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Le Postillon N°12

Ca y est ! Le Postillon n°12 est sorti depuis 5 jours, avec un léger retard ayant occasionné un léger harcèlement des buralistes par des lecteurs impatients. C’est bon, maintenant, vous pouvez aller leur demander....

Au sommaire :

  • A Jarrie, les ravages de la chimie

En ce mois de septembre 2011, un anniversaire est passé plus inaperçu qu’un autre. Si personne n’a pu manquer la commémoration du 11/09, les dix ans de l’accident d’AZF à Toulouse ont par contre beaucoup moins squatté journaux papiers et télévisés. Malgré plus de 30 morts, 2500 blessés et de considérables dégâts matériels, aucune « guerre contre le terrorisme » de l’industrie chimique n’a été déclarée et l’interminable procès a abouti à une relaxe générale. Plus jamais ça ? Rien n’est moins sûr, à Toulouse comme dans les communes du sud-grenoblois de Jarrie et de Pont-de-Claix, où les plateformes chimiques font la fierté des décideurs. Ici aussi, les ouvriers meurent de la chimie. Pas dans les circonstances spectaculaires d’une explosion mais dans le silence et l’indifférence des cancers notamment dûs à l’amiante. À l’occasion d’un procès intenté par des ouvriers victimes de l’amiante à leur ancien employeur, Le Postillon vous propose un petit voyage dans le monde effrayant de la chimie du sud-grenoblois.

  • Père Castor, raconte-nous une histoire ! Les « Eaux chaudes de Grenoble », fuites nucléaires sur la presqu’île dans les années 1970

Mars 2011 : trois réacteurs nucléaires entrent en fusion à Fukushima, générant la plus grande catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Pour l’occasion, l’Institut Laue Langevin (ILL), qui possède le dernier réacteur nucléaire en service dans l’agglomération grenobloise, s’empresse sur son site internet et dans Le Daubé de rassurer la populace. Braves gens, dormez sur vos deux oreilles : l’ILL est un petit réacteur, toutes les mesures de sécurité ont été prises... Mais Père Castor n’est pas du genre à croire tout ce que la racaille nucléocrate essaie de lui faire gober. Il sait bien que le nucléaire c’est la catastrophe permanente, que les fuites et rejets radioactifs font partie du fonctionnement normal des centrales, et qu’ils empoisonnent en permanence les populations. Il se souvient notamment comment entre 1974 et 1976, le CENG (Centre d’études nucléaires de Grenoble, ancien nom du CEA) a contaminé la nappe phréatique, tout en essayant d’étouffer l’affaire, avec la complicité des élus locaux. Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Qu’à cela ne tienne, Père Castor vous propose de plonger avec lui dans ses vieux journaux, et de revenir sur l’affaire des « Eaux Chaudes de Grenoble ».

 

  • Monéo et cartes multiservices : L’université en première ligne de l’acceptabilité

Pas de Monéo, pas de gâteaux. Depuis la rentrée, les étudiants ne possédant pas de cartes Monéo ne peuvent plus manger dans les restaurants universitaires du campus de Grenoble. Ou plutôt : ils peuvent manger mais en payant deux fois plus cher : 7,20 € pour un « repas passager » contre 3,05 € pour un repas avec Monéo. La carte Monéo, c’est ce fameux « porte-monnaie électronique » dont le but avoué est de réduire l’usage de pièces de monnaie, c’est-à-dire d’optimiser l’encombrement des poches de son pantalon. Mais ce gadget présage surtout d’un futur ou l’électronique « personnalisée » sera devenue obligatoire pour avoir accès aux services les plus basiques. Et qui de mieux que les étudiants pour faire accepter cette invasion technologique ?

  • La mairie a plus d’une tour dans son sac

Construire des grandes tours : c’est une des nouvelles lubies du maire Destot et de son adjoint à l’immobilier De Longevialle, qui projettent d’en bâtir au moins deux, une sur la presqu’île et une autre sur le quartier de l’Esplanade, toutes deux d’une centaine de mètres de haut, soit à peu près la hauteur des trois de l’Ile Verte. Pour les élus et les architectes, ces tours ont toutes les qualités du monde : densification, gain d’espaces verts, efficacité énergétique, renforcement des liens sociaux, etc. Mais qu’en pensent les habitants ? Deux stagiaires du Postillon sont allées faire un tour sur place. Compte-rendu.

  • Affaires Longo : la rédaction se déchire

Jeannie Longo est à Grenoble ce qu’est la statue de Liberté à New York, le Machu Picchu au Pérou, les pyramides de Khéops à l’Égypte, le mont Ventoux au Vaucluse et les ravioles au Royans. La sportive préférée des Français (sondage L’Équipe Mag de cet été) pédale toujours du haut de ses 52 ans, ses plus de 1150 victoires et ses 38 records du monde. Combative, endurante, inépuisable, Jeannie était prête à prendre sa retraite à 67 ans comme le suggérait Fillon. Las, les révélations de la presse sportive de ces dernières semaines semblent l’avoir plombée. Longo manque à trois reprises de se plier à ses obligations de localisation, dans le cadre de la lutte antidopage, en l’espace d’un an et demi. Quelques jours plus tard, c’est son mari et entraîneur, Patrice Ciprelli, qui se retrouve dans le collimateur médiatique : il se serait procuré, en 2007, 80 000 doses d’EPO. Longo, dans la tourmente, c’est tout le gratin noyé dans son Dauphiné. Deux services du Postillon ont débattu, des heures durant, sur le cas Longo en conférence de rédaction. N’ayant pas réussi à aboutir à un consensus, nous publions ces deux points de vue diamétralement opposés.

  • Et des brèves, dessins, deux éditos...