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Bêtisier capitaliste

Je suis un libéral, au sens où je crois à la liberté ; mais je suis également un humaniste, au sens où je crois que la production de richesses doit avoir un sens, que la morale ça compte, que la spiritualité ça existe, que l'homme a une destinée, et qu'on ne fait pas n'importe quoi avec l'homme qui n'est pas une marchandise comme les autres.

Nicolas Sarkozy, discours lors de rencontres UMP à Saint Etienne, jeudi 9 novembre 2006. Cité par Canal+, samedi 11 novembre 2006.

La fermeture des usines, c'est aussi, hélas, la vie. Les arbres naissent, vivent et meurent. Les plantes, les animaux, les hommes et les entreprises aussi. Moi, j'ai connu, quand j'étais petit, des maréchaux-ferrants. J'ai même travaillé chez un maréchal-ferrant. Il n'y en a plus. Ils ont disparu. Ce n'est pas pour autant que la civilisation a régressé. C'est la vie.

Jacques Chirac, évoquant la fermeture de l'usine belge de Renaud à Vilvorde, AFP, 13 mars 1997 cité par Serge Halimi dans Le grand bond en arrière, Fayard, 2004

Empêcher les entreprises de licencier, c'est comme vouloir empêcher la maladie.

François Fillon, alors ministre des affaires sociales, AFP, 27 janvier 2003.

Je ne sais pas si les marchés pensent juste, mais je sais qu'on ne peut pas penser contre les marchés. Je suis comme un paysan qui n'aime pas la grêle mais qui vit avec [...]. Il faut le savoir, et à partir de là, agir comme s'il s'agissait d'un phénomène météorologique.

Alain Minc, Le Débat, mai 1995

Notre projet historique est de promouvoir la libre entreprise. Mais ce n'est pas facile, parce que nous devons faire ça avec un peuple qui n'a pas de culture économique.

Michel Rocard, ancien premier ministre français, Newsweek, 16 juin 1997.

Pour un monde plus juste, faites vos courses.

affiche de l'association Max Havelaar, 2006

Et vous pourrez dire tout ce que vous voudrez aux chefs d'entreprise, et moi aussi. Ils iront toujours là où il y a la meilleure productivité, le meilleur rendement et le meilleur profit.

François Mitterrand, alors président de la République française, 1993, cité par Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique, juin 2005.

L'inégalité des revenus, dans une certaine mesure, est un facteur de l'enrichissement des plus pauvres et du progrès social.

Philippe Manière, ancien rédacteur en chef du journal Le point, "Les vertus de l'inégalité", journal Le point, 07/01/1955

Les Français ne sont pas sportifs parce que nous avons l'habitude de l'Etat-providence.

Olivier Mazerolle, alors directeur de l'information de RTL, à propos des mauvais résultats des athlètes français lors des JO, France2, 26/02/1994

Le libéralisme n'est pas une construction intellectuelle comme le marxisme : le monde a été créé ainsi. [...] C'est le meilleur système. La guerre économique fait moins de victimes que les guerres militaires ou religieuses. Le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste.

Jean-Marc Sylvestre, responsable d'émissions sur LCI, rédacteur en chef à TF1, chroniqueur à France Inter, entretien à VSD, 20/01/2005

En économie, il n'y a pas de pensée unique, il y a simplement une réalité unique.

Alain Minc, président du conseil de surveillance du journal Le Monde L'évènement du jeudi, 17/09/98

Je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise. Assez de faux-semblant : la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution.

Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas Sarkozy alors PDG des Tissages de Picardie et vice-président du syndicat patronal le Medef, L'Expansion, 28/11/02 cité par CQFD n°15

On entend souvent dire que cette mesure (le bouclier fiscal) ne concernerait que la partie la plus riche de la population. Mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?

Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, audition à l'Assemblée nationale, 5 juillet 2007

La liberté d'entreprendre s'arrête là où commence le code du travail.

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal, Assemblée générale du MEDEF, janvier 2005

Je crois dans l’éthique du capitalisme. Je n’accepte pas, et des milliers d’entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons. Je n’accepte pas qu’au niveau mondial, pour des raisons de pur profit, on joue avec les salariés et avec les usines comme on déplace des pions sur un jeu de société. Je proposerai à nos partenaires de l’Union européenne d’édicter des règles pour que ceux qui veulent investir en Europe soient les bienvenus, mais qu’ils se comportent humainement, en respectant les hommes et les femmes, en respectant le travail, conformément à notre culture qui place l’être humain au sommet de toute chose. Je renforcerai le capitalisme familial.

Nicolas Sarkozy, Projet présidentiel pour les élections de 2007, extrait du site http://www.u-m-p.org/propositions

Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini.

Nicolas Sarkozy, 25 septembre 2009, sommet du G20 de Pittsburgh

La précarité est une loi de la condition humaine. [...] Parce que se dire ou laisser croire à tout le monde aujourd’hui en France que nous pouvons entrer dans un métier, prendre un emploi et le garder quasiment à vie, c’est de l’utopie. Ou alors c’est de la fonctionnarisation, c’est proche de l’utopie communiste et on a vu comment elle s’est terminée.

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal Entretien à France Inter, 3 septembre 2005  

Toutes ces théories économiques... Moi-même, parfois, je suis un peu perdu. Ce que je veux, c'est que les choses marchent.

Nicolas Sarkozy, cité par Le monde, 1er juillet 2007

La vie, la santé, l’amour sont précaires. pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, principal syndicat patronal Propos cités par Le Figaro, 30 août 2005

Le remède à la crise que nous connaissons n’est pas l’anticapitalisme. L’anticapitalisme est une impasse. L’anticapitalisme c’est la politique de la table rase, c’est la négation de tout ce qui a permis d’asseoir notre idée du progrès. La crise du capitalisme financier n’appelle pas à la destruction du capitalisme qui serait une catastrophe mais à sa moralisation. [...] Il ne faut pas rompre avec le capitalisme, il faut le refonder. Et je dis à mes propres amis en France qui ne sont pas d’accord avec cette expression refonder, s’ils n’adoptent pas la refondation du capitalisme, alors ils font le lit de ceux qui veulent détruire le capitalisme. Soit on refonde le capitalisme, soit on le détruit

Nicolas Sarkozy, discours lors du Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », Paris, jeudi 8 janvier 2009

Notre système économique tel qu’il s’est développé depuis une vingtaine d’années n’a-t-il pas, au fond, contribué à aggraver les choses ? Dans la mondialisation, il y a le bon côté: les progrès techniques, les millions d’habitants des pays émergents arrachés à la pauvreté, la libre circulation des hommes, des idées, des marchandises, c’est bien. Mais il y a aussi le mauvais côté. Le mauvais côté, il faut le regarder en face : des pays de plus en plus pauvres, des inégalités qui touchent maintenant les classes moyennes, car la précarité n’est plus l’affaire que des seuls pauvres dans nos pays. La question centrale pour nous, Angela, pays développés, c’est la précarité pour les classes moyennes. Et puis il y a tout le reste : l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, le réchauffement climatique, les émeutes de la faim, et peut être un jour, les émeutes de l’eau et des migrations massives. Cela aussi, c’est le visage de la mondialisation. On attendait la concurrence et l’abondance. Au final, on a la rareté, le triomphe de l’économie de rente, la spéculation et les dumpings.

Nicolas Sarkozy, discours lors du colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », Paris, jeudi 8 janvier 2009

"S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?"  

Conférence de presse de Nicolas Sarkozy, 8 janvier 2008 "Face à la crise bancaire, l'État français a déclenché lundi 13 octobre 2008 un plan d'urgence de 360 milliards d'euros environ pour le refinancement des banques et la recapitalisation des établissements de crédit. « L'État ne laissera aucun établissement bancaire faire faillite » a déclaré Nicolas Sarkozy, « Dans la situation où nous sommes, le plus grand risque n'est pas dans l'audace, mais dans l'immobilisme. » (Le Point, 13 octobre 2008)