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Bêtisier médiatique

- Serge Dassault : « C'est quoi des idées saines ? Ben c'est les idées qui font que ça marche. Euh, vous savez, par exemple, les idées de gauche sont des idées pas saines. Aujourd'hui, nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent... »

- Pierre Weill : « Nous sommes en train de crever ? »

- SD : « Ben oui, oui, on y va tout droit : faut pas travailler, euh, il faut pas gagner beaucoup d'argetn, faut partir en vacances... et après ? Eh ben on fabrique plus de produits qui se vendent, ils sont trop chers... »

- PW : « Mais vous prenez des vacances, vous. Vous gagnez de l'argent. »

- SD : « Oh, j'en prends assez peu, j'en prends assez peu. Le problème, c'est pas moi. Moi, vous savez, je travaille 70 heures ou plus par semaine, alors j'en suis loin des 35 heures. Euh... quand je dis des idées pas saines, c'est des idées qui trompent le monde... en leur disant, en leur trompant la vérité (sic). Qu'est-ce que c'est que la vérité ? La vérité, c'est la vie. Et la vie, c'est ce qui marche. »

interview de Serge Dassault, France Inter, 10/12/2004

J'ai changé de directeur, j'ai changé la direction, j'ai changé le rédacteur en chef. Donc tout va bien... [Mais] c'est pas terminé, parce que là aussi il faut changer les choses. [...] Il faut que [Le Figaro] soit plus agressif. Il faut qu'on parle de libéralisme, il faut qu'on parle de flexibilité. Il faut qu'il dise l'état d'esprit qui est à gauche. [...] Mais si on n'est pas ultralibéral, si on n'est pas libéral on ne crèe pas d'emplois, et si on ne crèe pas d'emplois il y a des chômeurs, et s'il y a des chômeurs c'est la pauvreté.

Serge Dassault, à propos du rachat du journal Le Figaro par le groupe Dassault, n°1 français de la presse. RTL, 29/11/2004

Tout propriétaire a des droits sur son journal. D'une certaine manière, il a les pouvoirs. Vous me parlez de mon pouvoir, c'est une vaste rigolade. Le vrai pouvoir stable, c'est celui du capital.

1989, Franz-Olivier Giesbert, alors directeur de la rédaction du journal Le Figaro, interrogé à propos du pouvoir de l'actionnaire de l'époque, Robert Hersant. in "Le premier pouvoir", France Culture, 22/01/05

Le 13 heures est le journal des Français, qui s'adresse en priorité aux Français et qui donne de l'information en priorité française. Vous voulez des nouvelles sur le Vénézuéla ? Regardez la chaîne vénézuelienne. Sur le Soudan ? Regardez les chaînes africaines. Le journal de 13 heures de TF1, c'est le journal des Français.

Jean-Pierre Pernault, directeur adjoint de l'information de TF1, interrogé en décembre 1998 sur l'indigence du traitement de l'actualité internationale dans son journal télévisé de la mi-journée. Télérama, 09/12/1998

Puisque vous avez parlé de protection sociale, est-ce que vous n'êtes pas d'accord pour dire qu'il y a des privilèges que la France ne peut plus se permettre ?

Claire Chazal, journaliste TF1 (salaire 22 000 euros par mois environ), interrogeant Bernard Kouchner. Cité par Serge Halimi dans Les nouveaux chiens de garde, Raisons d'agir, 2005.

Naturellement, tout lecteur mérite le respect. Mais en communication, on a parfois besoin de parler à ceux et celles qui ont un haut pouvoir d'achat, d'influence et de prescription. Donc "lecteur" n'est pas "Lecteur". Il y a ceux qui ont une opinion et ceux qui la font. Il y a ceux qui regardent les annonces et ceux qui achètent. Il y a ceux qui suivent et ceux qui créent les modes. Avec le couplage PQN-5, nous offrons aux annonceurs, aux agences et aux décideurs médias l'outil optimal pour toucher un lectorat d'une qualité exceptionnelle. Pour la première fois sont regroupés les 3 grands généralistes (Le Figaro, Libération, Le Monde), le premier quotidien économique (Les échos) et le quotidien référent du 7ème jour (Le Journal du Dimanche). C'est donc l'offre absolue pour toucher les Lecteurs, avec une majuscule.

Extrait d'une page de publicité parue dans Libération le 25/11/1999

Nous sommes là pour donner une image lisse du monde.

Patrick Poivre d'Arvor, journaliste de télévision TF1 cité par Serge Halimi dans Les nouveaux chiens de garde, Raisons d'agir, 2005

Nous croyons au journalisme, cet artisanat de la démocratie. Nous croyons aux journalistes, ces scribes de la liberté. [...] Les journalistes sont les agents de cet espace public : ils fournissent à la délibération rationnelle son premier aliment, l'information. Sans eux, point de savoir immédiat, point de transparence dans les affaires publiques, point d'opinion éclairée. Cette fonction, Le Nouvel Observateur a voulu le remplir de toute sa passion, par le compte rendu de l'actualité, bien sûr, mais surtout par l'intelligence et le style.

Laurent Joffrin, directeur de rédaction du Nouvel Observateur, Le Nouvel Observateur, 25/11/2004

Si je crois à la qualité de l'information d'un journal, je crois et j'accepte plus facilement les pages de publicité que je lis. De plus, comme les articles sont plutôt longs chez nous, le temps d'exposition à la page de publicité est plus grand.

Claude Perdriel, propriétaire du journal Le Nouvel Observateur, magazine Stragégies, 16/12/2004

Essayez d'imaginer un magazine en fonction du marché publicitaire. Il faut monter un business plan. Avoir un concept. Analyser la concurrence. ''Je vais taper là parce qu'il y a un créneau'', c'est la base du raisonnement. Ensuite, définir le rythme de parution : ''On peut gagner plus et plus vite avec un hebdo qui marche qu'avec un mensuel.'' Il faut définir un nombre de consommateurs pour ce produit. Pour notre mag' de football, par exemple, on prend le public cible, ce sera les joueurs, les supporters, etc. Enfin, on fixe un prix. Et puis après, on met un costume-cravate, on va voir les financiers. [...] L'argent est le nerf des médias.

ex-directeur de La Tribune, intervenant au Centre de Formation des Journalistes, cité dans Les petits soldats du journalisme, François Ruffin, Les Arènes, 2003.

A la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit [...] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.

Patrick Le Lay, président directeur général de TF1, extrait du livre Les dirigeants face au changement, Editions du Huitième jour, 2004

Les grandes valeurs de l'Amérique ont été portées par les discours de leurs marques : Coca-Cola la jeunesse, Malboro la sérénité, Levis la liberté, MacDo la famille, Nike l'engagement personnel...

Jacques Séguéla, Le Nouvel Economiste, 26/01/2006 Cité dans le journal La décroissance n°31

Un monde sans pub. Est-ce raisonnable ? Non. Est-ce seulement un rêve ? Non plus. La pub fait partie de la vie. Depuis la nuit des temps. [...] Un monde sans pub serait un mauvais rêve pour nous, à Télérama. Puisque nous en vivons.

edito de Marc Jézégabel sur le thème "A quoi servent les antipub ?", Télérama, 09/06/2004.

[Je dois] avoir un journal ou un hebdomadaire pour exprimer [mon] opinion [...]. J'en ai assez de me faire insulter dans un certain nombre de journaux parce qu'il y a des gens qui sont incompétents et qui ne connaissent pas les vrais problèmes. Donc, je veux pouvoir répondre. Je souhaite peut-être un jour faire un journal libéral.

Serge Dassault, dirigeant du groupe Dassault, n°1 français de la presse, à propos de son rachat du groupe Socpresse. LCI, 21/11/1997

Un groupe de presse, vous verrez, c'est capital pour décrocher des commandes.

Jean-Luc Lagardère, dirigeant du groupe Lagardère, n°1 mondial de la presse magazine, n°1 français de l'édition, n°1 français de la régie publicitaire, n°2 français de la distribution après la FNAC. Le Canard Enchaîné, 06/11/96