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Le Postillon N°13

Pour faire honneur à l’Austérité, Le Postillon, le seul journal sans pub de Grenoble, passe à la couleur, augmente sa pagination (16 pages au lieu de 12)... et son prix (2 euros). Eh oui tout augmente ma brave dame, même nos ventes. Alors pour être dans le coup, ruez-vous dans un de nos points de vente pour vous procurer Le Postillon n°13, sorti le 9 Décembre.

Au sommaire :

  • L’Olivier Pentier, le journaliste intelligent. Encore une innovation grenobloise !

Vous avez certainement déjà entendu parler du frigo intelligent, du réveil intelligent, de la maison intelligente ou des compteurs intelligents (voir Le Postillon n°10). Mais sans doute connaissez-vous moins le journaliste intelligent, plus connu sous le nom d’« Olivier Pentier », une innovation développée par Le Daubé en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. C’est pourtant un outil extrêmement efficace dans la compétition internationale – qui est aussi une guerre de la communication. Chaque semaine, l’Olivier Pentier noircit des pages entières du Daubé à la gloire des entreprises et centres de recherche isérois. Inlassablement, il promeut avec le même élan les gadgets technologiques et les innovations commerciales. La perfection du système est telle qu’aucune erreur ne se glisse jamais dans ses productions : pas la moindre critique ne vient assombrir l’enthousiasme de ses papiers publicitaires. Mais comment fonctionne cette ingénieuse machine ?

  • Moody’s sévit aussi à Grenoble. Comment je me suis déguisé en étudiant pour en apprendre plus sur le monde fantastique de la finance

C’est le sujet à la mode depuis quelques mois. Pas une journée ne passe sans qu’on parle dans les médias des agences de notation, et notamment d’une des plus grandes d’entre elles : Moody’s. Le Postillon se fond dans le moule et vous offre un scoop : Moody’s possède une antenne dans la banlieue grenobloise. Désireux de creuser ce filon porteur, notre grand reporter a dû se déguiser en étudiant en finance pour obtenir un rendez-vous avec le boss de cette agence. Il nous raconte cette formidable aventure.

  •  « Ce qui m’intéresse, c’est que les élèves se posent des questions ». Minatec : travailler pour sans être d’accord avec

Cinq ans après son inauguration, que se passe-t-il à Minatec ? Si le lancement du premier pôle européen pour les micro et nanotechnologies avait fait grand bruit, opposant les vivats de la communication et les huées des anti-nanos, depuis on n’en parle pas beaucoup. Dominique et Camille [1] sont enseignants-chercheurs à Phelma, une école de l’INPG (Institut National Polytechnique de Grenoble), dont les locaux font partie de Minatec. Mais s’ils travaillent dans Minatec, ils ne sont pas pour autant « pour » le développement des nanotechnologies. Comment gèrent-ils cette contradiction ? Que savent-ils de Minatec ? Quelles positions ont les autres enseignants et les élèves ? Quel genre de questions se pose-t-on à Minatec ? Réponses dans cet entretien.

  • Pointer sous le soleil de Catane. Reportage photo – sport

Nul besoin de faire des centaines de kilomètres pour écouter les accents chantants du sud de l’Europe. Il suffit de poser ses fesses sur le muret qui jouxte l’un des terrains du club de pétanque Catane, ouvert 365 jours par an, à deux pas du pont éponyme coincé entre le boulevard Joseph Vallier et l’immense immeuble/parking – désert – construit en 2006. En ce mois de novembre clément, une douzaine de retraités et quelques travailleurs essuient méthodiquement leurs boules d’un revers de chiffon, tirent, pointent, se chamaillent puis s’en vont taper une coinche dans le local du club où Alice, la seule femme, tient la buvette. La plupart de ces hommes ont migré, il y a des dizaines d’années, en laissant derrière eux le Portugal, l’Italie ou encore l’Espagne. Beaucoup ont travaillé dans le bâtiment, d’autres ont monté leur entreprise. Ils ont finalement fait leur vie à Grenoble, avec ou sans la nationalité française, peu leur importe. On est allé tailler le bout de gras avec ces infatigables joueurs pour recueillir quelques bribes de leur passé et de leurs petites histoires.

  • Hervé-Jean Bertrand-Pougnand se fout de la Tronche des Roms.

Connaissez-vous Hervé-Jean Bertrand-Pougnand ? Non ? Nous non plus, ou presque. En l’espace de quelques jours, Bertrand-Pougnand a réussi à sortir de l’anonymat de la cuvette grenobloise en pavoisant dans les médias locaux (France 3 et Le Daubé) le 4 novembre dernier tout en publiant un éditorial nauséabond dans son journal de propagande. Oui, Bertrand-Pougnand détient un journal, et pour cause : il est le maire UMP de la ville de La Tronche. Un édile qui n’aime pas les Roms installés dans des camps de fortune sur sa riche commune. Cet homme semble n’avoir jamais rencontré ces Roms qui « volent », « se prostituent », « agressent verbalement les gens » et « cambriolent », selon ses propres dires [1]. Alors, plutôt que d’aller l’interviewer une énième fois, on a préféré rendre visite à ces dangereux habitants, la peur au ventre, et leur demander de réagir à l’édito du maire...

  • En pleine grève, La Poste peut remercier Grenews. Ri-poste mediatique

Fin octobre, alors que les facteurs du bureau de Poste d’Échirolles sont en grève depuis un mois [1] et décident de camper devant la direction régionale de La Poste dans le centre ville de Grenoble, Grenews publie (n°161) une double page intitulée « Grenoble : on a distribué votre courrier ». L’angle de traitement du sujet est simple : le journaliste suit un facteur sur sa tournée toute une matinée. Il en a ramené quelques photos sympas et un papier. Deux pages qui auraient pu sortir tout droit des tiroirs du service communication de La Poste surtout en cette période de conflit social. Cet article a énervé certains facteurs. Lucile [2], vénère, qui a travaillé au bureau Lionel-Terray, celui-là même où a été réalisé le « reportage » se livre à un petit démontage médiatique. Elle commente et complète pour Le Postillon quelques passages du papier de Grenews.

  • Ce que nous a (déjà) appris l’affaire Neyret. Poulets grillés

C’est une affaire qui a défrayé la chronique et effrayé les flics. Selon les médias, elle a même déclenché « un séisme dans la police ». Partie de Lyon fin septembre 2011, avec l’arrestation puis l’incarcération du commissaire Michel Neyret, numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise, ses secousses ont atteint Grenoble et le chef de la police judiciaire grenobloise Christophe Gavat et son adjoint Gilles Guillotin, qui ont tous deux été mis en examen et suspendus de leurs fonctions. En gros, on reproche à Michel Neyret de s’être quelque peu éloigné de la légalité en détournant de la drogue saisie pour payer ses indics, en livrant des informations confidentielles à des trafiquants de drogue, en ayant accepté des cadeaux de la part de voyous [1] – et en s’étant conséquemment enrichi par la même occasion. Depuis, plein de flics montent au créneau pour défendre la « présomption d’innocence » (un comble...) pour leurs amis, tandis que l’enquête se poursuit et devrait traîner à nous donner ses conclusions. Vu que cette enquête sur des flics est menée par... d’autres flics, on peut d’ailleurs se demander si on connaîtra un jour la vérité sur cette affaire. En attendant, et alors que Michel Neyret joue au ping-pong avec l’ex-« terroriste » Carlos à la prison de la Santé (information véridique de Lyonmag, 18/11/2011), Le Postillon vous propose de tirer quelques enseignements de cette affaire [2].

  • « Deux Arabes qui discutent ensemble, c’est un trafic pour certains ». Le buraliste de la place des Géants harcelé par la police

Sur la place des Géants, dans le quartier de la Villeneuve, il ne reste plus beaucoup de commerces ni de lieux de vie. La boulangerie a fermé depuis peu, la pharmacie va certainement faire de même bientôt. Parmi les rares lieux encore ouverts, il y a un tabac-presse, tenu par Mehdi. Il y vend Le Postillon et plein d’autres choses. Toute la journée, la population du quartier s’y croise pour se procurer un journal, un paquet de clopes, des jeux, des bonbons ou pour venir chercher un colis visé par le facteur. Mais les journées ne sont pas de longs fleuves tranquilles pour Mehdi qui doit faire face à la fois à certains « gamins » qui prennent pour cible son commerce, mais aussi à la police qui semble décidée à le faire partir du quartier. Suite à une descente massive de flics début juillet ayant entraîné un procès, il risque de ne plus pouvoir exercer son métier. Il nous donne sa version des faits.

  • « C’est un puits sans fond, un casier judiciaire ».

Comparutions immédiates au tribunal de Grenoble, mercredi 30 novembre 2011 après-midi.

  • Habitat « innovant » ou « partagé » : les copinages de la ville de Grenoble.