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Notre système économique tel qu’il s’est développé depuis une vingtaine d’années n’a-t-il pas, au fond, contribué à aggraver les choses ? Dans la mondialisation, il y a le bon côté: les progrès techniques, les millions d’habitants des pays émergents arrachés à la pauvreté, la libre circulation des hommes, des idées, des marchandises, c’est bien. Mais il y a aussi le mauvais côté. Le mauvais côté, il faut le regarder en face : des pays de plus en plus pauvres, des inégalités qui touchent maintenant les classes moyennes, car la précarité n’est plus l’affaire que des seuls pauvres dans nos pays. La question centrale pour nous, Angela, pays développés, c’est la précarité pour les classes moyennes. Et puis il y a tout le reste : l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, le réchauffement climatique, les émeutes de la faim, et peut être un jour, les émeutes de l’eau et des migrations massives. Cela aussi, c’est le visage de la mondialisation. On attendait la concurrence et l’abondance. Au final, on a la rareté, le triomphe de l’économie de rente, la spéculation et les dumpings.

Nicolas Sarkozy, discours lors du colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », Paris, jeudi 8 janvier 2009

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