et tout le tintouin. Tout le monde - ou presque - le défend, de l’UMP à Europe-Ecologie-Les Verts, en passant évidemment par Le Daubé. Faut-il donc être maladivement « anti-tout » pour le critiquer ? Réponses dans ce papier où l’avis des habitants du plateau côtoie des réflexions sur la nouvelle religion de la mobilité.

  • Le business du saccage de la montagne

Avis aux investisseurs : à défaut d’être un mode de transport « écologique », le transport par câble, et en général le domaine de l’aménagement de la montagne, sont des secteurs en pleine expansion où votre argent ne pourra que fructifier. Pour s’en rendre compte, il suffisait d’aller au Salon de l’Aménagement durable de la Montagne (SAM), organisé fin avril dernier à Grenoble. Une balade au milieu des stands de ce « plus grand salon accueilli par Alpexpo » permettait de se rendre compte que le business de la rentabilisation de la montagne se porte très bien (1).

  • Les lopins des prolos

Reportage photo sur les jardins ouvriers de Saint-Martin-d’Hères

Aujourd’hui en France il existe environ 150 000 « jardins familiaux » pour une superficie de 45 000 hectares. À Grenoble et dans son agglomération, on recense dix-huit terrains dédiés aux jardins ouvriers dont la moitié située en bord de voie ferrée ou de la rocade. Ils sont majoritairement gérés par des collectivités locales, mais aussi par quelques propriétaires privés qui louent souvent à l’année une parcelle pour 50 à 100 euros. Les listes d’attente pour obtenir son lopin de terre peuvent atteindre plusieurs années. Retour aux sources pour certains, lieux de repos et d’évasion après une journée de boulot pour d’autres ou encore complément alimentaire pour des retraités, les jardins ne sont jamais dénommés « familiaux » mais toujours « ouvriers » par leurs locataires. On a ramené notre fraise du côté du quartier Chamberton à Saint-Martin-d’Hères, à quelques mètres de la voie ferrée où existent encore les vieux jardins créés sauvagement il y a 40 ans, depuis légalisés, qui côtoient d’autres parcelles flambants neuves installées par la municipalité. Portraits.

  • Foirade à l’Esplanade

Des habitants désemparés face à une mairie sourde et muette

Le réaménagement de l’Esplanade, quartier situé au pied de la Bastille, est un des projets urbains phares de la municipalité pour améliorer la vitrine de Grenoble, c’est-à-dire pour bâtir une métropole attractive. Dans cette logique, l’avis des habitants importe peu. Rencontre avec certains d’entre eux, remontés contre la façon de faire de la Mairie.

  • Micro-trottoir à France 3

Au Postillon, on a beaucoup critiqué certaines pratiques médiatiques locales mais on s’était rarement approché d’un « vrai journaliste », de peur de se faire mordre. Cette fois-ci, notre reporter animalier a pris son courage à deux mains, direction France 3 Rhône-Alpes pour un rendez-vous avec un journaliste de la chaîne. Il voulait en savoir plus sur la presse locale grenobloise et son fonctionnement. Comment travaillent ceux qui détiennent une carte de presse, celle qui accorde une certaine légitimité, qui ouvre la porte des buffets des conseils municipaux et de la préfecture et qui permet de côtoyer l’élite politique et économique locale ? Pourquoi sont-ils si sensibles à la critique ? François Ollier, 23 ans d’expérience dans la profession, a accepté de répondre au Postillon. Il est l’un des cinq secrétaires généraux du SNJ (Syndicat national des journalistes) de l’Hexagone. Finalement, l’entretien s’est bien passé : il n’a pas mordu notre valeureux grand reporter. On lui avait proposé de témoigner anonymement pour en savoir un peu plus, il a refusé. On a quand même appris des choses sur le petit milieu politico-médiatique. Voilà ce que l’on a retenu des deux heures d’interview qui se sont transformées en discussion.

  • Rien ne va PLU

Amis élus, amis promoteurs, amis architectes, Chacun sait qu’il est parfois très compliqué, pour les bâtisseurs que vous êtes, de mener vos projets à bien en suivant scrupuleusement les différents règlements qui s’imposent en matière d’urbanisme. Pour le bien de tous, il faut souvent faire preuve d’habileté et de ruse pour construire la ville de demain dont tout le monde rêve. Mais nombre d’entre vous peinent souvent devant de petits problèmes techniques. Voici donc quelques trucs et astuces pour les contourner.

  • Ana
  • Fioraso, ministre de la fuite en avant technologique

Comme l’exposait le portrait que nous lui avions tiré dans le numéro quatorze du Postillon, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, n’a pas le temps de penser car elle ne fait que se dépenser, de réunion en comité de pilotage, de déjeuner d’affaires en conseil d’administration. Parmi ses multiples activités, cet article évoquait son activisme promotionnel en faveur de la biologie de synthèse – la dernière épouvante issue des laboratoires. Au moment de la publication du papier, Fioraso n’avait pas encore remis son rapport parlementaire sur le sujet. Depuis, son pavé, rédigé pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a été publié : 225 pages de textes et 429 pages d’annexes, des voyages un peu partout dans le monde occidental (États-Unis, Canada, Allemagne, Italie, etc), 160 personnes rencontrées dont des membres du FBI américain. Pour quel résultat ? Un plaidoyer pour une énième fuite en avant technologique et des recommandations pour échapper à la contestation, en évitant les erreurs des OGM et des nanotechnologies. Notre vulgarisateur scientifique a survécu à la lecture de ce copieux rapport et vous livre ici une petite « synthèse » critique.